CHOC SUR LE POURTOUR DE LA BASE DE LA PYRAMIDE
Dans la Revue de Chirurgie de 1887 (p. 85), Berger et Klumpcke ont étudié au point de vue nerveux el osseux un cas de fracture du crâne qui nous intéresse seulement en tant que lésion cranienne. La pièce fut recueillie chez un blessé mort à la suite d’une chute sur la tête de la hauteur d’un deuxième étage, le choc ayant porté sur la région temporopariètale. On y relève trois traits ou groupes de traits de fissures sur la base du crâne (fig. XIT).
1° Il existe d’abord une fracture transversale du rocher droit dont le trait part de l'extrémité postérieure et externe du trou déchiré postérieur au niveau de la terminaison du sinus latéral droit, se porte en avant, coupe l’axe du rocher à 1 centimètre en dehors du conduit auditif interne, atteint le bord supérieur du rocher, la face antérieure en dehors de l’hiatus de Fallope et l'extrémité postérieure du trou ovale, en décrivant une courbe à concavité postérieure et interne qui passe entre le canal carotidien et le trou sphéno-épineux. De la partie moyenne du bord antéro-externe du trou ovale par un petit trait de fracture qui décrit un crochet et se rend au trou innominé qui, situé en avant du trou ovale, livre passage au petit pétreux profond externe et au petit pétreux superficiel.
> À Ja partie antérieure de la fosse temporale droite se voit une fissure verticale qui émane de la suture écailleuse, détachant la table interne de l'angle antéro-inférieur du pariétal, divise l'écaille du temporal, atteint l'étage moyen de la base du crâne, le coupe transversalement sur
la grande aile du sphénoïde, traverse le trou grand rond pour aller mourir dans la partie la plus large de la fente sphénoïdale.
3° Enfin, le plancher de l'étage antérieur près de son bord postérieur présente trois fissures transversales : à) la première à droite part de l'extrémité externe de la fente sphénoïdale et gagne le trou orbitaire interne et postérieur ; h) la seconde également transversale, courte, coupe
Fire. XIT, — D'après Berger et Klumpke.
en arrière de la précédente la lame criblée de l’ethmoïde; c) enfin, pas tout à fait symétrique de la première, la troisième intéresse sur l'étage antérieur gauche la petite aile du sphénoïde de l'extrémité externe de la fente sphénoïdale à la partie médiane du bec du sphénoïde.’
Sous l’influence du choc violent porté sur sa région temporo-pariétale droite, le crane s’est trouvé aplati et, comme conséquence, l’ovoïde cranien s’est allongé,
He Par suite, à notre avis, les trois traits de fracture tracés sur l'étage antérieur de la base traduisent effort de projection en avant du trépied frontal. Celui-ci a entrainé avec lui toute la portion du plan orbitoethmoïdal encastrée entre ses trois branches, la limite postérieure ayant esquissé en trois pots une rupture, retenue qu’elle était par ses attaches en
Fr. XIIT, — Musée Dupuytren, pièce n° 40.
son milleu au corps du sphénoïde et à ses deux extrémités à la paroi latérale du crâne, en arrière de l’arceboutant postéro-latéral, c’est-à-dire de la branche postérieure du trépied frontal. Le mécanisme de cette lésion est donc le même que celui déjà signalé à propos d’une lésion similaire (fig. XIII).
Pour ce qui est du mécanisme de production de la fissure qui coupe le fond de la fosse temporale et Je
plancher de l’étage moyen, la lésion résulte de l’enfoncement du plan fortement convexe en dehors que constituent la grande aile du sphénoïde dans sa zone postérieure et la portion adjacente de l’écaille du temporal, enfoncement qui s’est accompagné d’un détachement partiel de son insertion au corps du sphénoïde. Son attache en effet se trouve sectionnée d’après la description des fissures donnée plus haut, entre le trou grand rond et la fente sphénoïdale d’une part, entre le trou ovale et le trou mnominé de l’autre, au delà duquel elle se relie à la fissure pétrée.
Enfin la fracture transversale du rocher relève, comme 1] a été dit précédemment (p. 47), du bris, en son point faible, de la pyramide dont une extrémité bute contre le massif central basilaire, tandis que l’autre est violemment refoulée vers lui. En effet, lors de la chute, l’effet du choc, par le fait même de l’aplatissement latéral du crâne, n’est pas resté localisé en avant de la base du rocher. Elle a participé à l’effort qui, à son niveau, a été dirigé suivant le diamètre bimastoïdien. Les expériences de Patel, comme nous l’avons vu, ont démontré, comme lésion habituelle en pareil cas, la production d’une fissure longitudinale du rocher avec accessoirement parfois une fissure transversale. Or, sur la pièce que nous étudions, cette dernière seule existe, mais de fait la fissure longitudinale se trouve remplacée par la fissure déjà décrite qui du trou ovale va au trou innominé et rejomt aussi la fissure transversale pétrée.
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