‹ Étude sur le nystagmusChapitre 31 sur 57 · OBSERVATION XXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIV

Nystagmus avec défaut de pigmentation-et amblyopie. (Bœhm, 15 e obs., p. 16o.)

Cari J..., âgé de 10 ans, dePotsdam, avait des yeux bleus et cheveux blonds et une vue si faible qu’on douta longtemps de pouvoir lui don-

ner l’éducation parle moyen ordinaire ; depuis sa jeunesse il souffra't de tremblement oculaire, tantôt plus, tantôt moins fort, quelqu e f 0 J s inappréciable.

En avril 1852, il se remit entre mes mains : je remarquai de suite que l’apparition du nystagmus, comme son intensité, étaient liés à la direction déterminée du regard. Il ne louchait pas fréquemment, mais le muscle droit interne de l’œil droit était roide et peu extensible • U devait donc chercher à éviter la tension de ce muscle et à tout observer de l’œil gauche surtout; aussi il avait adopté une inclinaison de la tête, et si on lui permettait de prendre cette position, son regard n’offrait rien d’anormal. Si on l’engageait au contraire, en tenant la tête dans la rectitude par une simple rotation des yeux, à suivre un objet de gauche à droite, l’on voyait à peine le milieu de la ligne dépassé et l’objet se dirigeant du côté droit, que l’œil commençait à trembler légèrement, et que ces légères vibrations s’exagéraient jusqu’aux secousses les plus violentes dans les regards franchement obliques.

Une particularité plus importante à noter que ce nystagmus, dépendant de conditions accidentelles, était une faiblesse excessive de la vue. C’était avec peine que le malade lisait à 2 pouces de distance : quoiqu’alors son nez touchât presque le livre, la contrainte qu’il imposait à ses yeux le forçait de s’arrêter bientôt, épuisé de fatigue.

Comme il n’y avait pas de raccourcissement musculaire, et, partant, pas d’indication opératoire, tous les efforts dû traitement furent dirigés de manière à fortifier la vue, dans l’espoir de fortifier par contrecoup les muscles. Cette vue se réalisa avec une étonnante rapidité ainsi que le montrent les quelques notes suivantes prises sur ce malade et qui serviront pour l’institution de recherches semblables.

Au commencement d’avril 1852, je donnai à J... un verre convexe n 12, avec la nuance 4, et avec lui le malade put lire à la fois plus loin et mieux. Les verres plus faibles (13-14) n’eurent point cette action, car il ne faisaient pas assez converger les rayons, bien qu’ils fussent sans aucun doute plus adaptés à l’état de la réfraction oculaire. Les verres n° 12, non moins colorés, ne firent pas non plus le même effet ; les verres non colorés produisaient même une irritation si intense que leur emploi dut être interrompu. Le verre seul choisi avec soin que j’ai mentionné réfractait suffisamment et renvoyait une lumière suffisamment douce à l’œil.

mo * s ma i j e pus le remplacer avec succès par le verre 14, avec la même nuance (4).

En août je constatais que J... lisait plus couramment à 5 pouces de

et chose plus remarquable encore, qu’avec un certain effort distance, -, fem - p8 sou tenir cette distance sans le secours de

il pouvai alors a u verre n° 16 et redescendis pour la colo-

lunettes. Je ns o ^

ration à la la i um ière moins réfractée et moins mitigée par

Le 3 Ja °r!!it en cinq mois fait faire de nouveaux progrès au ma- V 17, d’un bleu pâle, lui permettait de tenir

commodément son livre à 6 pouces.

Fr vril (le 15) la distance s’était étendue a 8 pouces et plus, avec n d’application; sans lunettes les yeux continuaient quelques ^“tVnts à lire Je pus passer au verre n° 20, nuance 3, mais le soir ï verre n* 18 était encore nécessaire, car la lumière plus faible prownfmt de l’éclairement artificiel exigeait une réfraction plus forte.

T était alors si avancé qu’au lieu d’aller à l’Institut des aveugles,

comme on l’avait cru, il se rendit à l’École de Schnepfenthal où il

marcha de pair avec ses camarades dans toutes les branches de 1 en-

5 Ouand le 30 novembre je revis l’enfant pour choisir des verres adaptés à sa vue, la distance visuelle était montée à 9 pouces, et depuis quelque temps le verre n° 20 pouvait servir même le soir. Je lui substituai le n* 25, nuance 3, et je crus utile de munir les yeux de verres n° 40, nuance 3, pour les distances un peu considérables; les promenades y gagnèrent en sécurité et en agrément.

Le 15 avril 1884. üans les quatre derniers mois, au moyen du verre n° 25, la lecture pouvait se faire à 1 pied de distance : la guérison radicale de l’amblvopie fut confirmée par ce fait que de temps à autre l’œil pouvait se passer de verres et que les objets invisibles autrefois à de grandes distances étaient aperçus dans tous leurs détails. Toutefois pour pousser la guérison plus loin encore je crus, dans les occupations astreignantes, surtout à la lumière artificielle, devoir recommander l’emploi d'un verre n° 40, nuance 3.

En juin 1834, J... en était arrivé à se passer de lunettes le jour et le soif, dans les travaux soutenus à n’employer que le n e 60, avec la nuance 3.

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