II. — Contre-indications
Vourch, dans sathèse (Bordeaux,r1912), dit que l’infiltration du poumon opposé, la laryngite tuberculeuse et les autres généralisations tuberculeuses sont des contre-indications formelles.
Nous ne reviendrons pas sur l’état du poumon opposé au pneumothorax, ayant suffisamment insisté sur ce fait que les lésions initiales peu étendues sont loin d’être une contre-indication absolue.
Pour ce qui est de la laryngite tuberculeuse, nous ne croyons pas qu’il faille adopter l’opinion de Vourch. Certes, au début, Forlanini avait pensé que cette localisation de la tuberculose était une contre-indication à l’application de la méthode : mais ayant eu cependant l’occasion de l’appliquer dans de tels cas, ilavait été frappé du bon résultat obtenu, età l'heure actuelle il ne considère plus la tuberculose laryngée comme une con-
ne MORE
tre-indication. D’autres auteurs, et en particulier J.Courmont, ont rapporté après lui des cas de tuberculose laryngée améliorée et même guérie par le pneumothorax.
Cet auteur attribue cet heureux résultat à la suppression des crachats qui, irritant et réinfectant continuellement le larynx, sont un obstacle insurmontable au traitement des lésions laryngées.
Par contre, les autres localisations tuberculeuses semblent bien devoir rester des contre-indications formelles : il est inutile de chercher par exemple à enrayer une lésion pulmonaire chez un malade qu’une entérite tuberculeuse grave voue à une mort prochaine.
Dans /a tuberculose miliaire, affection généralisée, un traitement local comme l’est le pneumothorax artificiel ne peut donner aucun résultat. :
I en est de même pour tous les cas où une lésion étrangère à la tubercolose menace directement la vie du malade, et M. Léon Bernard pense « que des menaces d'insuffisance hépatique ou d’insuffisance rénale, un diabète grave, doivent . arrêter l'emploi d’une méthode qui demande des mois et des années pour réaliser ses résultats ».
Un état général très précaire constituera le plus souvent un empêchement à l’application de cette méthode. Nous avons observé un cas dece genre (obs. VIIT):ils ‘agissait d’un homme encore jeune, amaigri, anémié et très affaibli , présentant des lésions à peu près strictement unilatérales. A chaque tentative d’insufflation, avant même quel’aiguille n’ait pénétré dans la cavité pleurale, le malade avait une lypothymie et nous avons dû très rapidement abandonner l'espoir de créer chez lui un pneumothorax.
L'établissement d’un pneumothorax artificiel amène brusquement une grande perturbation dans la petite circulation : une partie du champ de l’hématose se trouvant tout à coup
a LAS
Ne, CR
supprimée, le cœur droit se trouve dans l'obligation de four-
nir un travail beaucoup plus considérable : les autopsies ont montré que dans presque tous les cas de pneumothorax le cœur droit et particulièrement le ventricule droit subissent un dilatation et une hypertrophie considérable.
Carlstrüm (1) a rapporté un cas dans lequel l’hypertrophie du cœur droit était si considérable que le cœur gauche semblait être devenu une annexe du cœur droit. Ces faits montrent qu'avant d'établir un pneumothorax chez un malade il faudra examiner avec soin son cœur et rejeter la méthode dans les cas de lésions mal compensées.
En résumé, on tend à l’heure actuelle à étendre un peu les indications du pneumothorax. La stricte unilatéralité n’est plus absolument nécessaire, et on cherche à appliquer plus largement la méthode dans les cas de tuberculose aiguë ou subaiguë : les lésions bilatérales étendues, les complications viscérales de la tuberculose et un état général précaire restent des contre-indications absolues.
Les adhérences étendues et les symphyses pleurales, qui sont si souvent un obstacle à l’application de la méthode, ne sont pas à la vérité une contre-indication, mais bien plutôt une impossibilité matérielle à réaliser le pneumothorax. :
11) CarzsrRôM, Beitr. zur Klin. der Tub., 1912, bd. XXII, H. 2.