OBSERVATION IV
Personnelle, ; * (Service de M. le professeur Gayet.) Antoine G..., 62 ans, journalier, entre à la Clinique le | 81 janvier 1893, pour ptérygion interne O D et O G.. Le malade, qui est intelligent, affirme que son père, mort à 82 ans, était aveugle à la suite du développement exa-
géré de ptérygions. Un de ses frères présenterait aussi des . ptérygions.
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C’est, il y a 2 ans seulement, que le malade s'est aperçu qu'il avait «des peaux» sur l'œil, à l’occasion d’une diminution sensible et progressive de la vision. La cause occasionnelle, paraît remonter à une époque déjà lointaine: le malade, étant marin, aurait reçu des grains de poudre dans l'œil. Aux 2 angles externes, on note des pinguecula assez développés : la conjonctive possède une laxite très accusée. Chaque angle interne, est le siège d’un ptérygion celluleux, empiétant sur la cornée, sur une étendue de 3 millimètres environ.
Le 2 février, on procède à l'opération. L’œil gauche est simplement cautérisé, L'œil droit est traité par la méthode autoplastique : un lambeau est pris dans la conjonctive, audessous du ptérygion, et amené dans la plaie opératoire, où il est fixé.
Le 10 février. — Le malade sort. Lelambeau autoplastique se confond avec le reste du ptérygion, qui est rouge, tomenteux. |
2 mars 1893. — Le malade revient se faire examiner: la partie conjonctivale du ptérygion est délicate, mince, et a perdu cet aspect charnu, qui suivit l’opération. L’œil sé meut facilement, en tous sens. Sur la cornée, l’affection n’a aucune tendance à reprendre sa marche. £
13 décembre 1893. — Mêmes constatations, l'affection n’a pas progressé, et le malade est très satisfait de son opération.
Si nous comparons les résultats exprimés dans les observations qui précèdent, à ceux qui nous sont fournis par les autres modes de traitement, nous voyons que les procédés par autoplastie soutiennent dignementlacomparaison, pour ne pas dire plus, avec ceux qui s'efforcent avant tout d'enlever le mal, sans songer aux conséquences du lissu cicatriciel se développant au lieu et place de l'affection.