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muscles droits parce que, à ce niveau, se trouvent les artères ciliaires longues et leurs anastomoses, qui sont plus fréquentes à mesure qu’elles s’approchent du bord cornéen de la sclérotique. Dans ces conditions, le ptérygion prendrait naissance à la faveur d’anomalies survenant dans la circulation de ces vaisseaux. …. Pour Théobald (Baltimore, 188$), le ptérygion est le résultat d’une hyperémie persistante de la conjonctive. Il se rencontre surtout dans la direction des muscles droits, parce que ces derniers et la conjonctive qui les recouvre, ont des rapports étroits avec un système vasculaire spécial (vaisseaux antérieurs de la conjonctive de Van Woerden). Le rôle physiologique du droit interne le rendrait enclin, plus que ses congénères, à cette hyperémie.
D’après Winther, le ptérygion devrait être rapporté à une hyperémie veineuse, consécutive à une thrombose, un rétrécissement ou une oblitération des veines ciliaires. Cet auteur affirme avoir produit cette production pathologique, en faisant la ligature de ces veines au niveau de l'insertion des muscles droits. Hippel et Storegeff ont obtenu, par le même procédé, des résultats négatifs (Abadie, Maladie des yeux, 1876 tome I, page 162). :
Délaissant ces considérations anatomiques, Arlt a émis une opinion qui a rallié la majorité des suffrages des ophtalmologistes. Le limbe scléro-cornéen, d’après cet auteur, soumis à des irritations fréquemment répétées, aux deux extrémités de son diamètre horizontal, mais surtout à l’interne, deviendrait le siège d’une ulcération; d’où, arrivée des vaisseaux,
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sous forme d'un pinceau triangulaire à base périphéri. que et attraction cicatricielle de la conjonctive. Mais cette opinion, bien qu’elle émane d’un maîtreéminent, ne nous paraît pas applicable à tous les cas, quoique M. Poncet (de Cluny) considère la théorie de « l'uleère primitif ou de l’herpès ulcère comme absolument nécessaire pour expliquer le début de l'affection ».
Nous nous étonnons, à juste litre, de constater un exclusivisme aussi absolu, au sujet d'une question si controversée.
D'ailleurs « l’observation n’a pas confirmé l’opinion de Arlt et, le plus ordinairement, le ptérygion se développe en dehors de tout ulcère cornéen » (Delens, in
Traité de Chirurgie).
Au surplus, la théorie de Arlt est incomplète : elle ne nous donne pas la raison de la marche de l’onglet vers le centre et de l’extension du ptérygion vers la caroncule.
Il est vrai que M. Poncet complète le travail du chirurgien de Vienne en invoquant, dans la partie de la conjonctive qui forme le ptérygion, la présence de vibrions parasitaires « seuls agents de la marche lente de l'onglet ».
D’autres observateurs, non moins autorisés, rapportent au pingueculum la formation du ptérygion. C'est l'opinion de Horner et de son élève Mannhardt.
Füchs, dans un récent travail, part des mêmes principes et fait dériver, cliniquement, le ptérygion du pingueculum sans pouvoir, cependant, mettre clairement en évidence le lien qui les unit au point de vue anatomo-pathologique.
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Gallenga, à l'appui de celte théorie, dit avoir remar-qué, sur quelques pingucula, une cavité revètue d'épithélium pavimenteux, communiquant, par un canal, avec la surface libre de la conjonctive : en se souvenant de l'opinion de Horner, il croit que cette cavité peut expliquer la formation du pont du ptérygion.
Telles sont les idées qui ont été successivement émises sur la question : en possession de ces données, nous pourrons exposer plus librement nos opinions sur le même sujet : et sans vouloir, comme M. Poncet, faire partager nos vues d'une façon absolue, nous essayerons de démontrer que, dans la majorité des . cas, la théorie que nous élayons est conforme aux données fournies par l'observation, la clinique et l’expérimentation.
Pour que nul n’en ignore, disons, tout d’abord, que les considérations qui vont suivre ont trait seulement aux ptérygions développés aux extrémités du diamètre horizontal de la cornée; les autres ptérygions, très rares, peuvent être considérés comme des quantités négligeables : ils présentent « eu outre des particularités qui les rendent de nature un peu douteuse ». (Gayet). |
D'autre part, à l'exemple de Fùchs, nous laisserons de côté le pseudo-ptérygion : ce dernier, que nous sommes habitué à observer de temps en temps, consécutivement à des blessures ou à des ulcères de la cornée, est dû, bien évidemment, à une adhérence établie entre la conjonctive et la cornée, celle-ci tirant l’autre. Sa pathogénie, comme ses caractères cliniques,
ne le rapprochent en rien du ptérygion typique dont nous allons maintenant aborder l'étude.
Chez les personnes âgées, comme l’a fait remarquer Bord, dans le mouvement d’occlusion des paupières, on assiste facilement à la production d'un pli dirigé suivant la ligne de conjonction de celles-ci, de chaque côlé de la cornée : ce qui s'explique, tout naturellement, par une laxité plus grande de la muqueuse conjonctivale, en rapport avec la disparition progressive du tissu aréolaire sous-muqueux, survenue avec les progrès de l’âge.
Nous avons pris soin d'examiner, à ce sujet, dans les divers services de l’Hôtel-Dieu, un grand nombre de vieillards, et nous avons pu nous rendre compte que, très souvent, non seulement nous déterminions facilement la production d’un pli en fermant les paupières, mais encore, surtout à l’angle interne, nous avons pu constater la présence d’un pli naturel, et non plus produit artificiellement, s'étendant de la caroncule à la cornée. Cette bride, d'aspect jaunâtre, se tendait lorsque l’œil se déviait en dehors : c'était un tissu résistant, scléreux, une véritable cicatrice. Dans d’autres cas, un pli était déjà plus ou moins esquissé, soit au-dessus, soit au-dessous de cette ligne directrice, si bien que, par une série d'observations, on pouvait remarquer tous les intermédiaires jusqu’à la formation du ptérygion complètement développé.
Il semble donc que cette ligne cicatricielle dont le siège est en rapport avec les mouvements des paupières, ait une influence sur la production de l'affection. Mais comment expliquer sa formation chez l'adulte?
Un fait facile à constater lout d’abord, c’est la vascularisation plus grande, de la partie de la conjonctive correspondant à l'angle interne. D'autre part, comme M. Bitot, l’a fait judicieusement remarquer pour expliquer la production du pingueculum, les paupières exercent à la surface de la conjonctive un véritable nettoyage : elles brassent incessamment Ja conjonctive vers leur point de rencontre : les corps étrangers, les débris épithéliaux, les leucocytes extravasés, toujours en quête de besogne, sont dirigés vers cette ligne, de préférence vers l'angle interne, suivantle course naturel des larmes: quoi d'étonnant à ce que, sous cette intiuence, la conjonctive s’enflamme partiellement : d’où découle naturellement, la formation de la bride cicatricielle dont nous avons parlé ci-dessus. |
À lappui de ce mode de formation de la bride cicatricielle, sous l'influence des mouvements des pau- Pières, nous pouvons invoquer l’analomie comparée. Nous ne partageons pas l’opinion de Bond, prétendant que le ptérygion n'existe pas chez les animaux possédant une troisième paupière : cette assertion ne tient pas devant la constatation des faits: le cheval et le bœuf présentent en effet cette affection et nous ne sa- chions pas, cependant, qu’ils soient dépourvus de troisièmé paupière.
Mais on peut tirer de cet avis trop absolu une part de vérité: le ptérygion est relativement rare dans la série animale; le corps clignotant, en effet, chargé de débarrasser le globe des corps qui pourraient le léser, se meut suivant une direction opposée à celle des paupières. Il contrebalance donc ce massage vertical dont
nous avons parlé en effectuant une sorte de massage horizontal, toutes choses qui empêchent l’irritation de la Conjonctive suivant la ligne horizontale.
On sait, de plus, qu'il existe constamment un rapport inverse entre le développement du corps clignotant et la facilité qu'ont les animaux de se gratterl’œil avec le membre antérieur : à rapprocher de ce fait que la fréquence du ptérygion va en croissant du bœuf et du cheval au chien, jusqu’à l’homme, comme le corps clignotant, très développé chez le premier, diminue chez le second pour être chez l’homme à l’état rudimentaire.
Ces quelques considérations nous montrent que le ptérygion, et, par suite, la bride résistante que nous considérons comme son point de départ, est d'autant plus fréquent que les paupières sont plus libres d’exercer sur la cornée leur brassage perpétuel.
Quoi qu'il en soit, la bride cicatricielle est formée!
Que va-t-il arriver?
Cette disposition « suffit pour changer les rapports entre le globe et la conjonctive, dans leurs mouvements réciproques ». « Essayons », avec M. le professeur Gayet, « de bien comprendre ce changement en nous faisant d’abord une juste idée du glissement conjonctival sur l'œil, lors des mouvements de ce dernier »,
« L'union intime de la muqueuse au pourtour de la cornée fait que la première est entraînée dans tous les mouvements du globe d'une quantité égale à l’étendue de ces mouvements, et, pour se prêter à cet
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