‹ Étude sur le patois créole mauricienChapitre 66 sur 70 · LE MORT SUR L'ANE · texte numérisé non relu

LE MORT SUR L'ANE

Êne fanme ti dans so lacase av so galant. So Une femme était dans sa maison avec son gamari ti fine sourti dipts àsoir sans dire li quand lant. Son mari était sorti depuis le soir sans lui îi ti pour rentré. Grand bamatin coq çanti comére dire quand il devait rentrer. De grand matin au tende halte laporte. Li dtmandé : Qui là? — So chant du coq la commère entend frapper à la porte. mari réponde : Moi.

Elle demande : Qui est là? — Son mari répond : Moi.

Lhire là comére dire av so galant : Aile vilement Alors la commère dit à son galant : Va vite te cacié dans ça grand la^are qui dans coin lacase. cacher dans cette grande jarre qui est dans le coin Li aile cacié.

.de la case. Il va se cacher.

Lhére comirefine ouvert laporte so mari dimande Quand la commèfe a ouvert la porte, son mari /(' sipas H fine mette dileau dans difé pour f ire caji. lui demande si elle a mis de l'eau au feu pour &ire Sofanme dire li : o Alà mo aile mété; mis cornent ous le café. Sa femme lui dit : « Voilà que je vais la tourne vilement começa? — Mo fine trouve ça doumettre; mais comment revenez-vous vite comme moune qui mo ti aile voir là, et mo tourne tousite, ça? — J'ai trouvé l'individu que j'allais voir, et je alà tout. ■»

reviens tout de suite, voilà tout, s

Litemps là dileau fine bout. Lî vide dileau làhaut Cependant l'eau était bouillante. Elle verse l'eau cafi; larestant dileau — mo napas coni qui li masur le café; le reste de l'eau — je ne sais à quoi :^ni — // vide li dans la:^are àcale galant ti fine aile elle pensait — elle le vide dans la jarre où le galant cacié. Pauve malhiri là sans causi lifine saisi sembe était allé se cacher. Le pauvre diable, sans dire un ça dileau çaud là, li ridi, li crévi... Dam so crivi mot, est saisi par cette eau bouillante, il se raidit, so labouce ti fine reste dimi ouvirt cornent dire U ti il meurt... Dans la mort sa bouche était restée apris rii.

demi-ouverte, comme s'il eût été en train de rire.

Bomalin, Ihére so mari fine aile prend îouvra:(e, Le matin, quand son mari fut parti pour son fanme là dire av so galant: « Sourti vilement, alà H travail, la femme dit à son galant : « Sors vite, le fine allé, pendgare quiquefois H capave tourne envoilà parti, de peur que peut-être il ne revienne core. » Galant napas bou^é.

encore. » Le galant ne bouge pas.

a Mes sourti vilement, mo dire toi!... Âbl ah! « Mais sors vite, te dis-je!.,. Ah! ah! je te parle, mo cause av toi, to riél » Li voir H napas oulé arête tu ris ! » Elle voit qu'il ne veut pas cesser de rire, rié, li tiombo li par so civés, li halle dehors lai^are; elle le saisit par les cheveux, elle le tire hors de la néque Ihére là qui li trouvé H fine mort, e Bondié, jarre; ce n'est qu'alors qu'elle voit qu'il est mort. bondié, manman! Coment mo a fére av éne Ucorps n Bon Dieu, bon Dieu, maman ! Comment vais-je mort dans'mo lacase! »

faire avec un corps mort dans ma case! »

Li ma:^iné ! li mariné ! Te énan éne vie bourique qui Elle réfléchit ! elle réfléchit ! Il y avait un vieil âne marce marUdans lacour; li prend ça doumoune mort qui allait et venait dans la cour ; elle prend l'homme l'a, li amare li làhaul bourique, li largue bourique. mort, elle l'attache sur l'âne, elle lâche l'âne.

»-it.,Cooglt:

Bourique court, H aile dans térain éne grand L'àne se sauve, il va dans le champ d'un vieîlmoune qui H énan maie planté. Bourique nique lard qui avait du maïs planté. L'âne ne ^t que moulé, li qui ti gagne neque ciendent toujours pour moudre, lui qui n'avait jamais que du chiendent à man:(é. Létemps li après moulé, bonnejemme voir manger. Tandis qu'il s'en donne, la bonne femme éne missié làhaut bourique, so bourique après man^e voit un monsieur sur un âne, et l'âne en train de so maie. « Eh ous, Msiél qui ous fére7 Ous lisse manger son maïs. « Eh vous, MonsieurI que fâîvous i^animau vine man;^e mo mate ous enlére làhaut tes-vous? Vous laissez votre bête venir manger li! Ous napas capave empice lijire digats! » Msté mon maïs alors que vous êtes sur son dos! Vous là napas riponde narien, li rié. — « ComentI mo ne pouvez pas l'empêcher de faire des dégâts! » Le parle bonite av vous, eitcore vous baingne av moi! » monsieur ne répond rien, il rit, — « Comment ! je vous parle honnêtement, et vous vous moquez de moi! »

Lhére là bonnefemme souqué, H crié a bonliome ! »

Alors la bonne femme est furieuse, elle appelle

Bonhome vini av so bâton; bonnefemme dire H:

le bonhomme. Le bonhomme vient avec son bâ-

« Ous capave croire mo parle av ça Missié là, mo toQ, la bonne femme lui dit : « Pouvez-vous croire dire li napas lésse io :(animau man^^e mo mate, îi que je parle à ce monsieur-là, je lui dis de ne pas baingne av moi, li nique rié! » Avlà bonhome enbisser sa bête manger mon maïs, il se moque de vôye ine coudebâton ça Missié qui tt làhaut bouri' moi, il ne fait que rire ! » Voilà le bonhomme qui que: boufl Msié tombé. Avlà bonhome voir ça, U donne un coup de bâton au monsieur qui était sur dire: « Ah! Bondié! Bondié, mo fanme, qui nous l'âne : bouf ! le monsieur tombe. Voilà le bonfineférel Nous fine touye éne doumoune: qui nous homme qui voit ça, il dit : « Ah ! mon Dieu, mon a fére! » Bonnefemme ma:^inéj li dire : « Napas Dieu, ma femme, qu'avons-nous fait ! Nous avons bisoinpére. »

tué un homme : qu'allons-uous faire ! » La bonne femme réfléchit; elle dit : « N'ayez pas peur. » Li prend éne paquet viévié litt\e, li amare ça Elle prend un.paquet de très-vieux linge, elle doumoune mort là dans ça paquet lin^e là. Li fére attache l'homme mort dans le paquet de linge. coment dire, létemps li fine arive îamoquiê cimin Elle fait semblant alors qu'elle était arrivée à moipour arive lariviire, U fine blye savon dans so la-

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