CONJUGAISON INTERROGATIVE
« Est-ce que » égale esqut, et l'inversion du sujet n'a jamais lieu :
4é LE PATOIS CRÉOLE.
Est-ce que je sais, ou sais - je ? Esqui mo coné? Où iras-tu? Cote to va allé? Comment vous portez -vous? Cornent vous çava? Qui es-tu ? Qui toi ? Que faites - vous ? Qui woit après fire ? Quelle est votre route ? Qui vous
Donc, pour la conjugaison négative et înterrogative à la fois : N'êtes-vous pas là ? Esqui vous napas là ? N'est-il point venu ? Esqui li napas fine vini ? Ne prendront- ils pas? Esqui :^auies
napas va prend 1
DU VERBE IMPERSOKHEL.
Le pronom impereonnel « il » n'existe pas.
Parfois, cependant, mais rarement, on le rend par le personnel //; c'est du néologisme.
Distinguons entre les impersonnels accidentels et les essentiels.
Le créole pour les premiers reprend ta proposition personnelle; ou reproduit mot à mot le français en supprimant « il », — Ex. : Il vient d'arriver deux navires de l'Inde, Di navires féque vine dans Linde. Il faisait chaud , Té fére çaud. Il fait froid ce soir , Fére frés àsoir.
Quelquefois l'impersonnel faire dispamt. — Ex. ; 11 commençait à faire noir, Tê comence sicour sicour (obscur).
Énumérons les impersonnels essentiels , et voyons ce que devient chacun d'eux :
« Il gèle », « il dégèle », a il neige o. Au sens propre ces verbes n'existent pas en créole : la géographie dit pourquoi.
« Il grêle ». Nous le notons pour mémoire, ce météore s' étant, il y a quelque quarante ans, produit à Maurice. Ça ^our là napas laplie dileau , laplie roces qui ti tombé, Ce jour- là, c'est non une pluie d'eau, mais une pluie de pierres qui tomba; ou mieux : Napas dileau qui lé tombe laplie, roces qui lé tombe laplie , Ce n'est pas de l'eau qui est tombée en pluie , ce sont des pierres qui sont tombées en pluie.
«Il pleut», «il tonne», «il vente». Le créole les développe : Laplie tombé, la pluie tombe j lonére ronflé, le tonnerre ronfle ; dtvent soufli, le vent souflle, Ou tout autre verbe pittoresque.
« II bruine » . Flit ptil laplie tombé. Une toute petite pluie tombe.
De là des images : Il pleut sans discontinuer, LapUe là assise (cette pluie s'assied). II éclaire, Zéclérs touye , casse, bourle , man:^e listes (les
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éclairs tuent , cassent , brûlent , mangent les yeux), etc.
«Il faut*». Bisoin, il est besoin, qui prend toutes les particules auxiliaires. Il fallait, té bisoin; . il faudra, va bisoin; il faudrait, ti va bisoin. — Ex. : Il faudrait dix hommes pour défricher ce carreau *, Ti va bisoin disse doumoundes pour désavane ça carreau-là.
« Il y a ». Ena ou yéna, et gagné. Ib prennent les auxiliaires. — Ex. : Il y aura de la pluie ce soir. Pour éna laplie, ou pour gagne laplie à soir.
« Il n'y a pas » donne napas éna , que la rapidité de la prononciation contracte en na-
« Il importe » est trop savant; nous avons
bon qui traduit « il est bon ». — Ex. : Il importerait, il serait bon d'avoir des pétards. Té va bon gagne pétards.
« Il semble » se traduit bien par Cornent dire. — Ex. : Azor a changé de monture; il regrette
l'ancienne, « parce que, senible-t-il, elle avait l'allure plus douce 1), àcause, cornent dire, so ressorts té plis douce (ses ressorts étaient plus doux).