OO NEPHRITES NON" INFECTIEUSES CHEZ I- HOMME
complète des uretères et cela dans une période avancée de leur évolution. Mais les lésions observées dans ces cas se superposent si bien à celles produites expérimentalement par la ligature aseptique, qu'on peut, qu'on doit conclure, pour ce qui n'a pas été vu sur l'homme, en se fondant sur ce que l'expérimentation démontre.
Au début, ces reins sont gros par augmentation du volume du parenchyme, en dehors de la dilatation du bassinet. Cette augmentation de volume est due à l'œdème, comme MM. Cornil et Brault l'ont vu dans le cas déjà cité. Plus tard, la pâleur initiale du rein augmente, il devient globuleux et la capsule s'amincit. Le bassinet et les calices dilatés, à parois amincies, forment des poches au fond desquelles on trouve les papilles de plus en plus effacées; à la coupe, le rein, de couleur rosée, devient un peu plus ferme. Plus tard encore, le rein diminue de volume, nous l'avons vu descendre au poids de trente-huit grammes, et il paraît même moins gros que le bassinet rempli de liquide. La capsule est mince ou doublée d'un peu de graisse toujours facile à détacher du rein. La surface de l'organe est lisse, de couleur rosée, on peut y voir un ou deux petits kystes transparents.
A la coupe, le tissu rénal est assez ferme et se trouve réduit à une épaisseur variable suivant les points, mais toujours moindre vers la partie médiane (3 millimètres, Observation I). On distingue assez bien les deux substances et on constate que la substance corticale se prolonge en languettes amincies bien au delà de la pointe émoussée des pyramides. Celles-ci présentent une hauteur diminuée de . la moitié ou des deux tiers et cela proportionnellement au volume du rein ; leur pointe est remplacée par une dépression; l'area eribora qu'on aperçoit au fond des calices est irrégulier.
L'uretère, le bassinet et les calices sont largement dilatés
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par le liquide qu'on aperçoit par transparence à travers leurs parois amincies. Leur surface interne est lisse, brillante et polie.
Le liquide contenu est de réaction acide et de couleur très claire. Il contient une petite quantité d'urée, un peu d'albumine et ne présente pas d'éléments cellulaires.
L'étude histologique des reins des animaux en expérience montre qu'il s'agit, dans un premier stade, d'une dilatation commençant par les glomérules, dont le paquet vasculaire est refoulé, pour gagner ensuite tous les canaux du rein ; les épithéliums s'atrophient, s'aplatissent et prennent la forme cubique indifférente, tandis que le tissu conjonctif, infiltré de liquides, ne subit aucune autre modification.
Dans une deuxième phase, que nous décrivons d'après nos malades, on voit que tous les éléments du rein sont tassés, rapprochés les uns des autres. Dans la substance corticale, on voit quelques glomérules dilatés par un liquide clair ou d'apparence muqueuse, le paquet vasculaire est refoulé. D'autres corpuscules de Malpighi sont plus petits qu'à l'état normal, leur capsule, un peu épaissie et feuilletée, s'applique étroitement contre le bouquet vasculaire, riche en noyaux interstitiels, et on distingue bien l'endothélium capsulaire. Plus tard, le paquet vasculaire n'est plus visible, les cellules conjonctives interstitielles deviennent fusiformes, l'endothélium capsulaire subit des modifications analogues, et peu à peu le glomérule dans son ensemble disparaît, confondu dans le tissu conjonctif qui l'entoure. On ne voit pas ici, comme dans l'oblitération septique, des blocs fibreux représentant les glomérules. Les tubes droits des pyramides de Ferrein sont conservés en partie, mais largement dilatés ; leur épithélium est aplati, nucléaire ou cubique, leur paroi légèrement épaissie. Dans le labyrinthe, on ne voit plus que de rares tubes contournés, variables