‹ Étude sur le patois créole mauricienChapitre 25 sur 70 · DÉMONSTRATIF · texte numérisé non relu

DÉMONSTRATIF

Ce, cetj cette, ces donnent la forme unique ça.

D'ordinaire le substantif est suivi de la particule .confirmative là. — Ex. : cette femme, ça fanme là ; tenez ce bout, tiombô * ça boute là.

Ils n'ont ni genre, ni nombre.

Mo traduit mon, ma, mes ; on prononce parfois mon, ton, son ;

To pour ton, ta, tes;

So pour son, sa, ses;

Nous pour notre, nos ;

Fous ou s;auU pour votre, vos ;

Zaute pour leur, leurs.

Mo, to, nous, vous, j^aule sont en même temps les pronoms personnels je, me, moi, tu, te,- toi, etc. Nous les étudierons plus bas.

Zaute traduit <i votre n après le pronom ^aato employé au vocatif pour vous. — Ex. : Hé ! vous autres, donnez votre argent, donc ! Hi! fautes, donc :(aate lar^enl, don !

So est en réalité le seul adjectif possessif. Il a en créole un emploi emphatique assez original. — Ex . : Le mâle du cardinal est rouge, la femelle jaunâtre, 50 mâle cardinal rotii^e, so femelle :(aune ^aune ; l'enfant du vieil Azdr, so piiit ppâ A^^âr.

Les Malabars et les Anglais ont troublé la construction régulière de l'adjectif possessif en disant : sa papa lacase , his father's house, là où le créole disait ; lacase so papa, la maison de son , père.

Les seuls que connût le créole étaient tout, même, laute, autre, qui, quel ?

Ils n'avaient nécessairement ni genre, ni nombre.

GRAMMAIRE. tj

Tout : tout lacase , toute la maison ou toutes les maisons.

Même : même a dans le créole tous les emplois du français « même ». — Ex. : ces mêmes personnes, ça même doumounde là, ou ça doumounde là même. Je lui ai parlé à lui-même, Av H même qui mo U causé. Donnez-le à Monsieur même, Done li sembe Missié même.

Il a de plus , en tant qu'adjectif, un emploi que ne connaît pas le français : il signifie « seul » . Ainsi avec les numéraux : Je n'en ai qu'un seul, Mo gagne nique éne même. Je n'en veux que cinq seulement, Mo vlé nêque cinque même. Un seul doit être chef, Ene même dotte comandére (être commandeur}.

« Seul » peut aujourd'hui se traduire par séle , toujours précédé de tout. — Ex. : Il n'y a qu'un seul Dieu, Ena nêque êne hondiê tout séle. Je n'ai vu qu'eux deux, Mo tê voir nêque fautes dé tout séle.

Nous trouvons même aux adverbes.

Laute : laute traduit l'autre, les autres, un autre, d'autres.

Done moi laute, donne-moi l'autre ou les autres, donne-m'en un autre ou d'autres.

Qui : qui traduit « quel f interrogatif. — Ex. : Dites-moi quel chemin vous prendrez, Dire moi qui

l6 LE PATOIS CRéOLE.

cimin wou a prend. QueUe heure est-i!? Qui Ihére àçthére (à cette heure) ?

Quelque, qutque, n'existe qu'en composition.

— Ex. : quelquefois, quiquefois ; quelque part, quiquepdrt ; quelque chose, qûiqueçose.

Aucun, auquine ou auquéne. Il a d'abord paru dans la composition ; auquine pari, nulle part ; d'où il est sorti pour exister isolément dans le parler actuel. — Ex. : Je n'ai aucun argent sur moi, Mo napas éna auquéne lamonée (monnaie) av moi, etc.

Plusieurs, aujourd'hui plisiéres. C'était, suivant le sens, boucoup, beaucoup ; ou morceau, un peu.

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