DÉMONSTRATIF
Ce, cetj cette, ces donnent la forme unique ça.
D'ordinaire le substantif est suivi de la particule .confirmative là. — Ex. : cette femme, ça fanme là ; tenez ce bout, tiombô * ça boute là.
Ils n'ont ni genre, ni nombre.
Mo traduit mon, ma, mes ; on prononce parfois mon, ton, son ;
To pour ton, ta, tes;
So pour son, sa, ses;
Nous pour notre, nos ;
Fous ou s;auU pour votre, vos ;
Zaute pour leur, leurs.
Mo, to, nous, vous, j^aule sont en même temps les pronoms personnels je, me, moi, tu, te,- toi, etc. Nous les étudierons plus bas.
Zaute traduit <i votre n après le pronom ^aato employé au vocatif pour vous. — Ex. : Hé ! vous autres, donnez votre argent, donc ! Hi! fautes, donc :(aate lar^enl, don !
So est en réalité le seul adjectif possessif. Il a en créole un emploi emphatique assez original. — Ex . : Le mâle du cardinal est rouge, la femelle jaunâtre, 50 mâle cardinal rotii^e, so femelle :(aune ^aune ; l'enfant du vieil Azdr, so piiit ppâ A^^âr.
Les Malabars et les Anglais ont troublé la construction régulière de l'adjectif possessif en disant : sa papa lacase , his father's house, là où le créole disait ; lacase so papa, la maison de son , père.
Les seuls que connût le créole étaient tout, même, laute, autre, qui, quel ?
Ils n'avaient nécessairement ni genre, ni nombre.
GRAMMAIRE. tj
Tout : tout lacase , toute la maison ou toutes les maisons.
Même : même a dans le créole tous les emplois du français « même ». — Ex. : ces mêmes personnes, ça même doumounde là, ou ça doumounde là même. Je lui ai parlé à lui-même, Av H même qui mo U causé. Donnez-le à Monsieur même, Done li sembe Missié même.
Il a de plus , en tant qu'adjectif, un emploi que ne connaît pas le français : il signifie « seul » . Ainsi avec les numéraux : Je n'en ai qu'un seul, Mo gagne nique éne même. Je n'en veux que cinq seulement, Mo vlé nêque cinque même. Un seul doit être chef, Ene même dotte comandére (être commandeur}.
« Seul » peut aujourd'hui se traduire par séle , toujours précédé de tout. — Ex. : Il n'y a qu'un seul Dieu, Ena nêque êne hondiê tout séle. Je n'ai vu qu'eux deux, Mo tê voir nêque fautes dé tout séle.
Nous trouvons même aux adverbes.
Laute : laute traduit l'autre, les autres, un autre, d'autres.
Done moi laute, donne-moi l'autre ou les autres, donne-m'en un autre ou d'autres.
Qui : qui traduit « quel f interrogatif. — Ex. : Dites-moi quel chemin vous prendrez, Dire moi qui
l6 LE PATOIS CRéOLE.
cimin wou a prend. QueUe heure est-i!? Qui Ihére àçthére (à cette heure) ?
Quelque, qutque, n'existe qu'en composition.
— Ex. : quelquefois, quiquefois ; quelque part, quiquepdrt ; quelque chose, qûiqueçose.
Aucun, auquine ou auquéne. Il a d'abord paru dans la composition ; auquine pari, nulle part ; d'où il est sorti pour exister isolément dans le parler actuel. — Ex. : Je n'ai aucun argent sur moi, Mo napas éna auquéne lamonée (monnaie) av moi, etc.
Plusieurs, aujourd'hui plisiéres. C'était, suivant le sens, boucoup, beaucoup ; ou morceau, un peu.