DE NOTRE ORTHOGRAPHE
Avant de soumettre aux lecteurs nos textes créoles, nous croyons utile de leur rappeler sur
quels errements nous avons fondé notre orthographe.
Pour dérouter le moins possible l'œil habitué à la physionomie du mot français, nous la lui avons conservée partout où nous l'avons pu . Nous avons, cependant, toujours réuni l'article au subsuntif, avec lequel il fait corps, ainsi que nous l'avons établi. Nous avons, de même, pour être conséquent avec notre analyse, donné aux verbes en er la terminaison é du participe passé, duquel est provenu le verbe créole; et nous écrivons, d'après le même principe, couderoce, coudepoing pour coup de roche, coup de poing, la préposition rf(. étant devenue partie intégrante du mot composé.
A l'aide de l'accent aigu, de l'accent circonflexe, du tréma et de Ye muet, nous avons figuré de notre mieux la prononciation créole, sans hésiter, dans certains cas, à nous affranchir complètement de l'orthographe française ; c'est ainsi que nous écrivons /i^r« pour faire, Ihére pour l'heure, lêquére pour le cœur, hliquére pour la liqueur, tTan:^é pour étranger, :;priye pour oreille, Ztf^e pour Georges, mate pour maïs, àçtbére pour à cette heure. Enfin, quoique le pluriel ne se manifeste jamais en créole dans la forme des mots, nous avons, pour guider l'œil du lecteur, conservé Vs
du français, mais au substantif seulement. Quand le mot a plusieurs sons, — ainsi le pronom vous qui est vous, wous ou bien ous, — nous choisissons celle de ses formes que la prononciation du groupe où il se trouve nous semble appeler de préférence; et parfois nous donnons à dessein, au même mot, des physionomies différentes, pour n'avoir pas l'air de prétendre à introduire l'unité et la régularité là où tout est capricieux, mobile et irrégulier. -Ces fantaisies de la plume sont familières à tous ceux qui ont eu quelque commerce avec le français antérieur aux dernières années du XVI' siècle.
Z'HISTOIRE ËNE ÇATTE QUI TÉ ÊNA BOTES.