‹ Étude sur le Présidial d'Orléans: 1551-1790Chapitre 35 sur 46 · Q IV · texte numérisé non relu

Q IV

Nous avons bien vu que, pendant plusieurs années lPémulation provoquée du fait d'un certain nombre de professeurs éminents de l'Université avait ranimé le goût pour l'étude de la jurispru- « dence et la pratique du droit: Z! s’est élevé une

« nouvelle génération, déclarait à ce propos le mé- « moire du Présidial du 13 janvier 1764, qui peut- « être ne sera point remplacée. Sans cel événement Camprvu, le siège d'une ville capitale n'aurait plus « que quatre où cinq conseillers, mais le rélablis- « sement du Présidial d'Orléans dans ces circons- « lances esl un exemple unique..... Bienlôt les « Présidiaux se verront réduits aux seuls lieu- « tenants généraux el particuliers

En somme, le plus grand nombre des charges de ces tribunaux élaient en quelque sorte casuelles, et lés autres n'étaient occupées régulièrement que parce que les titulaires ne trouvaient pas à s’en défaire.

On essaya de réagir contre cet état de choses.

En 1763, un Comité de Législation voulut s’occuper du sort des Présidiaux. Il élait composé de d'Aguesseau, Trudaine, Joly de Fleury, conseillers d'Etat, de Montaran, Taboureau, des Réaux, rapporteurs, de Montyon, maître des requêtes. Chaque Présidial devait dresser un tableau de son état par tieulier et des causes de la décadence générale et formuler les vœux qu'il croyait propres à enrayer le mal. Il y eut une proposition faite par celui de Tours pour déléguer auprès du pouvoir royal Jousse, conseiller au Présidial d'Orléans, qui devait exposer ces vœux de vive voix el défendre les intérêts communs à tous les sièges du même degré À ce

moment, ils demandaient l'ampliation de leurs pouvoirs et l'attribution de la noblesse. Devant juger des nobles, observaient-ils, leur autorité serait accrue s'ils étaient leurs égaux en titres et dislinctions.

Le choix de Jousse était heureux, car il était connu avantageusement pour ses ouvrages et son talent. I fut ratifié par un grand nombre de bailliages qui s'engagèrent à verser chacun 200 Hvres au oreffe civil d'Orléans pour couvrir les frais de la députation. Mais le vice-chancelier président du Bureau de Législation n’accepta pas la visite de la délégation, et le Présidial d'Orléans se vit dans la nécessité d'apprendre aux Compagnies cette déterminalion inattendue. 1! eslima imprudent d’ailleurs d'envoyer un député contre l'agrément du chef de la justice, tout en gardant l'espoir que des conjectures plus heureuses permettraient de faire sentir que l'intérêt publie, et celuy de la magistrature « exigeralent qu'on adhérât sans lant de lenteur et « de difficultés à ce qu'on demandait plus encore « pour l'intérêt des citoyens que pour l'utilité des « Cours présidiales. »

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