‹ Étude sur le Pneumothorax ArtificielChapitre 17 sur 48 · I. — Indications · texte numérisé non relu

I. — Indications

Malheureusement cette méthode de traitement, si simple en somme, n’est applicable qu’à un nombre très restreint de malades. Ce n’est point une panacée universelle et toutes les statistiques parues jusqu’à ce jour s'accordent pour montrer qu’il y à à peine5 à 6 0/0 des tuberculeux justiciables dela méthode de Forlanini.

« La création du pneumothorax artificiel, dit Hartmann, ne serait indiquée que dans les cas de processus pulmonaire grave, unilatéral, et si le traitement médical estresté impuissant. Il est nécessaire que l’autre poumon soit pratiquement sain; il est obligatoire qu’il n’y ait pas d’adhérences pleurales.

Or ilest bien rare de trouver à la fois chez le même malade

une lésion unilatérale circonscrite et une plèvre libre de toute adhérence. Comme le dit M. Léon Bernard, « les lésions pul-

monaires profondes, localisées, sont la caractéristique et la résultante d’un processus d’enkystement qui implique presque toujours une participation pleurale, »

À. LIBERTÉ DE LA PLÈVRE. — Sur les 628 tuberculeux soignés dans le service depuis le 1 octobre IOII, nous n’en avons trouvé que 29 justiciables de la méthode de Forlanini ; or 11 fois, c’est-à-dire dans presque la moitié des cas, les

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CHRONES

adhérences pleurales nous ont empêché de créer un pneumothorax suffisant.

Ces chiffres s’accordent d’ailleurs parfaitement bien avec ceux que nous avons relevés dans les différentes statistiques parues jusqu’à ce jour. Il nous a paru intéressant à cet égard d’en citer quelques-unes.

WeLLmanx (1) a eu 12 échecs dus à des adhérences sur 27 cas où il a essayé d’appliquer la méthode.

GÉERAERD (2) a essayé la méthode chez ro malades : 4 fois le pneumathorax a été irréalisable.

La statistique de Courmonr porte sur 16 cas ; or, 7 fois il fut impossible de poursuivre le pneumothorax.

En 2 ans le D' Keuzer (3), de Mannheim,a essayé de traiter Lo malades sur 583 tuberculeux qu'il a examinés : 15 fois le pneumothorax n’a pu être réalisé.

Volhard (4) (de Mannheim) n’a trouvé que 56 malades justiciables de la méthode de Forlanini sur 789 tuberculeux : or, 22 fois des adhérences étendues ont empêché l’établissement d’un pneumothorax. La statistique la plus récente de Duma- REST (5) porte sur 57 malades : or, pour 31 cas où le pneumothorax a pu être réalisé, Dumarest a rencontré 26 cas où les insufflations ont été ou impossibles ou abandonnées dèsle début,en raison de symphyses pleurales,qui souventn’avaient pu être diagnostiquées.

En effet ni l’auscultation, ni les rayons Roentgen ne nous permettent de dire d’une façon certaine si le décollement du poumon sera possible ou non : ce n’est qu’en essayant l’insufflation qu’on pourra juger de la liberté de la plèvre.

(1) WEeLLMANN, Beitr. zur Klin. der Tub., 1910, bd, XVHIT.

(2) GésraErD, Société des sc. nat. el méd. de Bruxelles, 9 mai 1912, in Presse médicale, 12 juin 1912.

(3) Kezzer, Beitr. zur Klin. der Tub., 1912, Bd. XXII, H. 2.

(4) Vornaro, Münch. medizinische Wochenschrift, n° 32, 6 août 1912.

(5) Léon BFRNARD; Communication au Congrès de Médecine de Paris, octobre

En nous révélant l’existence de zones d'emphysème compensateur au niveau desquelles les bruits respiratoires sont exagérés, l’auscultation nous permettra de choisir lepointde la ponction. En effet,en général,ces zones d’emphysème sont toujours les dernières atteintes par l’inflammation symphysaire des plèvres et en ponctionnant à ce niveau on a plus de chance de créer une bulle. Là se borne le rôle de l’auscultation : elle ne peut pas nous donner d'indications plus précises sur l’état de la plèvre en général.

Mais ce qu'il est important de savoir, et c’est ce sur quoi M. Bernard a le plus insisté, c’est que la radiologie elle aussi ne nous donne que des indications très relatives demandant à être interprétées. Nous avons eu plusieurs fois l’occasion de constater la présence d’adhérences dans des cas où l’examen aux rayons Rœntgen nous permettait de supposer que la plèvre était absolument libre. Il en était ainsi dans l’observation X où la radioscopie nous avait montré du côté malade un sinus costo-diaphragmatique clair etprofond et où il nous a été impossible d’insuffler plus de 200 cmc. de gaz, même avec une très forte pression.

« Inversement, dit M. Léon Bernard, dans quelques cas, l’écran montre sur un hémithorax une ombre diffuse, épaisse, qui pourrait, pour un observateur mal informé,être attribuéeà de la symphyse lorsqu'elle s’étend jusque surle cul-de-sac costodiaphragmatique et que celai-ci paraît immobile ; et cependant la ponction prouve que les adhérences, si elles existent, ne soudent pas les deux feuillets séreux et que le poumon peut être décollé.» Saugmann et Keller (de Mannheim) ont fait les mêmes constatations.

Dans tous les cas où les autres indications du pneumothorax auront été nettement posées chez un malade, ce n’est qu’en faisant chez lui une tentative d’insufflation qu’on se rendra

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