‹ Etude sur le Problème de la Classification des SciencesChapitre 7 sur 17 · ENT · texte numérisé non relu

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minisme des idées spécifiques, des principes invisibles et naturels. Ainsi, les corps sont et resteront étudiés simultanément par ces deux sciences expérimentales, la physique et la chimie.

La physiologie manifesta qu’elle serait une science expérimentale dès que l’on eût commencé la découverte des lois et entrevu la fécondité de la méthode de la physique. Mais, comme la science des phénomènes de la vie dépend aussi de la connaissance des lois chimiques, ce ne fut qu'après de suffisants progrès de la chimie que la physiologie a pu se constituer en une véritable science, irréductible par son objet aux autres sciences. Dans les corps des végétaux et des animaux on observe des phénomènes, toujours conditionnés par des causes qui sont physiques et chimiques, mais qui ne peuvent s’expliquer pleinement que par des causes supérieures. Dans le corps vivant, les moyens sont visiblement commandés par un but ; les phénomènes vitaux ne s’expliquent que par un ensemble de fonctions coordonnées qu’on arrive à reconnaître en considérant surtout la finalité des . organes. Ce qu’il y a de physique et de chimique dans les corps vivants est dominé, comme l'avait bien compris Claude Bernard, par l’idée directrice et créatrice de l’organisme.

Ce n’était pas une connaissance empirique aussi ancienne que l’humanité, l’expérience que tout homme a de lui-même et de ses semblables, la sagesse des nations partout exprimée dans des proverbes, qui seulement avaient précédé et préparé la psychologie expérimentale. La recommandation de Socrate à.ses disciples de fonder la recherche philosophique sur l’étude de la conscience, la nécessité où se trouvèrent les philosophes qui

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réfutaient les sophistes et les sceptiques de se livrer à de profondes réflexions sur la nature et la valeur de la raison, les travaux des grands métaphysiciens qui s’étaient prononcés au sujet de l’âme humaine, tout cet effort sur le principe et les conditions de la pensée, n’avait pas été sans avoir fait discerner, observer, décrire, classer, bien des phénomènes psychiques et trouver même des lois solidement et finement expérimentées. Ce n’est, toutefois, que depuis un temps récent, qu’on a voulu que la psychologie, adoptant et appliquant la méthode expérimentale, devint la science des seuls phénomènes de la conscience et de leurs lois. Une telle psvchologie doit être détachée et dégagée de toute théorie, de toute doctrine philosophique. Ce détachement, ce dégagement, sont-ils possibles ? Certains estiment que la psychologie et la philosophie ne pourront que s’allier toujours, comme toujours on verra s’allier la physique et la mathématique. Du reste, la psychologie peut et doit travailler sur un champ assez large qui confine, d’un côté avec la physiologie, de l’autre avec la métaphysique. N’ont-ils pas une juste raison, les psychologues qui se consacrent à étudier le conditionnement physiologique de tout phénomène psychique ; et d’autres une raison aussi juste qui ne voient la justification du déterminisme psychologique et de nettes, de satisfaisantes explications que dans l'affirmation des facultés, des principes qui n’ont rien de physiologique ni de physique ?

On a pu se demander si la sociologie, ou, pour mieux dire et selon l’expression employée par Auguste Comte, la physique sociale, a un obpet qui lui soit propre et si les phénomènes sociaux ne sont pas complètement ré-

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