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A côté de Jean Robert, on peut placer Guillaume Fournier où Fornier, professeur, comme le précédent, à l'Université d'Orléans, après avoir été comme lui conseiller au Présidial de la même ville. On trouve l'éloge de ce dernier un peu partout, mais surtout dans un mémoire sur l'Université d'Orléans où il est dit (1) : « Guillaume Fournier, « docteur régent à Orléans, fils de Pierre Fournier, « procureur du roi au Châtelet de Paris, n’est pas « moins célèbre que Jean Robert. Cujas, voulant « publier un traité sur le chapitre « De verborum
(1) Tiré de la collection Guyot, l’un des docteurs régents de l'Université d'Orléans. (Bibliothèque de son petit-fils.)
ORGANISATION ET DÉVELOPPEMENT 10 significalione », après avoir lu celui que publia Guillaume Fournier, ne voulut jamais faire impri- OPA SENS MM. de Harlay, de Thou, Hurault et L'Hôpital lhonorèrent d'une très étroite amitié. : ... Ayant résigné son oflice de conseiller au Présidial d'Orléans pour vaquer plus librement à l'École, il fit imprimer trois volumes de ses leçons, qui devaient atteindre le nombre de dix. 11 fit aussi des notes sur Cassiodore et fut consulté par Henri IT sur le mariage des enfants de famille sans le consentement des pères. .... Il fit partie de la commission qui prépara la réformation de la Coutume d'Orléans. Il travailla puissamment à l'établissement de l'Aumône générale d'Orléans, dont l'administrathon et présidence furent données au corps de l'Université par lettres patentes du 15 février 1556. Il mourut à Paris où ses affaires l'avaient attiré au cours de l'année 1584.... Pasquier le met au nombre des jurisconsulles les plus célèbres de son temps ; il a fait son épilaphe en vers UNS TS Henri Fournier, fils de Guillaume, succéda à ce
dernier dans sa charge de conseiller au Présidial. C'est encore un de ceux qui illustrèrent le plus cette institution des siècles passés. Comme Léon Tripault, il voulut commenter la Coutume d'Or-
léans et son travail oblint un grand succès. I ajouta, du reste, un traité des principales Coutumes de l'Orléanais. Sa mort survint en 1617.
S IV
Après lui, nous devons citer Jacques Delalande, fils d’un conseiller à la prévôté d'Orléans, devenu lui-même, en 1633, docteur régent de l'Université et, l’année suivante, conseiller au Présidial, Mais, en 1638, il abandonna cette fonction pour s’appliquer exclusivement à l'étude et à l’enseignement de la science du droit. En 1673, le roi lui accorda le titre de vétéran dans la magistrature, quoiqu'il y fût resté un temps relativement court. Il fut nommé échevin en 1683 et maire en 1694. Son administration mérita tellement d'éloges que le peuple lui décerna Île titre de père de la patrie. Le roi d'Espagne lui-même, passant par Orléans, voulut voir Jacques Delalande et se faire présenter ses ouvrages. Après avoir pris connaissance de son Commentaire sur la Coulume, il félicita l’auteur, mais lui demanda la communication de son grand ouvrage. Ce dernier n'avait pas encore été imprimé; mais il était déjà connu. Jacques Delalande ne put que promettre au royal visiteur de lui en envoyer un prochain exemplaire. La mort le surprit bientôt après et l'empêcha de tenir sa promesse.
Jacques Delalande eut beaucoup à souffrir, comme mari, de la nature impérieuse et avare de sa femme. Aussi, dans son Commentaire de la Coulume, qualifia-t-il les personnes du sexe de «impolentis naluræ animal ». Ge fut toute la ven-
geance qu'il lira de l'épouse acariâtre et des sou-, cis cuisants qu'elle lui avait donnés.
Ses ouvrages, au nombre de huit, étaient tellement appréciés de ses contemporains qu'on n’en trouvait plus dans la circulation au commencement du xvrie siècle. Ceux qui avaient pu s'en emparer les gardaient précieusement comme un trésor caché.
Dans une étude sur le Présidial d'Orléans et les hommes qui en ont fait la gloire, 11 serait impossible d'omettre le nom de Prévost de la Jannès sans risquer de paraître ignorant et incomplet. Né à Orléans en 1676, ce magistrat célèbre, disciple et imitateur éclairé de Domat, obtint en l’année 1720 sa charge de conseiller au Présidial; mais bientôt il quitta ses fonctions judiciaires pour occuper à l'Université la chaire de droit français que le roi lui avait confiée. Son enseignement fut des plus remarquables et des plus suivis. Grâce à son énergique persévérance, il obtint que les grades universilaires fussent conférés avec plus de solennité : que l'émulation, un moment disparue, pût renaître parmi les étudiants et que l'Université d'Orléans retrouvat en conséquence une partie de l'éclat dont elle avait brillé.
« Ce restaurateur de la raison humaine dans la « jurisprudence, peut-on lire dans un ouvrage (1),
(1) Les Hommes illustres de l’Orléanais, par MM. C. BRAINNE,
J. DeBarBouILLeR, Ch. F. Laprerrg, t. II, p. 88. Librairie Gatineau, à Orléans, 1852.
.« recherchait l’origine du droit dans les préceptes « de l’équité naturelle et de la loi divine et les lois « n'étaient pour lui qu'une conséquence qu'il en « faisait découler. .... »
Prévost de la Jannès composa plusieurs ouvrages, portant principalement sur les matières du droit français. Nous devons citer :
1° Des principes de la jurisprudence française ;
20 De la nécessilé de fixer la jurisprudence par des lois qui étendent ou qui resserrent les principes du droit naturel suivant l'utilité des citoyens ;
3° De la nature des preuves ;
4 Le sistème de la jurisprudence française exposé suivant l'ordre des diverses espèces d'actions qui se poursuivent en justice;
»° Commentaires de la Coutume de Paris (annoté par son fils);
6° Traité des ordres des créanciers aux distribulions mobiliaires ;
7° Disserlalion où l’on élablit les vrais principes qui conduisent à la distinction des deux puissances spirituelle el lemporelle, à en fixer les bornes et déterminer les principes de l'appel comme d'abus.
Ces dernières œuvres manuscrites se trouvent à la Bibliothèque d'Orléans, sous les n°5 970, 971, 978$.
: Prévost de la Jannès donna, en 1740, avec Jousse et Pothier, une édilion annolée de la Coutume d'Orléans.
Il est aussi l'auteur d'un Eloge de Delalande et d'une Histoire de la vieet des ouvrages de Domai (1).
(4) Voir BIMBENET, 0p. cit, p. 882.
ORGANISATION ET DÉVELOPPEMENT 39 I mourut en 1769, laissant pour lui succéder dans sa chaire de droit français l'illustre Pothier, le pius grand et le plus savant jurisconsulte de l’époque que nous étudions.