SAN
mie générale qui se divise naturellement en anatomie végétale et en anatomie animale, Ici encore, c’est la description exacte qui est le but de la science ; la classification ne joue qu’un rôle qui peut souvent être précieux mais qui toujours reste secondaire. L’anatomie se différencie de la botanique et de la zoologie en ce que ces dernières ne décrivent les types spécifiques que pour les classer et les définir, tandis que l’anatomie, qui profite d’ailleurs des classifications botaniques et zoologiques pour organiser ses chapitres plus spéciaux et qui décrit les organes plus ou moins communs à tous les types végétaux ou animaux, ne classe que pour mieux décrire. Enfin, la connaissance anatomique est à ce point nécessaire à la science expérimentale qu'est la physiologie, qu’il est assez rare qu'on les sépare. Peut-on même les séparer ? S'il est possible de décrire un organe sans dire sa fonction, il n’est pas possible de dire sa fonction et de l'expliquer sans décrire de cette fonction. :
Toutes ces sciences de description et de classification ont ce même caractère qu’elles procurent et systématisent les idées distinctes des objets et des êtres permanents ou des êtres passagers qui s’engendrent et se répètent spécifiquement identiques. De même qu’il ne peut pas y avoir des jugements généraux explicites s’il n'existe déjà dans l’esprit des idées générales distinctes, il ne peut y avoir des sciences expérimentales que = précédées par des sciences descriptives. Sans doute, les sciences expérimentales imprègnent ensuite de leurs = explications les sciences descriptives ; ; Souvent ces deux genres de sciences se compénètrent jusqu’à se confondre dans les ne scientifiques 3 mais logiquement leur |
dl \
distinction s’impose comme la distinction des idées et des jugements, alors que toujours les idées permettent les jugements et que les jugements font se perfectionner les
idées. On ne peut donc pas ne pas reconnaître la légiti-
mité et l’utilité des sciences descriptives.
Toutes les sciences envisagées jusqu'ici correspondent à l’aphorisme, qu’il n’y a de science que de ce qui est général ou bien unique et permanent. Mais l’histoire qui ne fait que rapporter des évènements qui jamais ne se répètent identiquement est-elle aussi une science ?
Il est certain que l’histoire n’est pas une science expéri-
mentale, comme le sont la physique, la chimie ou la physiologie. II n’y a pas des lois historiques. Les évènements de l’histoire ne sont pas des faits sans cause, mais ils proviennent d’une cause libre, la volonté humaine ; ils sont incessamment variés et variables, imprévisibles en raison de Ia liberté de leur cause. S'il y avait des lois historiques, il faudrait nier la liberté de la volonté humaine ; si on nie cette liberté, à tout instant notre sentiment et les faits viennent contredire cette négation. Cependant, sous la diversité et la perpétuelle originalité des évènements, il est possible à l'intelligence de saisir le fond universel et nécessaire de la nature humaine, les déterminismes de son action, la constance de sa réaction selon les milieux économiques et sociaux. La psychologie a pu devenir une science expérimentale qui trouve et vérifie les lois de la conscience personnelle. D’autre part, la sociologie, qui fut longtemps précédée
par la connaissance empirique des prétendues lois his-
toriques, peut arriver à l’exacte détermination des lois qui commandent l’action humaine libre, mais, socialement, assez influencée et comme contrainte pour être,
Pre ae MIRE Nine sas 4 DTA je rs EE 0 aline de È R 2 EX LE Me AT ou IT e, DS. Bo prier RE OS ER ER ER M CES hé 4 Æ
dans son ensemble, prévisible. Ces deux sciences expérimentales, la psychologie et la sociologie, présupposent l'observation de certains ordres de faits : ce sont les faits historiques qui rendent possibles les recherches et les découvertes de la psychologie et de la sociologie. Contrairement à l’acception qu’il n’y aurait d'historique que ce qui est grand, notable, important, il faut appeler historique, tout évènement humain bien observé et authentiquement rapporté. En ce sens, même par sa méthode subjective d’observation, la psychologie utilise l’histoire et ne peut se faire sans elle. Quant à la sociologie, l’histoire lui est indispensable, autant qu’à la physiologie l’anatomie. Sans doute, lorsque la psychologie et la sociologie s'emparent des faits pour en faire comme leur matière, ces faits sont dépouillés de tout leur caractère individuel, ils ne sont plus que des phénomènes, des gé- < néralisations. Sans doute encore, la description et la | classification naturelle des phénomènes psychiques et sociologiques font corps avec la psychologie et avec la : sociologie. Mais, s’il existe de lhistoire la conception qui la fait être le récit curieux des faits tels qu’ils ont été vécus dans leur hétérogénéité individuelle, il faut remarquer que lhistoire tend d'elle-même toujours à la simplification et à la généralisation des faits. Pour exprimer les actions et les qualités humaines, l'historien ne peut user, avec bien plus de précision que la parole, que de termes qui sont communs. Par la division de ses chapitres, selon un ordre qui parfois n’est pas seulement chronologique, l’histoire contribue d’autre part à la classification des phénomènes de l’âme. Comme la limite entre le fait et le phénomène est imprécise et facile à franchir, l’histoire peut et doit être tenue pour la scien- :
dis blé SV its
ce descriptive des phénomènes proprement humains. Sous cette considération, l’histoire est une partie nécessaire de l’organisation de la science totale. L'objet de l'histoire s'accroît sans cesse ; il est en lui-même inépuisable. Maïs, tout fait historique d’ordre biographique est susceptible de servir la psychologie, et, s’il est d’ordre historique plus ou moins collectif, la sociologie. La science descriptive doit toujours viser à une plus grande exactitude ; à cette condition, elle mérite d’être appelée une science, même si son objet est par nature mouvant et constamment diversifié.
La science est plus que la connaissance systématisée des relations invariables de succession et de similitude trouvées par l’usage du raisonnement et de l’observation. Toute science est bien l’œuvre de la raison qui ne peut travailler que sur les expériences, mais, si l’on veut donner de la science la définition générale qui conviendra à chacune des sciences, il faut recourir à une formule plus complexe. La science est surtout l’explication du monde. Mais, on n’explique ce qui est par essence contingent, qu’en trouvant et précisant ses causes. Cette explication, par les causes des détails et par les causes de l’ensemble, est nécessairement précédée de la vision du plan général du monde. Puis, dans la mesure où elle possède progressivement cette explication, la raison fait voir à l’homme les plus sûrs moyens d’agir. La pensée accomplit, peu à peu cet effort de la vision précise et de l’exacte explication, qui jamais ne manquent de servir Paction. La principale préoccupation de la science est l'explication, mais, la science n’arrive à l'explication,
— : . est d'abord À desehptne ensuite exp tive, enfin Les SE
(a es