‹ Étude sur le rôle de l'accent latinChapitre 22 sur 39 · XIII. PARTICIPE passé · texte numérisé non relu

XIII. PARTICIPE passé

Le part. fém. de la l re conjugaison se trouve souvent sous la forme ie, qu’il ne faut pas écrire iè comme on l’a fait souvent ; c’est T* qui a l’accent et qui compte à la rime.

Les participes passés qui étaient forts en latin ont conservé la forme forte dans les premiers temps de la langue ; plus tard, la forme u, venue probablement, comme le pense M. Diez , de participes comme imbutus, indutus, etc., s’est appliquée à ces participes, et presque tous ceux de la 2 e et de la 3' conjugaison l’ont reçue. Mais la faculté qu’ont les langues romanes de former des substantifs avec les participes passés, surtout avec le féminin (1), faculté dont le français a usé de très-bonne heure, nous a conservé sous cette forme beaucoup d’anciens participes forts,

(1) Cette faculté s'exerce aussi bien sur les participes faibles que sur les forts; par exemple : chevauchée, déconvenue, vue, etc.

dont les uns sont depuis longtemps hors d’usage, et dont les autres ne nous sont parvenus dans aucun texte. Voici une liste de ces substantifs, intéressants pour l’histoire de l’accent, dont ils démontrent la puissance au temps de la formation de la langue ; elle est sans doute loin d'être complète, mais elle comprend tous ceux que j’ai pu réunir.

Première conjugaison : Exploit, emplette, de explicitum, implicita. Ces deux participes ont péri par la suite et ont été remplacés par esployé, employé. Deuxième conjugaison : Bette, tonte, meute émeute, semonse ou semonce (1), mors (2), réponse.

Troisième conjugaison : Recette, quête conquête requête enquête, fonte refonte, ponte, chute, perte, vente, pente soupente, rente, tente attente détente entente (3), fente, défense offense, route déroute (4), soute (5), voûte (6), faute, maltâte, source (7) ressource , trait retrait portrait traite , boite ou bette (8), entorse, course, secousse (9) rescousse, pointe.

(1) Semons n’est pas rare au moyen âge, surtout dans les ouvrages de droit.

(2) Mors participe, encore dans Marot :

Adono rcapondi l’espousée :

Je ne voua ai paa mors aussi.

(3) Tente voulait dire aussi action de tendre, avec le sens abstrait qu'ont très-souvent ces substantifs (voy. Tristan, I, p. 137). Une autre forme du même mot est toise.

(4) Rout, ruplus, se trouve souvent dans les chansons de geste.

(5) Sous, Tristan, I, p. 16. Remarquez que ce part, du verbe saure, solvere, n’est pas fort en latin.

(6) Du mot t> oldre ou voudre, volvere (Rois, p. 54, 187). Are vols se trouve souvent.

(7) Sorse comme participe, Tristan, I, p. 54.

(8) On dit que le vin est dans sa boite ou dans sa belle quand il est à point pour être bu. Cf. Rabelais, 1. I, c. 5 : « Par ma foy, commère, je ne puis entrer en bette. »

(9) Escorre et rescorre se trouvent souvent ; escous, part, de escort e, se trouve au XV e siècle (Diez, II, 227).

Quatrième conjugaison : Honte, dessert desserte ( 1), couvert découverte.

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