‹ Étude sur le Mouvement CoopératifChapitre 6 sur 14 · SUISSE · texte numérisé non relu

SUISSE

sont devenues pour ces villes les centres du mouvement collectiviste. Ces sociétés sont prospères pour le moment, mais l'avenir pour elles, au moins autant que pour le Vooruit, est très incertain. La gestion est loin d’être aussi savante qu'à Gand : on ne trouve pas facilement d’administrateurs de la force d’Anseele, aussi les résultats ont-ils été moins éclatants.

Je devais constater dans cette étude des coopératives belges la mainmise du socialisme sur la coopération, car c’est la caractéristique du mouvement dans ce pays: je devais en même temps signaler les faiblesses de ce système et montrer que le péril est, pour l'organisation actuelle, moins grand qu’il ne le paraît; car ce ne sera pas impunément que les préoceupations politiques auront empêché les coopératives socialistes d'observer les

lois économiques.

Suisse.

Ce sont surtout les coopératives agricoles qui ont pris de l'extension en Suisse dans les quinze dernières années. On à vu un fait analogue en Allemagne. Dans un rapport fait au deuxième congrès de l'Alliance coopérative internationale (Paris, 1896), on estimait à 300 environ le nombre des établissements agricoles qui portent le nom de fruitières et dont 90 0/0 sont des associations coopératives. Ces fruitières ou fromageries ont une origine ancienne, mais leur grand développement

date de quelques années. Actuellement, elles exporteraient tous les ans pour plus de 40.000.000 de francs de fromages. Ces sociétés ne sont unies par aucun lien entre elles.

Le même rapport constate très peu d'associations de crédit agricole malgré un nombre considérable de personnes manquant de capitaux. Les banques populaires réussissent mieux que les caisses Raïffeisen.

Le mouvement en faveur des sociétés de consommation s’est, depuis 1880, parfaitement dessiné. Les fondations ontété de plus en plus nombreuses : on compte actuellement plus de 200 de ces coopératives dans la confédération helvétique, ce qui, pour un pays d'aussi petite étendue, est un chiffre très élevé.

Les sociétés suisses de consommation ont éprouvé le besoin de s'unir dans un but surtout commercial et pour jouir des avantages que donne le système des achats en commun. La fédération qu’elles ont formée ne date que de 1890 et compte déjà 59 associations adhérentes. A l'occasion de l'exposition de Genève, elle a entrepris une enquête sur les coopératives de la confédération, Cent sociétés exactement ont rempli le questionnaire qu'elle leur avait envoyé. Ces cent sociétés en 1894 complaient 53.903 membres, elles avaient fait pour 20.518.456 francs d’affaires et réalisé un bénéfice net moyen de 8,46 0/0. Leur capital-actions s'élevait à 2.927.000 francs ; les dépôts des sociétaires montaient à 1.518.000 francs.

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