V. 143Î et suiv
Or il est bien difficile d’admettre qu’il ait voulu faire des vers de seize syllabes : ce sont donc là des vers de huit syllabes, et ce fait doit amener à regarder aussi les premiers comme des vers de six syllabes.
Quoi qu’il en soit, notre versification n’a adopté que la rime d’un vers à l’autre (1) ; mais cette rime elle-même peut s’appliquer de deux manières différentes : 1° on peut faire rimer ensemble un nombre indéterminé de vers ; 2° on peut fixer le nombre des vers qui auront la même rime.
Le premier système est celui de la poésie épique populaire au moyen âge : les poëmes sur Boèce et sur Alexandre et la chanson de Roland nous en offrent les plus anciens exemples. On a émis l’opinion que les poëmes primitifs, beaucoup plus courts que ceux qui nous ont été conservés, n’avaient qu’une rime pour toute leur étendue : on ne peut guère citer à l’appui le traité didactique de Pierre de Corbiac , qui n’a rien de populaire ; mais le poëme de Garin le Loherain semble en offrir des traces ; les vers en i sont de beaucoup les plus nombreux ; eux seuls forment les longues tirades, et celles qui riment autrement paraissent avoir été ajoutées après coup pour introduire quelque variété dans cette monotonie devenue très-sensible dans un ouvrage aussi long.
Il est plus certain que l’assonance masculine prédomina dans les premiers temps de cette versification ; à l’exception des deux premiers vers et du demi-vers de la fin, la
(t) Je ne parle paa ici des misérables jeux de rimes de3 versiScateurs du XV e siècle, rime couronnée, rime batelée, etc.
Cantilène de sainte Eulalie n’en offre pas d’autre ; le fragment sur Alexandre est tout entier en rimes masculines ; les plus vieilles romances épiques offrent la même particularité (1) ; et Garin le Loherain est dans le même cas : sur les dix mille vers dont il se compose, il n’y en a que quarante-sept qui aient des assonances féminines, et les cinq petites tirades qu’ils forment portent le caractère d’interpolations évidentes (2). Mais de très-bonne heure on mélangea au hasard les deux espèces de rimes : la chanson de saint Alexis et la chanson de Roland offrent déjà ce mélange. On sait qu’au XIII* siècle Adenès le Roi essaya de faire alterner les tirades masculines et les tirades féminines ; Audefroy le Bastard n’a employé dans quelques romances que la rime féminine ; mais ces exercices de versification furent sans résultat. La tirade monorime prit fin au XV e siècle, où elle fut définitivement remplacée d’un côté par la rime plate, de l’autre par les couplets.
La rime plate est aussi ancienne que la tirade mono- • rime ; c’est même la plus ancienne qui se présente à nous, puisque c'est celle de la Cantilène de sainte Eulalie ; elle ne doit cependant pas être populaire. Les plus anciens monuments qui nous l’offrent sont des ouvrages à moitié savants. Dans saint Alexis, la rime porte sur cinq vers consécutifs, et le sens s’arrête toujours au bout des cinq vers : ce sont donc des strophes monorimes. Cette forme est aussi celle de l’Épître farcie pour le jour de saint Étienne (3), et plus tard de la Vie de saint Thomas de
(1) Bele Yolaos, Oriolans, les Fraucs de France.
(2) Voy. Garin, 1. 1, p. 90, 93, 96, 176; t. II, p. 186. Dans la Mort de Garin, sur 5000 vers il n’y en a que 60 qui aient une assonance féminine, divisée en deux couplets, p. 82 et 98.
(3) Voy. le Jahrbueh für romanische Literaiur de M. Ebert, 1862.
Canterbury, par Garnier de Pont Sainte-Maxence, et de beaucoup de romances épiques. La rime double ou plate a été employée par Philippe de Thaün. Le drame d’Adam, qui est sans doute du commencement du XII* siècle, emploie la même rime pour quatre vers de suite, mais avec enjambement du sens, ce qui fait que ce ne sont pas des quatrains ; cette forme se retrouve fréquemment dans les plus anciennes productions dramatiques qui nous restent. La véritable strophe monorime de quatre vers est d’ailleurs ancienne : on la rencontre dans plusieurs romances épiques ; elle fut très-employée au XIII* et surtout au XIV* siècle.
La rime plate ne se rencontre, sauf dans la Cantilène de sainte Eulalie, que dans de petits vers, jusqu'au XIV* siècle. Le poëme de Girartde Roussillon, qui paraît avoir été composé vers 1315, est le premier qui l’appliqua aux alexandrins; elle n’arriva à être reconnue comme forme héroïque que vers la fin du XVI e siècle, et c’est à peu près à la même époque qu’elle fut soumise à la règle de l'alternative des rimes féminines et masculines.
La rime peut ne pas affecter les vers qui se suivent immédiatement, mais en franchir un ou plusieurs ; dans ce cas elle est susceptible de deux applications : son retour est périodique, ou il ne l’est pas. Le premier système conduit à former des couplets ou strophes, c’est-à-dire des combinaisons de diverses rimes placées dans un ordre déterminé. Le moyen âge eut des couplets sans doute de trèsbonne heure : car les premiers qu’on rencontre, ceux du troubadour le plus ancien , Guilhem IX, comte de Poitiers, offrent une forme qui correspond parfaitement à celle de plusieurs couplets conservés de chansons populaires; ce couplet était donc populaire au XI* siècle, et Guilhem de
Poitiers l’employa sans l’inventer (1). Le couplet fut trèsperfectionné par les chansonniers du XIII e siècle, imitateurs des troubadours qui lui avaient donné une infinité de formes. L’étude de la métrique de nos trouvères et des divers rhythmes qu’ils employèrent, ainsi que de ceux des chansons populaires, serait intéressante et curieuse ; mais elle demande beaucoup trop de développements pour que je puisse même l’effleurer ici. Au XIV e siècle, le couplet se présente sous les deux formes de la ballade et du rondeau (ou plutôt triolet), qui dominent aussi au XV* et dans la première moitié du XVI e siècle ; il subit une transformation complète et reçoit des formes toutes nouvelles dans l’école de Ronsard.
Les vers faits dans le second système sont désignés sous le nom de vers libres ; tels sont ceux de La Fontaine : il n’y en a pas d’exemple au moyen âge.
Les proclitiques en e muet et les enclitiques ont été traitées dans la versification française assez diversement aux diverses époques.
La chanson de saint Alexis élide au besoin les monosyllabes me, te, le, se, de, même devant une consonne ; elle les écrit dans ce cas m, t, l, s, d.
Pur que m’ vodoies desirrer à mûrir. — Str. 83.
Ains que <’ vrdisse si ’n fui mult desirruse ;
Quand jo 1’ vid ned si ’n fui lede. e goiuse. — Str. 92.
E pur l’onor dont ne s' volt ancumbrer. — Str. T7.
Tu d' tun seinur, e jo V frai pur mun filz. — Str. 31.
Je n’est jamais susceptible de cette perte de l’accent ; au contraire, le sien est souvent assez renforcé pour lui permettre d’être à la césure ou à la fin du vers :
Ço ne sai jo cum longes i converset. — Str. 17.
(1) Voy. Diez, AUrom. Sprachdenkmale, p. 121 et suiv.
Les plus anciennes chansons de geste , entre autres la chanson de Roland, traitent ces proclitiques exactement de même ; mais, au XIII e siècle au plus tard, ces élisions ne furent plus permises.
La chanson de saint Alexis fond ensemble certains monosyllabes , qui prennent alors un seul accent pour eux deux ; elle dit par exemple nés pour ne les, des pour de les, na pour ne la, luin pour lui en, sin pour si en, sist pour si est. Nés est resté employé dans beaucoup de vers du moyen âge, ainsi que jes et ses pour je les , se les, ques pour que les ; des est resté dans la langue, ainsi que du, au, aux, pour de le, à le, à les, tandis que nou ( ne le), jou (je le), ou (en le) et autres, ont disparu.
Tent une cartre, mais na li puis tolir. — Alexis, str. 71.
Se lui’n remaint, si l’rent as poverins. — Str. 20.
Ains que t’vedisse si ’n fui mult desirruso. — Str. 92.
Ta lasse medre si la réconfortasses ,
Ki si'sl dolente ; cher fila, bor i alassas. — Str. 90.
C’est par un usage analogue que où il, où elle, sont souvent comptés pour monosyllabes dans les très-anciens poètes :
Vint à sun tilz où il gist suz le degret. — Alexis, str. 69.
Dans les phrases interrogatives à la première personne, comme crois-je, vois-je, je est aujourd’hui toujours enclitique. Aussi, quand il s’unit à des verbes qui se terminent par un e muet, on est obligé d’accentuer anormalement cet è, car sans cela on aurait un mot proparoxyton, ce que n’admet pas la prononciation française : aimè-je, fissé-je. Dans le même cas les anciens poètes paraissent avoir accentué le je :
Et quant j'ai béu et mangié ,
Sire quens, qu’en fèisse gié
Se son buffet ne li rendisse? — Dit du Buffet, v. 203.
Dans le cas plus fréquent d’un verbe à terminaison masculine, comme dans crois-je, sais-je, les poètes avaient la faculté d’accentuer le verbe ou le pronom je, qui du reste en général était , au moyen âge , plus fortement accentué qu’aujourd’hui, à en juger par l’orthographe fréquente jo,jeo, gié. Cependant ils pouvaient, ce qui n’est plus permis aujourd’hui, élider ce même pronom, dans une phrase non interrogative, devant une voyelle :
Il me dist que de ci Postasse ,
Et que je à Joseph le douasse. — S. Graal, v. 538.
Ce, écrit aussi ço, çou ceo, était traité à peu près comme je quand il suivait le mot, comme dans en ce, pour ce, crois ce. On l’accentuait le plus souvent, mais on pouvait cependant aussi accentuer le mot précèdent :
I.i qués hons est ce qu’en celle bière gist ? — Garin le Lohc-
rain, t. II, p. 253.
Gautier de Coinsy, au XIII e siècle, suit pour ces mots une règle toute particulière et assez bizarre : il fait rimer orge avec dors-je, par exemple, ou bien puissance avec en ce, mais il donne au vers où se trouve l’enclitique une syllabe de moins qu'à celui avec lequel il rime ; il le traite comme un vers masculin :
Ses sens à luijor et nuit lence Et nequedent ne fait en ce.
Jà pour toute leur nigromance
Ne l’aront, mais bien leur mant ce.— P. 100, v. 1056,
Présent m’ont fait de leur pain d'orge ;
Certes pour mon pesant d'or je
Ne lei roie que ne leur face
Honte moult grantou nesdefface. — P. 402, v. Gi.
Je ne crois pas qu’on eût toléré au moyen âge des rimes comme celles de Bourdigné ou de Saint-Gelais, où l’enclitique est tout à fait muette :
Mais augmenter de toute ma puissance ,
Aidant mon Dieu, car rien je ne. puis sans ce. — Kaifeu, p. 11.
Non point pourtant qu'il fût hardi, mais pour ce Que le pauvre homme avait perdu sa bourse. — O. de Saint- . Gelais (Resp. au Cartel).
De nos jours, de pareilles rimes ne seraient plus admises que comme plaisanterie ; on donne généralement l’accent à ce, et on n’oserait pas l’élider devant un e muet, comme faisait encore Ronsard :
Pour ce aimez-moi, cependant qu’estes belle.
Mais on éviterait de le mettre à la césure, à plus forte raison à la fin du vers. Dans les phrases interrogatives avec je, on accentue le verbe, comme je l’ai dit plus haut ; mais on éviterait de mettre un de ces mots à la fin du vers, et de faire rimer par exemple vins-je avec linge.
Le monosyllabe le accolé à un verbe offre des difficultés semblables. Au XV 6 siècle, on le mettait sans hésitation à la rime, en accentuant le verbe ; on faisait rimer voile avec vois-le ; Rabelais a dit :
Duquel quand fut lagrant mer arrousée.
Cria tout haut : Hers, par grâce, peschez-le,
Car sa barbe est presque toute embouséc ,
Ou pour le moins tenez-luy une esrhelle.— Liv. I, c. 2.
Au XVI e siècle on supprime cette rime, qui répugne à l’accentuation ; mais on continue à élider le dans ce cas devant une voyelle :
Condamnez-lc à l'amende, et, s’il le casse, au fouet.— Racine,
les Plaideurs.
Laisse-moi lui couper le nez 1 — Laissez-le aller :
Que feriez-vous, Monsieur, du nez d’un marguillier?
Regnard, les Ménechmes. •
On ne tolérerait plus maintenant cette élision ; mais on s’abstiendrait aussi de mettre le accentué à la césure
Ces détails ne sauraient paraître étrangers à mon sujet, puisque la versification française a l’accent pour base ; je
regrette seulement d’être obligé de les restreindre autant que je l'ai fait, car il y aurait encore beaucoup à dire sur l’histoire de la versification française, principalement au moyen âge. Il serait temps, au reste, de renoncer à l’opinion accréditée depuis trop longtemps que nos anciens poètes prenaient avec la langue d’énormes licences , et se permettaient notamment de changer la forme des mots pour les accommoder aux besoins de leurs vers , soit comme rime, soit comme nombre de syllabes. Tous les exemples qu’on a donnés de cette prétendue liberté reposent sur des erreurs ou ne sont que des fautes de lecture ; et il ne saurait en être autrement : le bon sens indique que le poète, composant ses vers pour être compris, ne peut y employer d’autres mots que ceux que lui fournit la langue dont il se sert, et cela est encore plus vrai pour la poésie du moyen âge, qui s’adressait à des illettrés, que pour celle de nos jours. Le préjugé que je combats émane de Barbazan, autorité bien suspecte, dont un passage a fourni les deux principaux exemples qu’on cite sans cesse à l’appui. « Les poètes, dit Barbazan, se donnaient la licence de faire tout rimer, en corrompant, suivant le besoin, la terminaison des mots. Ils faisaient rimer Pierre avec pardon, en disant Pierron, Charles avec repos en corrompant ce premier mot et le prononçant Challos ou Chariot, comme dans le fabliau de Chariot le Juif... Jehan de Meun, dans son Roman de la Rose, a fait rimer aime avec vilain, en changeant ce premier mot en ain :
Gentillesce est noble, et si l’ain
Qu’ci n’entre mie en cuer vilain (1). »
Ces trois exemples, il est facile de le voir, ne prouvent que le peu de science de celui qui les donne : Pierron et (1) Fabliaux el Contes, 1. 1, p. xij.
Chariot sont des formes diminutives qui se trouvent en prose comme en vers ; l’s de Challos est la marque du nominatif; quant à ain, c'est la forme la plus ancienne et la meilleure de amo (cf. Burguy, 1. 1).
M. Génin, dans ses Variations du langage français (pages 237 et s.), cite une collection de mots ainsi corrompus par les poëtes en preuve de la licence qu’ils se donnaient; puis il ajoute (page 243) : « Toutes ces contradictions se retrouvent dans saint Bernard, dans les commentaires sur Job, et dans la version du Livre des Rois, et par conséquent ne doivent pas être considérées comme des licences poétiques. » Alors pourquoi les énumérer comme telles? Ce qui est vrai, c’est que certaines formes qui existaient dans la langue et qui se prêtaient mieux au vers que d’autres coexistantes furent favorisées par les poëtes, et devinrent, grâce à eux, plus vulgaires (voy. au chap. II sur les accus, en on et ain ) ; que les poëtes ont souvent mélangé dans leurs écrits des formes qui appartenaient à différents dialectes, comme ont fait aussi les jongleurs grecs qui ont composé l'Iliade et l’Odyssée ; qu’ils ont souvent employé des formes archaïques qu’ils trouvaient dans leurs prédécesseurs concurremment avec les formes en usage de leur temps ; mais jamais ils n’ont corrompu les mots pour les faire rimer (1).
On a encore accusé les poëtes du moyen âge de se permettre des aphérèses ou apocopes, des sj'nérèses ou diérèses arbitraires, pour avoir une syllabe de plus ou de moins. Les aphérèses ou apocopes qu’on a signalées (comme vesque pour evesque, a’ vous pour avez-vous )
(1) Au XIV e siècle on a peut-être ajouté, pour le besoin de la rime, des suffixes, surfout eu ter, à des mots qui n’en avaient pas. Voy., par exemple, Bauduin de Sebourc.
étaient d’usage commun et se trouvent dans des écrits en prose. Quant aux formes 'péeur, reine , raençon, qu’on les accuse d’avoir créées, ce sont au contraire les plus anciennes (voy. chapitre I) ; à une certaine époque la synérèse qui est maintenant établie dans ces mots n’était pas encore tout à fait triomphante , la langue hésitait pour ainsi dire entre les deux formes, et les poètes profitèrent naturellement de cette incertitude et employèrent les deux formes suivant le besoin de leurs vers ; mais ils ne créèrent ni l’une ni l’autre (1).
Enfin on a prétendu que souvent les poètes du moyen âge ne comptaient pas une syllabe dans certains mots pour arriver à faire leur vers : les exemples qu’on a donnés sont tirés de textes corrompus ou de poèmes faits en Angleterre par des gens qui ne connaissaient bien notre versification ni notre langue, ou bien ce sont des mots accentués sur l’antépénultième dans lesquels on a cru que la pénultième comptait, comme dngele, virgene, ôrdene, dont j’ai parlé au chapitre I.
En somme, les licences que prenait la poésie du moyen âge étaient sans doute beaucoup plus grandes que celles qui sont tolérées aujourd’hui ; mais ces licences n’étaient que dans la manière de compter les syllabes et ne pouvaient jamais affecter les mots eux-mêmes ; elles consistaient le plus souvent dans l’emploi de deux formes du
(1) On trouve dans le Ch&telain de Coucy : Nenii voir ; il n’en puel estre ainsi (chans. IX, str. 4); on y a vu une diérèse de voir en voir tout à fait inadmissible; il faut lire : Nenil voire, avec la césure lyrique. — On a cité dans un vers maise pour mauvaise comme exemple de contraction arbitraire. Qui peut croire qu'un poète ait jamais pris telle liberté, et qui l’aurait compris parmi ses auditeurs? Il aurait pu dire alors jaussi mon pour maison, cois pour courtois, etc. Mais pour mauvais est un mot qui n’est pas rare en prose et en vers.
même mot, dont l’une a seule triomphé Elles doivent en général être regardées comme moins nombreuses et moins fortes que celles de la poésie homérique.
Au reste, il est permis de regretter que la versification actuelle admette si peu de licences : plus les poètes ont de liberté dans le maniement des mots et des tournures, plus la poésie prend un essor indépendant et original. Les vers français ressemblent trop à la prose ; ils ne se permettent rien de ce qui est admis dans les vers grecs, allemands, italiens ou anglais ; il en résulte que pour créer une langue poétique on a été obligé d'inventer la distinction des mots qui sont admis en vers et de ceux qui en sont exclus ; en sorte que les vers où l’on traite des sujets familiers et simples ne sont que de la prose mesurée, ou sont obligés de s’ennoblir à l’aide de la périphrase et de l’emploi du mot noble en place du mot propre.