‹ Étude sur le Présidial d'Orléans: 1551-1790Chapitre 10 sur 46 · ORGANISATION ET DÉVELOPPEMENT DU PRÉSIDIAL D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

ORGANISATION ET DÉVELOPPEMENT DU PRÉSIDIAL D'ORLÉANS

Section 1%. — Principaux officiers qui illustrèrent ce Siège

SAurer

Un grand nombre d'hommes remarquables, pendant le long espace de temps que dura le Présidial d'Orléans, remplirent leurs fonctions de magistrats avec la plus noble distinction. Cependant, certains noms parmi tous semblent briller d’un éclat partieulier el mériter plus spécialement les hommages de la postérité. Nous allons les passer rapidement en revue. |

Tout d’abord, il faut citer celui de Léon Tripaull, élève de Anne Dubourg, qui joua un rôle moins éclatant peut-être que celui dont il avait été le disciple, « mais dont les utiles el nombreux travaux,

ap) DEUXIÈME PARTIE, — CHAPITRE PREMIER

« dit Bimbenet (1), attestent un esprit froid et « cependant lumineux, net, attentif, patient et « pourtant actif ». Il fut avocat au Présidial d'Orléans et se fit remarquer dans l'exercice de cette profession par sa science et son talent de parole. Ces qualités attirèrent sur lui l'attention du Chancelier et il fut nommé en 1585 membre de la commission chargée de préparer « la réformation de la « Coutume d'Orléans. » — Ainsi modifiée et transformée, cette Coutume devint, avec celle de Paris, une sorte de commentaire de toutes les autres et l'un des corps du droit alors en vigueur. |

Léon Tripault voulut l'expliquer et la commenter de nouveau et réunit au Commentaire en question celui de toutes les Coutumes connues el pratiquées à celle époque dans Île ressort du bailliage el prévôté d'Orléans. Le même auteur composa encore d’autres ouvrages parmi lesquels nous devons citer avantageusement « Les Antiquilés de la ville d'Orléans » el une brochure ayant pour titre : « Joanncæ « d'Arc, puellæ aurelianensis res qgesla, imago el « Jadicium ». Enfin, il laissa un manuserit intitulé : « Histoire du siège qui ful mis devant Orléans « par les Anglais, le 13 oclobre 1428. »

Léon Tripault mourut à la fin du xvie siècle, dans l'exercice de sa profession, en laissant le souvenir d'un savant véritable, mais modeste.

(1) Histoire de l'Université de lois d'Orléans, par BimBeKeT (Eugène), greffier en chef à la Cour impériale de cette ville, — 1855, Orléans. Gatineau.

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su

Jean Robert, né à peu près à l’époque où mourul Tripault, fut tout d'abord Docteur régent de l'Université d'Orléans et devint ensuite conseiller au Présidial de cette ville. Les écrits de Cujas, qui, à ce moment, professait à Bourges, attirèrent tout particulièrement son attention, mais il ne négligea pas pour cela les productions des autres docteurs el jurisconsultes sur lesquelles il exerça sa critique. Ces derniers ajoutaient facilement aux textes des lois romaines des textes qui leur appartenaient, sans distinguer entre les uns et les autres. Jean Robert attaqua vivement cette façon d'agir et ne ménagea pas Cujas lui-même à qui 1l reprochait, dans son écrit intitulé : « Receplarum lectionum », plusieurs de ces interpolations. Cujas répondit avec violence en y ajoutant parfois de grossières injures. Il voulut, du reste, conserver le souvenir de cette lutte entre Jean Robert et lui, en réunissant dans le dixième volume de ses œuvres toutes les lettres qu'il avait reçues ou envoyées el en faisant précéder la collection d’une lettre encore plus vive adressée à Jean Robert pour lui expliquer le motif de sa publication.

Aux injures succédèrent les injures et Jean Robert, pour se défendre victorieusement, finit par reprocher à Cujas de n'être venu enseigner à Bourges que parce qu'il avait subi un triple échec dans les concours ouverts à Toulouse. La faveur du publie alla plutôt à Jean Robert qui, somme toute,

défendait les intérêts de la science et la cause de la sincérité des textes. Etienne Pasquier reconnaissait son mérite et le citait parmi les docteurs éminents de cette époque. Robert était, du reste, un vrai savant et un homme particulièrement laborieux dont s’honora à juste titre le Présidial d'Orléans. Il mourut en 1590, à l’âge de quatre-vingts ans, sans que la vieillesse eût pu jamais ralentir son ardeur combative. À

Tout le monde rendit hommage à son souvenir.

Nous avons déjà cité Etienne Pasquier. Nous pouvons ajouter Raoul Boutraye, qui, dans un poème intitulé « Aurelia », le comparait à Papinien et l'appelait la lumière de la science du droit : « Qualis erat radiosa lucerna Robertus ».

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