I. SUFFIXES ACCENTUÉS EN LATIN
Anto , ento : ante , ente. Canto-chante ; augmentoaugmente.
Asco : ais; ascere, aistre, estre. Nascere-naistre , pascere-paistre , irascere-ir estre.
Ne te dois pas vers lui ir estre.— Brut, v. 2835.
Com pucele se doit irestre. — Piramus, v. 697.
Esco, isco : is; escere, iscere; oître, aître, être.
Sur le mélange des formes inchoatives en esco, isco, avec les formes simples , et sur l’infinitif en tr, voy. chap. II.
Crescere-croistre , parescere-par aistre.
Uco. Manduco-mange.
C’est une faute d’accentuation qui a été peut-être déterminée par l’analogie des verbes en ico , comme jüdico-juge, rûmico-ronge, etc. L’italien , le portugais et le provençal commettent la même faute (voy. Diez, Etym. Wôrt., s. v.). Au reste, il n’est pas rare dans les textes très -anciens de trouver des formes régulièrement accentuées : manjuce , mangue :
Que il manjucent les meies carns. — Ps. Oxf., xxvi , 3.
E li juste manjucent e esledecent en l'esguardenient de Deu. — Ps. Oxf., lxyii, 3.
Rurquei ne manjuesf — Rois, p. 3.
Tis peres ad défendu que nuis ne nuijuce devant le vespre. — Rois, p. 49.
Manjue le , si feras bien. — Adam , p. 10.
Si tu le mangvës , que fras?— Adam, p. 23.
Illo-èle, et non ille, comme le dit M. de Chevallet. De là ventèle , et non pas de ventilo , qui n’aurait pu donner que ventle.