‹ Étude sur le Pneumothorax ArtificielChapitre 37 sur 48 · MAT · texte numérisé non relu

MAT

et transparent. Hémithorax gauche étroit, opaque dans sa presque totalité. Scoliose à double concavité.

A gauche. — Tout le champ pulmonaire est diminué de transparence. La diminution est surtout intense au sommet et au tiers moyen. Le sinus coslo-diaphragmatique est immobile et diminué de transparence. À son voisinage la clarté est meilleure.

A droite. — A part une accentuation des ombres hilaires, les ombres bronchiques droites inférieures n’ont rien d’anormal. Le champ pulmonaire droit est très large,ce qui est dû à la rétraction du cœur à gauche. L'espace clair médian élargi est gris à la partie supérieure, clair au-dessous.

‘[l semble bien qu’on soit ici en présence d’une symphyse gauche partielle sinon totale.

Cependant la fièvre s'élevant (37°5-3807 le rer juillet) le malade maigrissant [41 k. 200 le 17 juin, 4o k. 200 ie 24 juin, 4o k. ler juillet] et (a cutiréaction diminuant d'intensité [moyenne le 4 juillet alors qu'elle était forte à l'entrée] M. Léon Bernard décide une tentative de pneumothorax. :

Le 6 juillet. 1re injection. La ponction a été faite sur la ligne axillaire postérieure gauche au niveau de la pointe de l’omoplate. Les oscillations manométriques sont de faible amplitude.

On injecte 95 cmc. d’O. en 4 minutes avec une pression de + 2 cent. d’eau. En 30 minutes, on injecte en tout 95 cmc. d'O. et 5oo emc. d’Az. avec une pression initiale de + 2 et terminale de + $ cent. d’eau. Le malade n’est nullement incommodé par cette insufflation et va immédiatement à la radioscopie. On constate qu'il existe en-arrière, au niveau du point d'injection, un décollement se traduisant par une petite zone claire. Température le soir de l’injection 38°5.

7 juillet. — Température matin 3709, soir 3902. Légère dyspnée.

8,9, 10 juillet. — Aucuneélévation de température. La zone claire constatée le 6 existe toujours mais plus petite.

11 juillet, — 2e tentative de pneumothorax au même point que la fois précédente. Petites oscillations manométriques de — 2 à +- 2. Malgré une pression positive de + 5, l'O ne rentre pas.

13 juillet. — 3e tentative. Oscillations pleurales plus amples de — 8 à + 6. Malgré tout on est obligé d'employer une forte pression positive. De + 3 qu’elle était au début la pression passe très vite à +- 8 et à la fin de l'injection le gaz ne pénètre que sous une pression

de +12. En 35 minutes on a injecté 75 eme. d'O. et 200 emc. d’Az. À ce moment on s'aperçoit qu’il existe une zone d’emphysème souscutané grande comme la main, ayant pour centre le point d'injection. On cesse immédiatement.

Le 14, l’emphysème persiste et ne disparaît complètement que le 19 juillet. Dans toute cette période du 13 au 20 on ne note aucune manifestation thermique et même la température a légèrement baissé.

L'examen radioscopique du 25 juillet montre qu'il existe toujours une petite bulle, très petite à la vérité. Aussi le malade désirant. partir à Brévannes, on ne cherche pas à le retenir.

Observation XIII.

Résumé. — Tuberculose ulcéro-caséeuse unilatérale gauche. Ÿ tentatives de pneumothorax infructueuses. (Adhérences pleurales et oblitération de la canule par le sang.)

R... Benjamin, 26 ans, mécanicien.

. 1. À. — Père mort d’accident. Mère en bonne santé. 3 sœurs bien

portantes. Sa femme est morte bacillaire il y a un an. A eu 2 enfants

morts en bas âge.

A. P. — Ni alcoolisme, ni spécificité. Il a eu la rougeole étant enfant, et à 11 ans il a eu une fièvre typhoïde qui a duré 20 jours. Pas d’adénopathies, pas de lupus. ee

À 14 ans, une crise de rhumatismes articulaires aigus svignée à l'Hôpital Saint-Antoine. En 1g10, après les inondations, nouvelle crise de rhumatismes qui l'obligent à garder le lit. -

Conditions générales. — Mécanicien, il vit continuellement au grand air. Habite à l'hôtel depuis la mort de sa femme. Contamination conjugale possible.

Histoire de la maladie. — En juin 1911, alors que jusque-là il avait été bien portant, il a eu une première hémoptysie, assez légère d’ailleurs (3 crachats de sang pur). Continue à travailler. Peu de temps après il commence à tousser, à cracher et à maigrir.

En janvier 1912,nouvelle hémoptysie. La toux, l'expectoration et l’amaigrissement s’accentuent. Des sueurs nocturnes apparaissent,

En mars, 3° hémoptysie. En juin, son état s’aggravant, il entre à l'Hôpital Saint-Antoine, où il reste une quinzaine de Jours. Après sa sortie de l'hôpital nouvelle hémoptysie (un verre environ) avec fièvre. rR

Ho

Entre à l'Hôpital Laënnec, salle Chomel, le 71 Juüillet.19r2. = C'est un malade très amaigri, assez pâle. Cheveux châtain foncé, moustache beaucoup plus claire.

Ni hippocratisme, ni cam ptodactylie ; légère acroasphyxie.

On note l'existence d’une fistule malaire droite à bords violacés et décollés : il y a un an et demi environ, le malade a eu à ce niveau un abcès qui ne s’est jamais complètement cicatrisé.

Asthénie très marquée. Température, 3802. Poids, 57 k. (pesait 66 k. au régiment).

La cuti-réaction est très fortement positive (phlycténoïde).

App. circulatoire. — La pointe du cœur bat dans le 5e espace intercostal gauche. Le 2° bruit aortique ést un peu claqué. Pouls, 84°.T. A., 15-7 (Pachon).

App. digestif. — Normal.

Syst. nerveux. — Normal. :

App. génito-urinaire. — Rien aux testicules. Ni sucre, nialbumine dans les urines.

Symptômes fonctionnels respiratoires. — Toux assez fréquente, surtout la nuit. Expectoration nummulaire peu abondante, quelques bacilles dans les crachats. Dyspnée très marquée.

Symptômes physiques :

À G. En avant. — Matité. Exagération des vibrations. Gros râles sous-crépitants. Sous la clavicule, vaste caverne.

En arrière : fosse sus-épineuse. — Pot félé. Diminution des vibrations. Gros râles sous-crépitants. Gargouillements après la toux.

Fosse sous-épineuse. — Submatité. Respiration rude. Râles sous-

crépitants, A la base. — Frottements.

À D.— On note seulement quelques râles sibilants de bronchite.

Examen radioscopique (19 juillet r9r2).

L'hémithorax gauche apparaît moins transparent et moins large que le droit.

À Gauche.— Diminution de transparence intense du sommet; on ne voit ni les côtes, ni les espaces intercostaux. Au-dessous, au sein d'une masse très sombre, on note une série de petites taches claires qui sont des cavernes. Plus bas, même obscurité.Le sinus costo-diaphragmatique s’éclaire seulement dans les fortes inspirations.

A Droite. — Au-dessous de la clavicule, légère diminution de transparence homogène, Au niveau du hile et sur le trajet de la

AE

bronche droite inférieure, présence de ganglions calcifiés. Le sinus costo-diaphragmatique est élargi.

Dans l'examen postérieur, les côtes gauches paraissent plus obliques que les droites.

En position oblique antérieure droite, l’espace clair médian, un peu clair en bas, très opaque à la partie moyenne, est gris à la partie supérieure.

On se trouve donc ici en présence d’une tuberculose qui paraît être à peu près strictement unilatérale.

La.température, qui était de 382 à l'entrée, a baissé, mais oscille cependant entre 370-3702 le matin, 3708-38 le soir.

22 juillet. Première tentative de pneumothorax. — La ponction est faite sur la ligne axillaire postérieure à un travers de main sous la pointe de l’omoplate gauche. L'examen radioscopique montrait à ce niveau une zone claire. Les oscillations manométriques sont bien marquées, mais le gaz ne rentre pas. Lorsqu'on retire le trocart on le trouve rempli de sang.

28 juillet. — On fait 2 nouvelles tentatives, toutes deux iafructueuses. Chaque fois l’existence d’oscillations pleurales montre qu’on est bien dans la plèvre. Cependant, malgré une forte pression, on ne parvient pas à insuffler d'oxygène. |

Les échecs successifs sont dus, dans ce cas au moins, en partie, au sang qui obstruait le trocart. De plus, la radioscopie avait montré l'existence d’un voile général sur tout le poumon gauche et, là encore, les adhérences pleurales ont dû jouer un rôle important.

Le 26 juillet, le malade part pour Brévannes.

Observation XIV

Résumé. — Tuberculose fibreuse. Cavernes du sommet droit. Symphyse pleurale à droite. Léger ramollissement du sommet gauche. Impossibilité de faire le pneumothorax. Intervention chirurgicale.

F... Paul, 27 ans, commis voyageur.

A. H. — Parents vivants bien portants, un frère bien portant.

A. P. — Ni syphilis, ni éthylisme,

Bien portant jusqu’en 1900. À cette époque, appendicite opérée à chaud. En 1902, nouvelle crise qui nécessite une seconde interven-

tion. L’anesthésie à l’éther aurait provoqué une congestion pulmonatre. Six mois après première hémoptysie. Puis celles-ci se sont répétées fréquentes et abondantes jusqu’en 1906, époque de son service militaire.

En 1908, pleurésie gauche n’ayant jamais été ponctionnée.

En mai 1970, le malade commence à maigrir : il tousse et crache abondamment. En 1911 il fait deux séjours en Algérie. La maladie continuant à évoluer, il entre en décembre 1911 au sanatorium des Pins (Lamotte-Beuvron).

En janvier 1912, pleuro-pneumonie droite. Il est resté à La Motte- Beuvron jusqu'à l’époque de son entrée à l'hôpital Laënnec, le 15 octobre 1972.

Ce malade vient demander à M. Léon Bernard à ce qu’il essaie de créer chez lui un pneumothorax artificiel.

C'est un homme ayant un bon aspect général.

Faciès peu amaigri. P. 69 kilogr. (70 kilogr. au régiment). Il est encore assez bien musclé ; cependant, depuis 2 ans, il ne peut plus travailler. Sueurs nocturnes pas très abondantes.

On note dans la région de la fosse iliaque droite une cicatrice d'opération d’appendieite. Cette cicatrice est vicieuse, ridée, non adhérente aux plans profonds. Légère éventration.

Température 15 octobre : 3608 le matin, 3705 le soir.

Cuti-réaction positive.

App. digestif normal. Bon appétit, pas de diarrhées.

Urines normales, ni albumine, ni sucre. Rien aux testicules.

Syst. nerveux. — Réflexes patellaires légèrement exagérés.

be App. circulatoire. — Cœur normal. Pouls : 72. Température :

1408 (Pachon).

Larynæ.— Depuis 6 mois, le malade a de la laryngite et en juillet on a constaté, au sanatorium des Pins, l'existence d’une ulcération

sur la corde vocale inférieure droite.

Examen du 15 octobre. — Les deux cordes vocales sont un peu tuméfiées, surtout la droite, où il existe la trace d’une ulcération minime. Sur la gauche, présence d’une petite suffusion hémorragique. Région aryténoïdienne pâle, indemne. Commissure antérieure un peu œdématiée. Bandes ventriculaires saines. Trachée congestionnée. En somme lésions minimes.

Symplômes fonctionnels respiratoires. — Toux assez fréquente.

Eee

Expectoration abondante, nummulaire. Bacilles dans les crachats, environ 15 par champ. |

Symptômes physiques.

À G. — En avant : submatité, respiration rude dans toute la bauteur du poumon.

En arrière, dans les fosses sus et sous-épineuses. Submatité. Râles sous-crépitants discrets après la toux.

À la base, légers frottements.

A D.— En avant, dans les fosses sus et sous-claviculaires : matité, souffle caverneux. Gargouillements.

Plus bas, submatité, respiration abolie.

En arrière. — Matité de haut en bas.

Fosses sus et sous-épineuses. Souffle caverneux. Bronchophonie. Pectoriloquie aphone.

Tiers inférieur, frottements.

La voix chuchotée(signe de d’Espine)s’entend jusqu'à la cinquième vertèbre dorsale.

Examen radioscopique.— 21 septembre, docteur Maingot.

Champ pulmonaire droit. — a) Partie supérieure diminuée de transparence. Au niveau de la clavicule, tache claire à contours circulaires du diamètre d’une pièce de 2 francs (caverne).

b) Région moyenne. Moins transparente que l’homologue gauche, semée de marbrures exprimant des épaississements bronchiques.

c) Base. Diminuée de transparence. Cette diminution a les caractères suivants. La limite supérieure est courbe à concavité regardant en haut et en dedans: elle est floue.

Le maximum d'intensité du foyer d'ombre ne coïncide pas avec le sinus costo-diaphrag matique. Il est situé plus en dedans.

Les côtes droites sont légèrement plus obliques que les gauches.

Le siège, la forme des ombres de la base, la légère obliquité costale imposent l'hypothèse de symphyse pleurale, mais le maximum d'intensité des ombres en dedans et le peu d'importance des déformations thoraciques montre qu’il existe derrière les épaississements

pleuraux de très importantes modifications du parenchyme pulmopaire.

Champ pulmonaire gauche. — Bonne transparence générale avec cependant un système de marbrures surtout confluentes sur le trajet de la bronche gauche supérieure.

Bon sinus costo-diaphragmatique.

Il semble bien à peu près évident que des adhérences vont gêner la production du pneumothorax, mais le malade étant absolument décidé à ce qu’on intervienne chirurgicalement si la tentative échoue, le 17 octobre on fait une première ponction dans le troisième espace intercostal droit à un travers de doigt en dehors de la ligne mamelonnaire. Aucune oscillation. Une seconde tentative, dans le même espace intercostal, reste également infructueuse.

Malgré l'existence à la radioscopie d’une opacité très marquée de

. la base, on tente de faire une 3° ponction au niveau du 6€ espace

intercostal sur la ligne axillaire : nouvel échec.

Le malade sort le z8 octobre.

Le 11 novembre. — Intervention chirurgicale faite par le Dr Gosset.

Avant l'opération on trouve à l’auscultation des frottements dans toute la hauteur du poumon droit. Toujours rien à gauche.

Après anesthésie locale on resèque 2 côtes (8 cm. et 9 cm.) sur la ligne axillaire postérieure. L'ouverture de la plèvre donne issue à un flot de liquide séro-purulent rempli de fausses membranes gélatineuses très abondantes. On fait tousser le malade pour évacuer la plus grande quantité possible de liquide. On referme en mettant un drain. ,

Suites opératoires normales.

29 novembre. — Le malade revient dans le service ayant maigri de 10 k. en 18 jours. Toux et expectoration beaucoup plus marquées qu'avant l'opération.

L'examen radioscopique montre une opacité complète de la base. Le poumon a été refoulé en haut, et dans la zone médiane il existe une bulle gazeuse.

4 décembre. — Même aspect à la radioscopie. La plaie paraît absolument cicatrisée et M. Léon Bernard pense qu’on peut injecter de l’Az. dans la plèvre.

La première ponction faite dans le 5° espace intercostal droit sur la ligne mamelonnaire ne donne aucune oscillation manométrique, On en fait une 2° dans le 6° espace au-dessous de la première. Apparition de petites oscillations. Pression intra-pleurale initiale + 3(à l'expiration).

En 17 minutes on parvient à injecter 300 cmc. de gaz (25 d'O. et

275 d’Az.).

Pression terminale + 17 cent. d'eau.

A plusieurs reprises on a dû arrêter l’insufflation pour désobstruer la canule. Lorsqu'on retire le mandrinil est couvert de liquide séro-sanguinolent et après chaque nettoyage le gaz pénètre mieux pendant 2 ou 3 minutes. À la fin de l'opération on trouve la canule remplie de sang. Température le soir de l'insufflation 3006, alors qu'elle n’était que de 3804 la veille.

7 décembre. — L'examen radioscopique montre l'existence d’une petite bulle. L’opacité de la base persiste. La fistule qui paraissait fermée donne issue, depuis hier, à un liquide sanieux.

8 décembre. — A la radioscopie on constate l'existence d’une quantité assez considérable de liquide. Température 380 le matin, ‘39° le soir.

9 décembre. — Ponction évacuatrice. On retire 700 cmc. de liquide purée de pois. Une demi-heure après la ponction, on fait une 2° insufflation d’Az. dans le 6° espace intercostal sur la ligne mamelonnaire. En 31 minutes on injecte 600 cmc. d’Az. Pression initiale 0. Pression terminale 12.

11 décembre. — La radioscopie montre une bulle beaucoup plus grande que lors de la 11° insufflation. En même temps le niveau du : liquide a baissé. Température toujours élevée, 38-3802 le matin, 3806- 3808 le soir. :

13 décembre. — On renouvelle le pansement chaque jour : ce matin il était traversé par un liquide rougeûtre.

19 décembre. — L'état général du malade s'aggrave. Toux et expectoration toujours très marquées, Amaigrissement. Poids,58 k.500 alors qu’il pesait 59 k. 300 le 7 décembre. Température à grandes oscillations 38° le matin, 4o0r-4003 le soir. On pratique une nouvelle ponction évacuatrice, mais on ne retire que 100 cmc. d’un liquide chocolat.

21 décembre. — Nouvelle ponction (750 eme. de liquide identique au précédent, chocolat très foncé).On laisse le malade se reposer pendant une heure et on injecte 500 cmc. d'As. en 10’. Pression iniliale — 2, terminale + 10,

Depuis le retour du malade, 2 cuti-réactions ont été faites, toutes 2 négalives, alors qu'à son premier séjour elle était nettement positive.

26 décembre. — Le malade s’est réveillé baignant dans une véritable mare de liquide rougeâtre. Injection sous-cutanée, d’électrar-

gol. Température du soir 3922 alors qu’elle était de 40 les jours pré- cédents.

3o décembre. — Ponction évacuatrice (100 eme. de liquide). On

injecte 375 eme. d’Az. en 15 minutes. Pression initiale +- 2, termipale + 18.

31 décembre. — Le malade a passé une bonne nuit, mais il s’est écoulé par la fistule une quantité de liquide beaucoup plus considérable que les jours précédents. Le malade maigrit, mais ne se sent pas plus fatigué.

10 janvier. — Devant la persistance de la fièvre hectique, on place un drain à demeure dans le trajet fistuleux.

Dès le lendemain baisse de la température très nette.

Depuis cette époque le malade ne paraît pas avoir maigri. Il a meilleur appétit et jamais sa température n'a dépassé 3906 le soir.

Malgré une diminution assez considérable du liquide constatée le 17 janvier 1913 aux rayons X, l'état général du malade reste toujours précaire.

Observation XV

Résumé. — Tuberculose ulcéro-caséeuse unilatérale gauche. Adhérences ayant empêché la production d'un pneumothorax.

B... Louis, 32 ans, peintre en bâtiment. :

À. H. — Père mort dans un naufrage. Mère morte d’une tumeur abdominale. 2 frères et 1 sœur bien portants.

A. P. — On ne trouve chez lui ni syphilis ni alcoolisme. Pas de rougeole dans l'enfance, pas d’adénopathies. Pas marié, pas d’enfants.

Conditions générales. — Peintre en bâtiments, il manie consfamment la céruse, mais n'a jamais présenté d’accidents de satur-

nisme. Pas de contagion connue.

Début. — Il y a 3 ans pleurésie soignée à Nice. Depuis cette époque tousse tous les hivers. En novembre r19rr, il est entré à l'hôpital Beaujon, où il est resté 4o jours. $

Examen à l'entrée, le 3 novembre 1912, salle Louis. — Il vient à l'hôpital parce qu’il tousse, crache et a beaucoup maigri.

C’est un malade anémié, maigre, ne présentant ni hippocratisme unguéal, ni camptodactylie. Asthénie très marquée. Température 3804 le soir de l'entrée, 3708 le lendemain matin.

Cuti-réaction positive forte.

App. digestif. — Anorexie, pas de diarrhée. Foie normal.

Syst. nerveux, normal.

Urines, ne contenant ni albumine, ni sucre.

App. circulatoire. — Cœur normal. Pouls à 8/40. |

Symptômes fonctionnels respiratoires. — Toux quinteuse surtout le matin au réveil. Expectoration muco-purulente assez abondante. Bacilles nombreux dans les crachats. Points douloureux fugaces à gauche.

Symptômes physiques.

À D. — En avant. Respiration humée (type respiration supplémentaire).

En arrière dans les fosses sus et Sous-épineuses, respiration rude sans souffle.

Dans le reste du poumon, respiration humée.

À G. — En avant. Submatité. Respiration rude. Quelques craquements humides dans la fosse sous-claviculaire.

En arrière, fosse sus-épineuse, craquements humides. Souffle tucocaverneux. :

Fosse sous-épineuse, craquements humides.

Plus bas, frottements pleuraux.

Examen radioscopique (20 novembre).

L’hémithorax gauche est moins transparent que le droit. Médiastin un peu déplacé vers la gauche. Les côtes gauches sont plus obliques que les droites et il y a ossification des cartilages costaux.

Diminution de transparence de tout Le lobe supérieur gauche. Le sommet est voilé et derrière ce voile on aperçoit quelques taches circulaires claires qui semblent être de petites cavernes.

Le bord droit du cœur est rectiligne. Le sinus costo-diaphragmatique gauche est profond, mais peu transparent. Le diaphragme se déplace surtout au voisinage de la pointe du cœur.

À droite, le sinas costo-diaphragmatique est transparent.

Le diaphragme maintenu Par des adhérences se « festonne » à l'inspiration,

Dans la position oblique antérieure droite, l’espace clair médian élargi apparaît gris à sa partie inférieure.

L'examen postérieur montre au sommet gauche un aspect cavernuleux beaucoup plus net que dans l'examen antérieur.

L'état général du malade est assez bon malgré une température

qui oscille entre 3705 et 3805. Aussi nous pensons qu'il est justiciable du pneumothorax et le 20 novembre 1912 nous faisons 2 ponctions successives dans le. 5° espace intercostal gauche sur la ligne axillaire antérieure. Pas d’oscillations manométriques.

25 novembre. — Nouvelle tentative qui réussit. Pression intrapleurale initiale + 3. En 26 minutes on injecte successivement 5o cmc. d’O et 500 cmc. d’Az. On s'arrête sous une pression de + 4. Au cours de l'opération on a atteint +5, mais on n’a pas dépassé ce chiffre.

26 novembre. — L'examen radioscopique ne montre aucune trace de gaz. En un point il existe une petite clarté maisabsolument insignifiante.

27 novembre. — On fait une 4® ponction. Apparition de belles oscillations manométriques (— 10 à + 4). Cependant l’O ne rentre pas malsré une forte pression [+ 25 cent.]. La canule est absolument vide de sang lorsqu'on la retire.

On est ici en présence d’un poumon qui doit être bridé par des adhérences nombreuses et forteset les diverses tentatives faites montrent qu’il faut renoncer à l’esvoir de produire chez ce malade un pneumothorax artificiel.

Observation XVI.

Résumé. — Tuberculose fibro-caséeuse chronique du sommet droit. Pleurésie ancienne à droite. Tentative de pneumothorax. Echec dû à des adhérences.

G... 28 ans, employé de commerce.

A. H. — Père mort d’une maladie de foie. Mère en bonne santé. 1 sœur bien portante.

A. P. — Marié. Femme et enfant en bonne santé.

Rougeole dans l'enfance. Jusqu'à l’âge de 7 ans, il a eu plusieurs fluxions de poitrine. Pas de syphilis. Pas de manifestations de tuberculose osseuse ou articulaire.

Conditions générales. — Employé de commerce chezun quincaillier, il habite une maison bien aérée. — Pas de privations. Surmenage au début de 1912. Pas de contagion connue.

Le début de la maladie semble remonter à octobre 1910. Travaillant dans une cave inondée en janvier et encore humide à cette époque il a eu froid. Point de côté à droite avec quelques frissons. A

l'hôpital Beaujon, où il est allé consulter, on lui dit qu'ilaune pleuro-pneumontie. Continue à travailler.

En mars 1912. — Après avoir beaucoup travaillé et veillé tard, il maigrit, commence à avoir des sueurs la nuit en même temps qu'il se sent très fatigué. Il entre à l'hôpital Broussais dans le service du D: Bergé. Celui-ci fait le diagnostic de symphyse el épaississement pleural de la-base droite suite d’une pleurésie ancienne datant de 2 ans. Îl lui trouve en plus quelques râles sous-crépitants au sommet droit; on a fait 2 ponctions exploratrices, la 1'° a ramené un liquide citrin, la 2€ un liquide rosé.

Séjour de 19 jours à Brévannes ; à sa sortie de Broussais.

Cesse tout travail en octobre 1912.

Se sentant de plus en plus fatigué, ayant des sueurs abondantes la nuit et étant dans l'impossibilité de travailler, il se décide à entrer à l'hôpital Laënnec le 22 novembre 1912.

C'est un malade paraissant peu amaigri. Facies assez coloré. Ni hippocratisme, ni camptodactylie, ni acroasphyxie. P. 6: k. 500 (a perdu 4 k. depuis avril 1912. Température : 3703-3700.

Culi-réaction moyenne forte.

App. digestif. — Bon appétit. Foie normal.

Syst. nerveux normal.

Urines ne contenant ni sucre ni albumine.

App: circulatoire. — Cœur normal. Pouls à 80, un peu faible, mais régulier.

Symptômes fonclionnels respiratoires. — Dyspnée d'effort très marquée. Expectoration peu abondante, muco-purulente, contenant quelques bacilles. Toux peu fréquente, quelquefois émétisante.

Symptômes physiques :

À G. en avant et en arrière au sommet. Inspiration rude. Expiration prolongée.

À D. en avant, fosses sus et sous-claviculaires. — Submatité. Exagération des vibrations. Inspiration rude et prolongée. Râles sous-crépitants fins après la toux.

Plus bas. — Respiration saccadée.

En arrière, fosses sus et sous épineuses. Matité. Exagération des vibrations. Inspiration rude, quelques craquements à {a base. Sonorité normale. Quelques légers frottements.

Examen radioscopique : É

Les sinus cosio-diaphragmatiques sont clairs et profonds.

Le:

+ TM DANS. Pau! V7 L' mr rm 1»

di ? Re \ " EN

A droite. Diminution de transparence de tout le poumon, sauf à la base en arrière. Au sommet dans la diminution générale de transparence on aperçoit des taches claires (cavernes).

A gauche. Diminution de transparence homogène du sommet. Condensations péribronchiques légères de ce côté : La radioscopie montrant des sinus clairs, on a fait chez ce malade une première tentative de pneumothorax le 10 décembre 1912 dans le 5° espace intercostal droit sur la ligne mamelonnaire. Apparition de petites oscillations. En 20 minutes, sous une pression allant de +5 au début

à + 15 à la fin de l'opération, on a injecté successivement 50 cmc.

d’'O et 300 eme. d’Az. Le lendemain à la radioscopie on ne retrouve pas le gaz injecté la veille.

Une 22 tentative, faite, le 13 décembre, sur la ligne axillaire postérieure un peu au-dessous de la pointe de l’emoplate, ne donne aucune bacillation.

A la suite de la pleurésie en 1916, il a dû se faire chez ce malade un processus d’accolement plus ou moins complet des 2 feuillets pleuraux, ce qui explique qu’on ne parvienne pas à les décoller à l’heure actuelle.

Observation XVII.

Résumé. — Tuberculose pulmonaire chronique. Foyers de pleuropneumonie caséeuse secondaire. Tentative de pneumothorax. Echec.

F... Jean, 32 ans, coiffeur.

A. I. — Père mort nôn tuberculeux. Mère actuellement à Sainte- Anne. Ilest l'aîné de 4 enfants (1/4). Le dernier est mort de méningite à quelques mois.

Femme et enfant bien portants.

A. P. — Pleurésie à 2 ans. Adénopathies non suppurées en bas âge. À 18 ans rougeole. Pas de syphilis, pas d’éthylisme. Pas d’autres maladies infectieuses.

Conditions générales. — Coiffeur depuis l’âge de 18 ans. Demeure à Paris depuis 1904. Avant il habitait en Touraine. Pas de contagion connue.

Début de la maladieactuelle. — Le malade ditqu'il tousse depuis qu'il est à Paris. En mars 1910 pleurésie sèche à gauche. Amai-

grissement, perte des forces. En septembre 1912 congestion pulmonaire.

Examen à l'entrée le 27 novembre 1912, salle Louis. Malade pâle et amaigri. Système pileux normal. Ni hippocratisme ni camptodactylie. Acroasphyxie. Poids 52 k. 300. Température 380.

Cutiréaction positive moyenne.

App.digestif.— Bon appétit. Foielégèrement augmenté de volume.

App. génito-urinaire normal. Ni sucre, ni albumine dans les urines.

Syst. nerveux normal.

‘ App. circulatoire. — Cœur normal. Pouls bien frappé à 96.

Symptômes fonctionnels respiratoires. Dyspnée d’effort marquée. Expectoration mucopurulente abondante. Bacilles peu nombreux dans les crachats.

Symptômes physiques :

A D., en avant dans la fosse sus et sous-claviculaire. — Submatité vibrations normales. Craquements.

Plus bas. — Sonorité et respiration normales.

En arrière, dans la fosse sus-épineuse. — Suübmatité. Vibrations normales. Respiration soufflante. Râles sous-crépitants après la toux.

Dans le reste du poumon. — Sonorité et vibrations normales, respiration humée.

À G., en avant. — Rétraction thoracique très marquée. Matité, vibrations diminuées. Râles sous-crépitants.

En arrière fosse sus-épineuse. — Matité. Vibrations diminuées.

Râles sous-crépitants.

Dans le tiers in férieur.— Matité.Exagération des vibrations. Souffle tubaire assez intense. Gargouillements. Pas de pectoriloquieaphone. C'est en ce point que le malade aurait eu, dit-il, en septembre une congestion pulmonaire. Frottementsdans toutela hauteur du poumon.

Examen radioscopique.— Tout le champ pulmonaire droit est transparent. On y remarque quelques condensations péribronchiques.

Le champ pulmonaire gauche est diminué de transparence dans toute la hauteur. Médiastin rétracté à gauche. Le sinus costo-diaphragmatique gauche est mobile. De ce côté les côtes sont plus obliques qu’à droite,ce qui donne à penser qu’il existe une altération du parenchyme pulmonaire. Le bord gauche du cœur est rectiligne.

Le 8 décembre, une 1°° ponction est faite dans le 6e espace intercostal gauche sur la ligne axillaire postérieure. Pas d’oscillations.

Pr

AE TRE SNA Ÿ

ON ee dE A PEN A NE LR TOME ANR EE TR EN CES FETE #4 We à JA a" AAA ANT y mit

a AA —

Une seconde, faite dans le 7e espace, fait apparaître de petites oscillations. Le gaz ne pénètre que sous une pression élevée + 10 eme. d’eau et devant cette difficulté opératoire on n'’injecte au malade que 275 emc. de gaz (5o cm. d’O et 225 d’Az.). L'opération qui a duré 15 minutes s'est terminée sous une pression de + 1 1 qu'on n’a jamais dépassé pendant l’insufflation.

L'examen radioscopique pratiqué immédiatement après montre un très léger décollement.

Le 12 décembre le malade allant mieux (température plus basse, meilleur état général) et les signes d’auscultation s'étant en grande partie atténués au niveau du foyer pneumonique, on décide de ne pas faire de nouvelles tentatives.

Observation XVIJI.

Résumé. — Poussée aiguë de tuberculose unilatérale. Tentative de pneumothorax infructueuse. Refus de la malade de laisser faire un nouvel essai.

Ch... Clémence, 34 ans, blanchisseuse.

A. P. — Père en bonne santé. Mère ayant une maladie de cœur. 1 frère de 22 ans en bonne santé. 1 sœur et 2 frères morts dans l'enfance.

A. H. — Mariée. Une fillette de 9 ans 1/2 en bonne santé. Mari bien portant. Pas de syphilis, pas d'éthylisme. Pas d’adénopathies, ni d’ostéopathies. Fièvre typhoïde à 5 ans, guérie, sans complications.

Conditions générales. — Blanchisseuse, elle était employée aux machines rotatives qui servent à sécher le linge mouillé et respirait continuellement la vapeur qui se dégage de cette manipulation. Toujours exposée aux courants d'air. Privations. Pas de contagion connue.

Début. Depuis le mois d'août 1912, elle se sent oppressée. En même temps perte de l'appétit. Amaigrissement. Toux surtout nocturne. Expectoration plus abondante le matin. N'a jamais eu d’hémoptysie.

Entre à l'hôpital Laënnec, salle Piorry, le 10 septembre 1972. — Facies très amaigri, anémié. Cheveux légèrement blonds vénitien. Pas d’hippocratisme ni de camptodactylie. Température, 3902, 3808 le lendemain matin. Poids, 45 k. Asthénie très marquée. Sueurs nocturnes abondantes. Guti-réaction faiblement positive.

App. digestif. — Anorexie. Pas de diarrhée. Foie normal. Rate non perceptible.

App. génito-urinaire. — Mal réglée depuis plusieurs mois. Ni sucre, n1 albumine dans les urines. ;

Syst. nerveux. — Normal.

App. cireulatoire. — Cœur normal. Pouls, 100, régulier.

Symptômes fonctionnels respiratoires. — Dyspnée, 30 R. à la

minute. Toux quinteuse. Expectoration abondante muco-purulente. Bacilles nombreux dans les crachats.

Symptômes physiques.

À D. En avant et en arrière. — Submatité.Râles sous-crépitants après la toux.

À G. En avant. — Matité, frottements. Signes caverneux.

En arrière. Fosse sus-épineuse. — Matité. Souffle. Gargouillements dans tout le reste du poumon. Submatité et frottements.

1 novembre.—La température a baissé assez sensiblement depuis 19 jours surtout, 3705-3707 le matin, 3803-3805 le soir. Le malade semble aller mieux. Cuti-réaction positive moyenne.

8 novembre. — Examen radioscopique.

A Gauche. — Obscurité complète de toute la base. Le sinus costodiaphragmatique est invisible. Au sommet, transparence meilleure qu’à la base. Nombreuses taches sous-claviculaires (lésions calcifiées).

Le bord droit du cœur se trouve à gauche de la ligne médiane.

À Droite; — Hémithorax plus clair que normalement (emphysème). Condensations hilaires. Sinus costo-diaphragmatique large et profond,

12 novembre. — Apparition de crachats rouillés. Nouvelle ascension de la température : 3804 le matin, 39°5-6 le soir. P. 4o k.

À D. En avant et en arrière,quelques râles sibilants disséminés.

À G.Dans toute la hauteur du Poumon en avant et en arrière. — Matité. Vibrations augmentées. Râles humides aux 2 temps. Dyspnée intense.

Devant cette poussée aiguë, franchement unilatérale, M. Léon Bernard fait une tentative de Preumothorax dès le lendemain 13 novembre. Malheureusement, 2 ponctions successives faites dans le 6e et le 7° espace intercostal gauche sur la ligne axillaire postérieure ne donnent aucune oscillation manométrique.

Le 15 novembre, la malade S’oppose à ce qu'on fasse une nouvelle ponction.

Lo D de 4 A RP ICE T CRE Et + ae OC

Observation XIX.

Résumé. — Tuberculose unilatérale droite localisée. Assez bon état général. Refus de pneumothorax artificiel.

Page 1