‹ Étude sur le Pronostic des Pneumothorax SpontanésChapitre 9 sur 21 · II. L'ÉPANCHEMENT GAZEUX ÉTUDIÉ PAR LA PRESSION · texte numérisé non relu

II. L'ÉPANCHEMENT GAZEUX ÉTUDIÉ PAR LA PRESSION

INTRAPLEURALE.

Le premier auteur qui étudie la pression intra-pleurale dans le pneumothorax semble être Saussier. Comme nous venons de le dire, il a tenté d’expliquer l’hyperpression habituelle par la disposition valvulaire de la plaie pul-

monaire. Par la suite, la signification de la pression

pleurale fut très discutée. Béclère pense que le degré d’hyperpression est proportionnel à la gravité immédiate d’un pneumothorax. Le pneumothorax suffocant se caractériseralt pour cet auteur toujours par une énorme hyperpression. L'école lyonnaise n’admet aucun rapport entre la gravité immédiate du pneumothorax et la pression intrapleurale. Roussin, dans sa thèse de 1926, montre par plusieurs observations que la dyspnée et les troubles fonctionnels en général sont tout à fait indépendants du chiffre de la pression. Il montre des pneumothorax très bien supportés avec une pression positive très prononcée et un pneumothorax suffocant avec pression à (.

Si l’on admet la théorie de Bard, ce fait n’est pas pour nous étonner. Toute pression positive indique une perforation pulmonaire. Au moment de la production du pneumothorax, 1l y a nécessairement une hyperpression sinon par rapport à la pression atmosphérique, du moins par

rapport à la pression dans la bronche qui donne accès à la perforation. Une fois la perforation bouchée, la pression tend lentement à s’équilibrer pendant la résorption de l'épanchement gazeux.

On peut donc admettre en ce moment que la pression intra-pleurale n’a aucun rapport avec la gravité immédiate d'un pneumothorax spontané. Dans une publication récente, MM. Courcoux et J. Lereboullet sont du même avis : La pression ne paraît pas en corrélation avec l’importance du collapsus et l’intensité de la dyspnée. Des malades ayant + 6 et au-delà ne paraîssent pas plus gênés que d’autres ayant une pression aux environs de la pression atmosphérique. D’autres facteurs interviennent et, parmi ceux-ci, la suppléance du poumon opposé et le déplacement médiastinal ». Nous reviendrons sur les autres facteurs. Pour le moment, il nous semble nécessaire de montrer que la mesure de la pression intra-pleurale a une importance considérable pour le pronostic éloigné du pneumothorax. En effet, c’est cette mesure qui nous renseigne actuellement le mieux de l’état de la perforation pulmonaire. En prenant la pression pleurale à espaces répétés et successifs, on suit l’évolution de la perforation pulmonaire vers la fermeture ou vers la persistance de la fistule broncho-pleurale.

Si la pression positive persiste, sans aucune tendance vers la diminution, on peut être certain que la perforation pulmonaire est encore ouverte; si, au contraire, la pression, à des prises successives, tend vers O0 ou mieux vers la négativité, le pronostic s'améliore nettement, car il est probable que la perforation se ferme. Si la pression intra-

pleurale n’a donc qu’une importance minime au point de vue du pronostic immédiat du pneumothorax, elle semble en avoir une considérable pour l’avenir éloigné des ma-

lades. Nous avons vu dans le chapitre précédent qu'un pneumothorax fermé peut, pour ainsi dire, être considéré comme guéri, alors qu'un pneumothorax ouvert est exposé à tous les risques d’une infection tuberculeuse ou secondaire.

+ Il semble que même les auteurs qui nient l'importance de la pression pour le pronostic immédiat du pneumo-

thorax, la choisissent comme critérium pour l'évacuation

thérapeutique. Courcoux et J. Lereboullet ponctionnent quand la pression s'élève au-dessus de + 5. Ceci semble peu logique. On devrait plutôt s’en tenir aux troubles

fonctionnels qui expriment d’une facon plus directe les troubles que l'excès d’épanchement provoque. Nous y reviendrons à propos du traitement.

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