RUSSIE
eu un moment de grand développement surtout en ce qui concerne la consommation, s’est aujourd’hui beaucoup ralenti. Ce résultat est dû, paraît-il, à l’inexpérience et à la mauvaise foi d’un certain nombre de géraûts qui ont fini par conduire à la ruine les sociétés dont on leur avait confié la direction. Il ne s’agit toutefois que d'un ralentissement, non d’un anéantissement; il existe encore des sociétés dont quelques-unes très prospères : la société d'économie domestique d'Oporto, la Caisse économique ouvrière de consommation de Lisbonne, en sont la preuve.
Il y a aussi quelques associations de production déjà anciennes.
Russie.
En Russie, on trouve un genre d'associations particulier, ce sont les artels dont l’origine est fort lointaine : un certain nombre de familles s'unissent pour faire en commun la dépense des instruments nécessaires à l’exploitation des champs et pour cultiver le sol; elles se partagent ensuite les produits, proportionnellement au nombre d'ouvriers fournis par chaque famille. Il y a économie de frais, les mêmes instruments et le même bétail servant pour tous.
Parfois et pour des dépenses particulièrement coûteuses, surtout pour l’achat de certaines machines, quelques artels se réunissent : chacun d’eux a succes-
sivement la jouissance des instruments dont la collectivité a pu faire la dépense.
Il existe aussi en Russie des sociétés de consommation, mais les renseignements précis sur leur nombre et leur importance font absolument défaut.
États-Unis d'Amérique.
La coopération a mis longtemps avant de pouvoir pénétrer aux Etats-Unis : le peuple, dans ce pays, a des tendances trop individualistes pour recourir volontiers à l'association ; on se trouve dans le pays par excellence du «chacun pour soi » qui est précisément l'opposé des principes coopératifs. La population ouvrière des grands centres qui est surtout appelée à profiter des bienfaits de la coopération, s’est bornée très longtemps à des associations de résistance ; on préférait des salaires élevés à des marchandises bon marché; en d’autres termes on se tournait vers le trade-unionisme et non vers la coopération.
Pourtant les sociétés agricoles finirent par faire leur apparition, obtenant parfois le succès.
Enfin quelques sociétés de consommation se fondèrent.
Le mouvement semble actuellement devoir prendre une extension beaucoup plus rapide. En 1895 s’est formée l'Union coopérative des Etats-Unis dontle butest de mener une campagne active en faveur de la coopéralion