II. ADJECTIF
Sur les divers suffixes, voyez le chapitre de la dérivation.
Ce qui a été dit sur les substantifs s’applique aux adjectifs qui se déclinent sur leur modèle. Seulement ici le déplacement de l'accent dans le type latin est beaucoup plus rare : il a lieu, par exemple, dans les adjectifs en ax, acis; ox, ocis; ans, antis; ens, entis. Les premiers n’ont pas donné de mots ou n’ont donné que le cas-régime (verai, féroce). Dans la seconde catégorie, le mot prœ-
(1) Tempoire me semble bien venir de temperies. On peut cependant admettre que la formule in illo lempore qu’on entendait tous les jours & l’église ait donné lieu & la locution en cesl tempoire. Tempoire rentrerait alors dans la classe des mots liturgiques qui déplaceut l’accent (voy. plus haut).
gnans, enceinte, a donné la forme du cas-sujet, prains , et celle du cas-régime, prégnant ou prenant.
Oiés , vos die, oiès , vos lace De vos sui prainz. — Richaut, v. 175.
Escoutés que no vache muit;
Maintenant la vois faire prains.— Th. Fr. au M. A.,p. 69.
Une povre chienne truande,
Et prainz, à une autre demande
Que pour Dieu lui prest son ostô. — Ysopet l.dans Une chienne prenant Robert, 1, 116.
Vit une autre gisant. — Vsopet II, dans Robert, 1, 118.
On serait tenté de croire que sage correspond à sapiens et n'est que le nominatif de savant , sans l’italien sàpio, qui indique le bas-latin sdpius. Il est plus probable que prud , dans prud’homme, est le nominatif de prudent : prüdens-prud , prudéntem-prudent.
Quelques adjectifs ont conservé ou avaient conservé en vieux français leur comparatif et leur superlatif ; leur forme étant généralement déterminée par l'accent , j’énumérerai ici ceux que j’ai rencontrés.