CHAPITRE Il
AUTEURS ANCIENS ET MODERNES QUI ONT ECRIT SUR LA MATIÈRE DES PRÉSIDIAUX.
Section P°. — Ouvrages antérieurs à la Révolution. Q Ie.
Le premier ouvrage qui traite de la question date du 4 mai 1592. Il à pour ütre : « De similitudine « romanorum magistraluum cum Grallorum judici-. « bus præsidialibus, quos baillivos el seneschalos « vocant ad Carolum Floccaeum lequm doctorem « perilissimum. Ogerü Widüi Tornodorensis. »
C'est une lettre de quatorze pages, à peu près sans intérêt, dans laquelle l'auteur vise à établir l'identité des baillis et des juges présidiaux avec les anciens proconsuls romains.
«— Obéissant, dit Laurain (1), à cette préoccupa-
« tion des jurisconsultes de son époque, qui fut « aussi, quoique peut-être à un moindre degré, « celle de leurs disciples, de rencontrer l'origine de « notre droit el de nos institutions dans le droit et « les institutions romaines, comme d’autres allaient « chercher à nos rois des aïeux chez les Grecs, cet «auteur compare les baillis jouissant de la prési- € dialité aux anciens proconsuls romains. — Defe-
(1) E. LAUR UN, ancien élève de l’école des Chartes « Essai sur tes Présidiaux », p. 7, chez Larose, Paris 1896. +
« rebalur vicissim ad proconsules el alios specla- « biles appellalionum cognilio, qu& a provinciarum
« præsidibus erant interposilæ »,
Quoi qu'il en soit, et pour ne pas nous attarder davantage sur un écrit qui n'a pas de valeur, nous devons fixer dès le début notre attention sur le nom de Gérault du Barrie, conseiller du roi et enquéteur au siège présidial du Querci. Il fit paraître en 1553 un ouvrage intitulé : « Loix, staluls el ordon- « nances du très chrétien roi Henri II de ce nom, « suivant les neuf Edits fait ès-mois de janvier el « mars 1551, mai, juillet, août, octobre el Janvier «15952, sur la Création, Erection et Réglements de « nouveaux conseillers-magistrats, juges criminels, « greffiers d'appeaux. et autres officiers établis ès « sièges présidiaux du Royaume de France, »
C'est une sorte de conférence comprenant 129 arücles avec des sommaires et quelques notes personnelles sur l’ensemble des dispositions contenues dans les neuf premiers édits de Henri IT sur les Présidiaux. Ces notes présentent un certain nombre d'observations générales tirées des lois romaines ou des ordonnances des rois de France, et elles ne sont pas sans intérêt. Toutefois elles n'éclairent que d’un jour assez obscur toutes les questions se raltachant à l'existence des Présidiaux.