‹ Étude Sur Le MimétismeChapitre 7 sur 25 · Î. IMITATION DES PLANTES PAR LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

Î. IMITATION DES PLANTES PAR LES ANIMAUX

Il est excessivement commun de voir les animaux prendre “la couleur des plantes sur lesquelles ils vivent. C’est un phénomène que l’on ob$erve dans la plupart des groupes, même les plus élevés du règne animal. Les écureuils sont d’un rouge brun imitant tres exactement la couleur de l’écorce des pins contre laquelle il est très difficile de les distinguer. On retrouve, fait remarquer le duc d'Argyll (Du règne de la loi), dans le plumage de la bécasse toutes les teintes brunes, jaunes et grises des feuilles sèches où elle se pose. Les Perroquets présentent la même couleur verte que les forêts intertropicales qui leur servent de refuge. Dans nos climats, les Oiseaux présentent deux livrées : une de printemps, plus éclatante qui s’harmonise avec les couleurs plus vives de la nature à cette époque, et une livrée d’autonine terne et sombre, qui reproduit la teinte des feuilles mortes et des écorces pendant l'hiver. Chez les Reptiles, nous retrouvons le même phénomène. Les Ignanes sont verts comme le feuillage qu’ils habitent. Un saurien, le Philodryas viridissimus est presque invisible parmi les feuilles où il rampe. La Rainette qui se plait sur les plantes vertes des endroits marécageux, présente une teinte uniforme d’un beau vert clair. Presque tous les serpents arboricoles, qu’ils soient venimeux ou inoffensifs, des régions intertropicales présentent une couleur verte avec des macules grises qui leur permet de se dissimuler complètement à la vue.

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Les poissons des récifs de corail sont, d’après Darwin, parés de nuances très vives que n’ont pas ceux des rivières. De même, un Hippocampe d'Australie (Wallace), présente des appendices foliacés d’un rouge vif, analogues aux algues, parmi lesquelles il habite. Mais c’est surtout parmi les insectes que les faits de ce genre sont en nombre innombrable. L'ordre des orthoptères presque tout entier présente, soit la couleur verte des prairies, soit la couleur jaunâtre des chaumes, milleux habités par ces animaux. Les hémiptères collés aux plantes ou au tronc des arbres sont très difficiles à distinguer de l'écorce qui les entoure. Les lépidoptères diurnes à l’état de repos, ne montrent que le dessous de leurs aïles, dont la bigarrure foncée s2 confond avec les feuilles et les herbes qui les environnent, tandis qu'au contraire chez les nocturnes, c’est le dessus des ailes qui est sombre et les ailes inférieures qui gardent les couleurs brillantes. Les branches de nos rosiers sont parfois complètement couvertes par des pucerons dont la teinte uniformément verte semble appartenir à la plante elle-même.

Beaucoup d’arachnides présentent aussi des couleurs vertes, blanches ou rouges, suivant les parties des plantes qu’elles hantent de préférence. :

On pourrait multiplier ces exemples, pour ainsi dire à l'infini,

car cette couleur protectrice est, en quelque sorte, la règle dans le règneanimal. Mais il yadescasou laressemblance entrel’animal et la plante est poussée bien plus loin. Ce sont ces cas là surtout qui doivent être cités comme exemples de mimétisme, les autres n'étant en somme que le résultat de l'influence du milieu, d'un milieu végétal. Ce n’est plus alors seulement par la simple couleur que l’animal cherche à se dérober à la vue, mais tout dans sa manière d’être, couleur, forme, taille, attitude, immobilité, contribue à entretenir l'illusion protectrice.

Aucune partie de la plante, tige, feuille, fleur, graine même, n’est à l'abri de cette imitation.

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