‹ Étude sur le rein des urinairesChapitre 3 sur 39 · I. — Néphrites non infectieuses chez l'homme · texte numérisé non relu

I. — Néphrites non infectieuses chez l'homme

Nous ne trouvons dans les auteurs aucune indication précise se rapportant à cette variété de lésions rénales. Seule une observation de compression de l'uretère par un cancer de l'utérus, publiée par MM. Cornil et Brault, présente des analogies.

Ces néphrites méritent bien la qualification de néphrites ascendantes, car elles reconnaissent pour cause un obstacle au cours de l'urine. Presque toujours l'obstacle, qu'il siège dans l'uretère, la vessie, la prostate ou l'urètre, rendra difficile le libre écoulement des urines. Ce sont les cas ordinaires et la lésion rénale est double. Plus rarement un uretère est complètement oblitéré ; la vie ne serait pas possible si la lésion était bilatérale.

Un urinaire quelconque, à condition d'être aseptique, peut présenter une néphrite non infectieuse. La réplétion vésicale, tout en ne forçant pas l'embouchure des uretères, cas le plus ordinaire, empêche l'arrivée de l'urine rénale : il s'ensuit la dilatation des voies excrétoires supérieures et la dilatation des tubes urinifères. Un jour viendra où les micro-organismes contenus dans l'urètre, ou ceux qui sont apportés par les instruments, trouveront dans cette stase un

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milieu de culture approprié à leurs aptitudes vitales. C'est qu'en effet, dans cette vessie mal vidée, il se passe des modifications importantes : la vitalité des parois de l'organe est modifiée, l'urine elle-même contient des déchets organiques, mucus, cellules épithéliales desquamées, cylindres rénaux, qui en modifient la composition normale.

Ces deux périodes aseptique et septique sont presque fatales chez les vieux urinaires : elles répondent en clinique aux périodes de polyurie limpide et de polyurie trouble établies par MM. Guyon et Bazy ; mais il ne suffit pas de constater la limpidité des urines pour qualifier la lésion ascendante d'aseptique. Il faut en outre faire l'examen bactériologique en s'entourant des précautions nécessaires. C'est ainsi que sur un nombre très considérable d'urines recueillies chez nos malades, nous n'avons constaté que deux fois l'absence complète de micro-organismes.

Ces malades ne souffrent pas de leurs lésions rénales et ils ne viennent consulter que pour des accidents surajoutés qui empêchent l'observation rigoureuse. Il nous est impossible aujourd'hui d'établir la symptomatologie des malades présentant la simple dilatation aseptique.

Dans une autre série de faits il y a interruption absolue dans l'écoulement de l'urine : un uretère se trouve oblitéré.

Chez les malades dits urinaires les oblitérations complètement aseptiques sont très rares. Nous en avons observé deux cas chez des malades atteints de néoplasmes de la vessie, oblitérant dès le début l'embouchure d'un uretère; on pourrait encore voir des lésions semblables lors de calculs rénaux primitifs engagés dans l'uretère, ou bien dans les cas d'hydronéphrose aiguë par coudure d'un uretère sain.

Il faut, pour que la lésion soit déclarée aseptique, l'absence, dûnient constatée, de microbes dans le liquide con-

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tenu au-dessus du point oblitéré et dans le parenchyme du rein. Il faut encore que rien n'indique que des microbes, détruits au moment de l'examen, ont existé autrefois. Ces conditions sont loin d'être remplies par la très grande majorité des hydronéphroses observées. Nous venons d'étudier un malade très instructif à cet égard. A la suite d'une oblitération de l'uretère droit, due très probablement à un calcul engagé, on constatait une grosse tumeur rénale fluctuante; M. Guyon pratique, le 26 janvier 1889, la néphrotomie, et il s'écoule une très grande quantité de liquide clair, recueilli au moment de l'incision ; je trouve dans les lamelles colorées quelques globules de pus sans pouvoir distinguer de micro-organismes, et les cultures faites avec le liquide restent stériles. Il ne s'agit pourtant pas d'une oblitération aseptique vraie, car les leucocytes témoignent de l'existence passée de microbes pyogènes.

En clinique, la forme oblitérante aseptique présente le cadre symptomatique de l'hydronéphrose ; on pourra la diagnostiquer au début lorsque le rein est gros; mais plus tard, lorsque ce rein ratatiné présente le volume d'une mandarine ou même moins, c'est à peine si la lésion pourra être soupçonnée. En tout cas, on ne pourra jamais dire, à moins de pratiquer une ponction, si l'urine retenue contient ou non des microbes.

Dans les deux cas que nous avons étudiés, le rein était réduit à un petit volume (poids de 38 et40 grammes), tandis que le rein du côté opposé présentait les lésions ordinaires de la néphrite suppurée sur un rein anciennement sclérosé. L'étude soigneuse de nos malades n'avait pas pu faire supposer, pendant la vie, la suppression fonctionnelle d'un rein.

Anatomie pathologique. — Chez l'homme nous n'avons pu étudier que les lésions produites par l'oblitération

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