‹ Étude sur le nystagmusChapitre 29 sur 57 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

Nystagmus avec myopie et strabisme. (Communiquée par M. Javal.)

Desert Eugène), examiné en décembre 1868, présente un nystagmus saccadé, assez violent. Il raconte qu’il était affecté d’un très-fort strabisme convergent monolatéral de l’œil gauche, remarqué le lendemain de sa naissance, et qui avait cédé à une ténotomie du droit interne de 1 œil droit, faite il y a environ trois ans. Depuis cette époque, le strabisme n’existe pas dans toutes les positions du regard, mais les objets paraissent trembler lors de la fixation attentive. Examinons les deux yeux successivement.

L œil gauche, lorsqu’on fait couvrir le droit, présente un nystagmus d autant plus marqué que le regard se dirige plus à gauche.

, B mouvement d’adduction est lent, tandis que celui d’abducdepms, i saccades. Une observation, meme superficielle,

tIOn S ( d’admettre qu’une faiblesse relative du droit externe ne permet permet d e , ur monter d’une manière constante l’action de son

pas à cemusdede surmo^ oee4u ^ ^ esttelle q U ’H n’existe

aucune position où le nystagmus cesse absolument de se produire.

S droit, celui qui a subi une ténotomte il y a trois ans, presente les mêmes phénomènes que le gauche , mais à un degre moins marqué; le nystagmus de cet œil disparaît pour les positions forte-

ment internes du regard. ... .

Je dois insister sur la distinction à faire entre les oscillations remarauées chez les malades précédents et les saccades que nous observons ici Outre leur constatation à simple vue, les saccades se distinguent facilement à leur caractère ophthalmoscopique de faire déplacer le fond de l’œil d’une manière apparente et continue. En effet, pendant la saccade, le fond de l’œil se déplace trop vite pour être vu, de sorte qu’on voit l’image se mouvoir lentement, d’un mouvement presque uniforme , en relation avec l’action du muscle droit mterne (Helmholtz, Optiquephysio’ogique, tfad. J aval et Klein, p. 787).

Chez notre malade, il existe, lors de la vision binoculaire, une position de repos presque complet, pour laquelle le regard est dirigé légèrement à droite. Les mouvements sont alors très-faibles, et on ne saurait dire si ce sont des saccades ou des oscillations. Yient-on à couvrir l’un ou l’autre œil, il se produit des saccades assez fortes. Il n’y a rien là qui doive nous étonner. En effet, les saccades, étant de sens contraire dans les deux yeux, sont absolument incompatibles avec la vision binoculaire. L’exercice simultané des deux yeux rencontre moins de difficultés à droite, parce que l’insuffisance du droit externe de l’œil droit est moins marquée que celle du muscle corres~

pondant de l’œil gauche.

La réfraction est approximativement 0° — 9 —16, 0° 24 12.

Malgré l’absence de strabisme, la ténotomie du droit interne de 1 œil gauche fut pratiquée par le D r Wecker et produisit le résultat désiré, ainsi qu’on le verra plus loin. Dans le regard vague, il se produisit un strabisme divergent qui disparaissait lors de la fixation attentive pour faire place à une légère convergence. En effet, chez ce malade, la vision binoculaire ne se produisait que par moments et pour la position de repos.

Pour compléter le traitement, il fut prescrit de porter une coquille non percée sur l’œil droit. L’occlusion de cet œil, accompagnée d’abord

de beaucoup de gêne et même de nausées, fut supportée bientôt avec facilité, et après quatre jours, en la retirant, la vision binoculaire produisit, le point de repos s’étant déplacé pour venir se mettre face du malade.

Ce déplacement du point de repos n’est pas le seul résultat utile de la ténotomie ; les muscles étant mieux équilibrés et la position de vision binoculaire étant devenue plus facile, il a dû se produire une diminution du nystagmus, et tout présage une amélioration progressive de l’état du malade.

OBSERVATION XXII (personnelle).

Nystagmus avec astigmatisme.

Le 26 février 1869, Virginie Leconte m’est adressée par mon excellent ami, M. Delens, aide d’anatomie à la Faculté de médecine. Agée de 48 ans, celte malade a toujours été d’une santé excellente, mais elle présente depuis nombre d’années un nystagmus très-violent mais périodique. ’

Nous l’avons examinée très-attentivement, M. Javal et moi et voici quel a été le résultat de notre observation :

Pendant notre examen, les saccades changent plusieurs fois de sens; à un moment donné, elle cessent brusquement et totalement. La malade déclare savoir tourner ses yeux de manière à supprimer le nystagmus quand elle peut prendre son temps pour le faire. Il en est ainsi, dit-elle, toutes les fois qu’elle veut lire ou se livrer à la couture.

L’examen isolé des deux yeux présente ce résultat que chacun donne des saccades externes lors du regard fortement externe. Ces saccades persistent lors du regard en face et sont remplacées par des saccades internes lors du regard interne. Tous ces phénomènes ne se produi- ~en qu a a suite d une position externe du regard et s’expliquent en a mettant une insuffisance assez grande du droit externe et une insumsance moindre du droit interne.

Non» avons constaté chez cette malade un astigmatisme assez fort, s qui n a pas été mesuré, la malade n’étant pas venue se soumettre a .un autre examen pour lequel on l’avait ajournée à huitaine.

Page 1