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p'érygion variait avec les climats. Le nombre des malades qui en sont affectés semble croître avec l’intensité des radiations solaires. On trouve partout cité le travail de Heineken, d’après lequel 1/10 des paysans et des bateliers de Madère présenteraient des ptérygions : on à incriminé, à ce sujet, les rayons d’un soleil ardent, dont les effets sur la muqueuse oculaire se font vivement sentir, les habitants du pays ayant coutume deporter des coiffures à bords très étroits.
Au surplus, les chirurgiens de l'Amérique méridionale sont là pour nous apprendre qu’il est très fréquent dans ces régions. Il semble cependant n'avoir aucune préférence pour telle ou telle race: les noirs et les blancs y sont également disposés.
On observe encore de grandes variations suivant l’âge, le sexe, les professions. |
Nos recherches à ce sujet, ont porté sur 100 observations, prises dans la Clinique, de 1881-1892, Sous le rapport de l’âge, le nombre des ptérygions croît jusqu’à 60 ans pour suivre, à partir de là, une progression descendante :
Age, Fréquence.
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Les hommes sont atteints plus souvent que les femmes, par suite des travaux pénibles auxquels ils sont assujettis. Nous trouvons dans notre relevé, 75 hommes pour 29 femmes.
Mais c’est surtout en examinairt les professions auxquelles se livrent les sujets porteurs de ptérygions, qu’on s2 rend un compte exact des notions étiologiques ci-dessus énumérées.
Les individus des classes aisées sont relativement épargnés : ou du moins, s’ils sont atteints de ptérygions, les conditions de bien-être qui les entourent, impriment à l'affection un cachet spécial, une marche lente qui coïncide, d'ordinaire, avec une gêne fonct'onnelle de peu d'importance.
Le plus fort contingent est fourni par les classes ouvrières. Au premier rang, les cultivateurs : nous en relatons 26 0/, dans notre statistique. Viennent ensuite les maçons, les tailleurs de pierre, les maréchauxferrants, les verriers, les mineurs, les bateliers : nous ne trouvons qu’un seul employé de magasin, qui, en compagnie d’un débitant de tabac, se soit égaré au milieu des malades dont nous venons de parler.
Les mêmes remarques sont applicables au sexe féminin. Sur vingt-cinq femmes, nous trouvons douze ménagères et six femmes de la campagne, se livrant aux travaux des champs.
L'œil droit paraitun peu plus souvent atteint que l'œil gauche : nous l’avons rencontré 58 fois sur cent.
L’angle interne est affecté tout particulièrement : 98 °/,. Dans 61 observations, nous ne trouvons qu’un seul plérygion : 25 ont lrait à deux ptérygions, occu-
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pant chacun un œil différent : enfin dans quatre cas, nous rencontrons deux onglets sur le même œil.
Nous rotons encore quatre cas de ptérygion double bi-latéral.
…….. Certains sujets, indépendamment des circonstances extérieures, fourniraient un terrain plus propice au développement du ptérygion. Au cours des observations que nous avons recueillies, nous avons observé deux faits où l’hérédité semblait pouvoir être invoquée. Il y a peu de temps, Guttiérez-Ponce relatait l’histoire généalogique d’une famille dont les membres étaient, pour la plupart, atteints de ptérygions.
Le ptérygion pourrait même exister au début de la vie : ce sont là des faits rares : à notre connaissance, Wardrop, Beer et Frederici sont les seuls auteurs qui aientrelaté jusqu'à présent, quelques cas de ptérygions congénitaux. Encore l’erreur a dû être fréquemment commise, vu la présence de dermoïdes siégeant à l’angle interne de l’æil et affectant à s'y méprendre la forme du ptérygion (1). Il n’est peut-être pas sans intérêt de faire remarquer, avant de terminer ces quelques notions relatives à l’étiologie, que le ptérygion se rencontre dans la série animale. On en observe assez fréquemment chez les chevaux et chez les chiens. Dünewald prétend aussi avoir souvent vu et opéré le ptérygion chez le bœuf.
(4) In Picqué. Thèse d’agrégation : Maladies congénitales du globe de l'œil. \
Pathogénie.
Nous admettons,de par ce qui précède, que le ptérygien se développe de préférence sous certains climais et que certaines professions semblent offrir à son développement un terrain de prédilection. Mais ces circonstances de lieux.et de personnes, les traumatismes et les affections oculaires antérieures, ne nous instruisent guère au point de vue pathogénique, Ce sont là des causes éloignées, prédisposantes : quelles sont les causes prochaines, immédiates de l’affection ? Quelle est la raison de la forme si caractéristique du ptérygion et de la progression incessante de l'onglet ?
Le problème a depuis longtemps exercé la sagacité des ophtalmologistes. Pour le résoudre, les uns ont fait appel aux données de l'anatomie : les autres, plus avisés, sont restés sur le domaine de la physiologie et de la clinique. D’autres, se donnant moins de peine, ont présenté comme pathogénie de l'affection les notions étiologiques dont nous avons parlé au chapitre précédent.
En 1853, M. Tavignot prétend que la position du ptérygion correspond toujours à celle d’un des quatre