‹ Étude sur le patois créole mauricienChapitre 35 sur 70 · DU VERBE ÊTRE · texte numérisé non relu

DU VERBE ÊTRE

L'enfant qui bégaye ses premiers jugements simplifie la proposition d'où il retranche le verbe :

1 bon ; papa mauvais. La convenince parfaite, le rapport évident de l'attribut au sujet lui permet de supprimer le lien qui unit l'un à l'autre.

Le créole en est resté à cette proposition embryonnaire. Le concept de l'existence sans attribut est trop haut pour lui, il ne s'élève jamais jusqu'à ces abstractions. Le verbe substantif, essentiel, le verbe « être o n'existe pas en créole *.

L'attribut suit immédiatement le sujet. — Ex, : Je suis malade, Mo malade, ou bien verbe et attribut restent implicitement contenus dans le complément. — Ex. : Tu es dans l'embarras, To dans- :(éné. Il est sous te lit, Li enbas lilit. Nous serons là. Nous va là mime.

C'est donc purement à titre de verbe auxiliaire**

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que le créole connaît le verbe « être » qui lui a donné son participe passé « été » devenu (/ ou ti. Cette forme se combine avec le thème du verbe à conjuguer pour former les passés.

Pour l'impersonnel « it est » , le créole emploie yéna ou éna, c'est le français «il y en a ». — Ex. : Il est un Dieu, Yéna éne bondié. Il était une fois, Té éna éne fois".

Il a donné son participe cassé fini ou fine pour former le passé absolu, et pour composer avec l'auxiliaire té les passés antérieurs. .

Donc, « j'ai fini », mo fine fini, où l'auxiliaire aide à conjuguer le verbe.

Il a donné la troisième personne du présent de l'indicatif, « va », qui sert à former le futur simple.

Donc « j'irai », mo va allé, c'est le mot à mot du français « je vais aller ».

Le « allons » de l'impératif est une véritable forme intcrjective.

PRÉPOSITION AUXaiAlBE « POUR Ji.

Nous avons vu ta préposition « pour » composant le futur prochain. Elle traduit encore l'auxiliaire français « devoir ». — Ex. : Je dois aller demain, Mo pour aile dîmain. Il doit pleuvoir, le temps est trop couvert, LapUe pour tombé, ça litemps là trop noir. Je vous dirai quand je devrai sortir, Mo va dire vous, Ihére mo va pour sourli. Ils devaient se marier, Zautes té pour marié. Quand elle devra venir, Lhére H va pour vint ; etc., etc.

FRËPOSITIOM AUXILCAIRE u AFRËS ».

Nous l'avons vue concourant à former le passé simultané. — Ex. : Je chantais quand il est entré, Mo U après çanté lhére li ti entré; mais elle passe à tous les temps. Au présent : Mo après man:{é. Je mange en ce moment, je suis à manger (/ am ealing). Au futur : Lhére mo va après man^é, Quand je serai à manger, occupé à manger, en train de manger.

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Elle traduit, nous l'avons dit, le gallicisme o ne faire que de » et forme un passé récent. — Ex. : Mo té féque dis^né. Je venais de déjeuner. Elle passe donc au futur. — Ex. : Lhére mo va fique dii^né, Quand je viendrai de déjeuner, où elle marque une antériorité immédiate.

Nous la retrouvons à tous les modes. — Ex. :

Je viendrais de le manger que ma bouche en conserverait encore l'odeur, Mo U va fique mâtine H qui mo lahouce té va senti encore so l'odire, conditionnel.

Après avoir couru, il n'y a qu'un instant, boire de l'eau froide est dangereux, Lhére fique galpi boire dileau fris napas bon, infinitif.

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