II. INDICATIF PRÉSENT (l
Dans la 1”, la 2 e et la 3* conjugaison, ce temps n’offre rien de remarquable ; toutes les personnes se conforment à la règle de la persistance :
àmo-aime. débeo-dois. dôrmio-dore.
àmas-aimes. débes-dois. dormis-dors.
àmat-aimp. débet-doit. dôrmit-dort.
amàmus-aimons. debémus-devons. dormimus-dormons.
amàtis-aimez. debétis-devez. dormitis-dormez.
àmant-aiment. débent-doivent. dormiunt-donnent.
La troisième conjugaison offre en latin cette particularité que seule elle a à ce temps la l re et la 2 e pers. du pluriel fortes : crédimus, créditis. Le français s’est écarté ici du latin ; il a affaibli ces deux personnes pour les rendre semblables aux autres ; il a dit : croyons, croyez, lisons, lisez. Les seules exceptions sont, dans la langue actuelle, les deux mots dites et faites , dicitis, fàcitis, qui n’ont jamais été accentués sur la terminaison (2). L’ancienne
(1) M. Diez et, d’après lui, MM. Weil et Benloew, disent qu’en français l’accant placé sur l’antépénullième à l’indicatif présent avance d’une syllabe ; ils citent des verbes comme imagine, fabrique, récite. Ces mots sont modernes, et l’ancienne langue ne déplaçait nullement l’accent dans ce cas ; elle disait couche, comble, (orge, de colloco, cùmulo, fàbrico.
(2) Dans certains composés de dire on accentue la terminaison à cette personne : vous prédises.
langue avait de plus les premières personnes de ces mêmes verbes, dûmes et f aimes :
Si ’n dîmes Pâter Nôster. Alexis, str. 125.
Alons au roi et si li dimes. — Tristan, I, p. 31.
Dient païen : Desfaimes la meslée. — Roi., str. xxxm (1).
Kar pur estreit busuin e pur poür de mort le faimes.— Rois, p. 83.
Mais tut tensengenver femes l’an cumencer.— Phil. de Thaün, Creatur., v. 858. Adde Benoit, passim.