OBSERVATION XXXIV
Ophthalmie drs nouveau-nés. — Atrophie de l’œil et strabisme.
(Boehm, 10 e obs. p. 156.)
Ferdinand Seidel, âgé de 32 ans, potier, à la suite d’une ophthalmie des nouveau-nés se vit atteint d’atrophie et de fort strabisme convergent de l’œil gauche. De l’œil droit, vue trouble, impressions peu nettes, contracture du muscle droit interne. Les deux yeux tremblent ■violemment. Avec un seul œil le malade lisait les caractères à une distance de 4 pouces, mais seulement lorsqu’on les lui présentait à une direction oblique par dessus la racine du nez. En voyant, même de loin, le malade occupé à son travail, l’inclinaison de sa tête, née sous l’influence de la déviation oculaire, faisait naître à l’instant l’idée d un nystagmus.
Pour répondre à l’indication qui résultait de l’essence même du nystagmus, il eût fallu délivrer l’œil droit de l’obstacle qu’apportait à ses mouvements la contracture de son muscle interne. Mais le malade avait une répugnance invincible à laisser toucher en quoique ce fût son seul œil valide, et je fus réduit à ne couper que le muscle fortement rétracté de l’œil atrophié ; l’analogie avec ce qui passe en cas de strabisme rue faisait attendre quelque succès de cette manière de procéder.
Aussitôt après l’opération, le malade put lire à 7 pouces (au lieu de 4) de distance, et l’examen que je pratiquai après guérison de l’opération me montra que l’œil pouvait même fonctionner sans lunettes.
Le malade, à moitié débarrassé du tremblement oculaire, presque affranchi de l’inclinaison forcée que sa tête conservait auparavant, lisait avec des verres convexes n° 10, nuance III, à une distance de 12 pouces, et avec des verres n° 20 et nuance IV, put poursuivre son métier avec une facilité qu’il n’avait jamais éprouvée.