TECHNIQUE ET CONDUITE DU PNEUMOTHORAX
PRINCIPE DE LA MÉTHODE. — La communication d’'Hérard au congrès d'Alger, en 1881, avait fortement étonné les médecins présents : « Supposons, disait l’un d’eux, que cette doctrine de Hérard fasse fortune, notre devoir ne serait-il pas, dès lors, de créer artificiellement le pneumothorax chez nos phtisiques, du côté où les lésions paraissent le plus développées? On peut mesurer les conséquences fâcheuses d’une pareille pratique,déduction rigoureuse de la doctrine du pneumothorax favorable (1). »
Ce que ces médecins considéraient alors comme une chose inconcevable, dix ans plus tard Forlanini avait l’audace de le réaliser. Pensant que l’immobilisation pulmonaire était la condition sine qua non de la guérison des lésions tuberculeuses il provoquait volontairement chez certains phtisiquesun pneumothorax artificiel. |
La méthode de Forlanint a pour but, en effet, de mettre le poumon malade au repos en injectant dans la cavité pleurale un gaz qui refoulera ce poumon : celui-ci, grâce à l’élasticité propre du tissu pulmonaire, se laisse peu à peu comprimer et finit bientôt par être complètement immobilisé. Or, si nous parvenons à obtenir une compression suffisante du poumon, nous assisterons très vite à un arrêt dans l’évolution des lé-
(1) CasraiGne, Journal médical Français, 45 juin 1912, p. 221.