‹ Étude sur le Mouvement Patronal Catholique FrançaisChapitre 21 sur 32 · L’imauguration a eu lieu le 10 juillet · texte numérisé non relu

L’imauguration a eu lieu le 10 juillet

et sociale … L'œuvre de la surintendante est avant tout une œuvre d'équilibre matériel et moral, équilibre qu’elle chercheäatteindre par l’économie, l’ordre, l’esprit d'équité et d’impartialité, la bonté et le tact. Son service social, pour être réellement efficace, tant au point de vue des employeurs qu'à celui des ouvriers, doit être incorporé au travail lui-même, se développer en harmonie avec les nécessités de celui-ci et faire œuvre d'éducation. Incomplet. et presque toujours inutile s’il ne sert qu’à réparer ou compenser des erreurs commises, il doit travailler à supprimer les causes de ces erreurs ». | La surintendante économise des journées de maladie et d'incapacité par une surveillance sanitaire consciencieuse et éclairée et par le dépistage des maladies, en assurant l’hygiène du travail, les soins donnés aux accidentés et leur éducation. Elle économise de la main-d'œuvre par un embauchage judicieux aidé de connaissances psycho-techniques, par une étude approfondie des différents postes et des conditions de travail qui lui permet une affectation efficace du personnel. Elle économise enfin du temps en se substituant aux ouvriers pour de multiples démarches qui occasionnent de nombreuses absences dans les équipes, en évitant les malentendus et les conflits qui sont toujours une perte de temps et d’argent. La surintendante évite du gaspillage en surveillant l'utilité et le bon fonctionnement de tous les organismes de l’entreprise intéressant le personnel, en assurant entre eux la liaison nécessaire. Elle obtient un meilleur rendement par son influence morale et la puissance pratique de réalisation que lui a donnée sa formation particulière. Renseignée à la fois sur les conditions de la vie ouvrière et les difficultés patronales, elle crée, par son dévouement

éclairé, une atmosphère de confiance qui est un des premiers éléments de la prospérité.

A cela ne se borne pas le rôle de la surintendante. A l’intérieur de l’entreprise, elle dirige le service du personnel, ceux d’assurances et de prévoyance sociales. Elle surveille l'hygiène des ateliers. En dehors de l’entreprise, elle crée, dirige ou surveille le service médicosocial, les crèches, garderies, jardins d’enfants, les restaurants, groupements d'achats ou coopératives, les logements ouvriers. Enfin, elle intervient pour l’éducation et pour l’utilisation des loisirs : écoles d’apprentissage et d'enseignement ménager, cours post-scolaires, conférences éducatives, foyers, bibliothèques, groupements sportifs, colonies de vacances, le Journal d'usine. Par dessus tout, elle crée un esprit de confiance et de famille, elle aplanit les difficultés, elle est la déléguée judicieuse, compétente et désintéressée du personnel.

Le rapport de M. Decré contient encore de longs développements sur le service de surintendantes — interentreprises — créé par la section de Nantes et auquel nous avons déjà fait allusion. Il se termine par l'affirmation qu'un tel service social est non seulement viable mais se traduit par une notable amélioration du rendement des entreprises, tout en permettant à leurs dirigeants de remplir plus facilement leurs devoirs de patrons chrétiens. L'enquête préalable faite par la Confédération française des professions auprès des membres ayant révélé que les préoccupations de la section de Nantes étaient partagées par un grand nombre d’adhérents à la Fédération, il y a tout lieu de croire que le mouvement se développera désormais rapidement. Quant au bureau d’études économiques et sociales, dont l'initiative avait été prise par

M. René Moreux, également vice-président de la Confédération française des professions, il a été constitué et publie deux fois par mois un bulletin d'informations, dont la valeur documentaire est déjà très grande.

Aux grandes réunions de la Confédération française des professions, dont nous venons d’esquisser les préoccupations et les travaux, peut se rattacher le Congrès maritime de Quimper, organisé les 27 et 28 novembre 1932 d’un commun accord par les syndicats de marins de la Confédération française des travailleurs chrétiens et le syndicat des professions maritimes et connexes de la Confédération française des professions. Il adopta des vœux très détaillés sur l’amélioration des conditions de pêche et de vente, comme sur les conditions de vie de marins. Il fut suivi, en septembre-octobre 1935, d’une semaine sociale maritime, l’une et l’autre manifestations étant présidées par M. René Moreux1.

Toutes ces réunions, avons-nous dit, ont été préparées par le Conseil fédéral, les assemblées générales de la confédération, également par le Syndicat central. Analyser leurs décisions serait donc une répétition fastidieuse. Toutefois, on ne saurait passer sous silence les enquêtes faites par la confédération, en plus de celles qui étaient destinées à préparer les congrès. Parmi les plus récentes, nous citerons une enquête sur la réforme de la loi concernant la vente des fonds de commerce, d’autres sur «les

1. M. René Moreux est le directeur du Journal de la marine marchande. Il est membre du Conseil supérieur de la marine marchande et du conseil supérieur des pêches maritimes. Fondateur du bureau d'informations mari-

times, il est aussi un des administrateurs de l’Œuvre nationale des pupilles de la marine marchande.

allocations familiales et la femme au foyer », sur les chambres de métiers et l’artisanat, sur les ententes professionnelles, sur la préparation de l'Exposition universelle de 1937. D’autres encore ont fait, comme nous l'avons vu, l’objet de discussions au sein de commissions mixtes patronales et ouvrières. Nous les retrouverons dans le chapitre suivant, consacré à ces commissions.

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