‹ Étude sur le SénégalChapitre 2 sur 43 · iJ? i 444 L^-isg^ ^ll^-icc · texte numérisé non relu

iJ? i 444 L^-isg^ ^ll^-icc

En réalité, au point de vue commercial proprement dit où tout eat traduit en valeur, ce produit est resté stationnaire.

Dure

do

Galam

Friable

Avariée

Bacaque et poussières

Kilog.

Kilog.

Kilog.

Kilog.

JD

Arachide

L'arachide est une plante dont il est bien difficile de connaître le pays d'origine. Est-elle d'Amérique, d'Afrique ou d'Asie?

Elle paraît être originaire du Brésil et les premiers navigateurs, ou plutôt les premiers négriers l'auraient répandue sur les côtes de l'Afrique. Sur un sujet aussi obscur que la patrie primitive de Tarachide, une hypothèse en vaut une autre, et quelle que soit cette hypothèse, elle n'enlève rien à la valeur de la plante, ni au point de vue botanique, ni au point de vue commercial. Son extension en Afrique reste aussi un mystère, car elle existait partout, bien avant que le commerce songeât à l'utiliser.

Pourquoi s'est-elle si vite développée au Sénégal ? C'est qu'elle est une plante de tradition quoique n'étant pas la base de la nourriture. Les vieux ont raconté qu'autrefois chaque famille avait son petit champ d'arachide, et que les produits de ce petit champ servaient d'appoint au véritable produit qui parait avoir toujours été la base de l'alimentation, c'est-à-dire le mil. Elle était cultivée à une date inconnue et jouait son rôle dans l'existence des populations; une statistique de 1837 donne les quantités consommées à Saint- Louis et à Gorée (213 barriques pour Saint-Louis et 19 barriques pour Gorée). Les indigènes ont donc trouvé tout naturel d'être poussés à cultiver cette plante sans s'inquiéter de l'usage que nous en faisions, puisqu'elle était une de leurs antiques plantes alimentaires ; et jusqu'à présent, on n'a pu leur faire cultiver sérieusement certaines autres plantes devant lesquelles ils sont restés indifférents, étant donné qu'elles sont impropres à l'alimentation. Sa mise en exploitation au lendemain d'une longue crise commerciale, et à la veille de la libération générale des esclaves (1848), libération qui fut ruineuse pour les Sénégalais, a marqué une ère nouvelle pour le Sénégal, qui, étant donné sa situation climatérique, ne pouvait trouver à son gré un élément commercial convenant à cette situation et à son sol. Son évolution, étant donné les besoins restreints de la population, constitue une âpre lutte commerciale, lutte qui eut en outre à soutenir la concurrence occasionnée par le développement de la même plante dans d'autres régions plus favorisées et l'introduction sur le marché européen des graines de coton d'Amérique ; concurrence rendue plus sensible par le peu de valeur du produit, ce qui le met à la merci de la moindre fluctuation défavorable; et en plus la loi sur la margarine. Développons cette évolution en procédant par centres de production.

C'est en 1840 que se fit de Gorée le premier envoi en France qui fut de 33 hectolitres 28 litres, soit 1,200 kilogrammes.

Saint-Louis, — De 1843 à 1846 inclus, il a été exporté 700,77f^ kilogrammes (rarachides en coques, soit une moyenne annuelle de 170,193 kilogrammes.

De 1858 à 1867 inclus, il a été exporté 26,550,292 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 2,655,029 kilogrammes.

La plus forte exportation de la période a été de 4,364,939 kilogrammes en 1858 et la plus faible de 1,120,651 kilogrammes en 1864.

De 1868 à 1877 inclus, il a été exporté 57,934,639 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 5,793,464 kilogrammes.

La plus forte expoi-tation de la période a été de 10,475,784 kilogrammes on 1874 et la plus faible de 3,846„319 kilogrammes on 1875.

De 1897 à 1899, les exportations ont été les suivantes :

1898 12,652,653 29,853,392 kilog.

Moyenne 9,951,130 kilogrammes.

De 1843 à 1845 inclus, le prix du kilogramme est de fr. 16, il monte à fr. 20 en 1846 ; on le retrouve à f r. 26 en 1857 et ensuite à fr. 20 en 1858 et 1859. De 1860 à 1867 inclus, la valeur du kilogramme varié de f r. 25 à fr. 275 ; le prix moyen est de f r. 257.

Le prix moyen de 1868 à 1877 est de fr. 208. De 1897 à 1899 inclus, le prix du kilogramme a été de fr. 15 pour Tarachide de la région et de fr. 10 pour celle de Galam.

Les arachides dites de Galam et exportées par Saint-Louis sont comprises dans les chiffres de Saint-Louis. La valeur de Tarachido de Galam est toujours de fr. 05 inférieure à celle de l'arachide du Cayor.

Ruûsque, — De 1856 à 1860, la moyenne des exportations a été de 1,500,000 kilog.

De 1861 à 1866, 2,100,000

De 1867 à 1877 inclus, il a été exporté 81,296,914 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 7,390,628 kilogrammes.

La plus iorie exjwrtation de la période a été de 10,326,403 kilogrammes en 1875 et la plus faible de 2,884,575 kilogrammes en 1873.

De 1878 à 1881 inclus, il a été exporté 65,711,843 kilogrammes, soit une moyene annuelle de 16,427,960 kilogrammes.

La plus forte exportation de la période a été de 23,525,398 kilogrammes en 1880 et la plus faible de 11,614,133 kilogrammes en 1881.

De 1897 à 1899 les exi)ortatioii8 ont été les suivantes ;

1898 54,370,905 142,358,919 kilog.

Moyenne annuelle 47,452,973 kilogrammes.

Le prix du kilogramme de 1867 à 1B77 est de fr. 223

— — de 1778 à 1881 est de 219

Le prix du kilogramme a été de fr. 15 en 1897 et 1899, et de fr. 155 en 1898.

Les arachides dites do Galam et exportées par Rufisque (en très petite quantité) sont comprises dans les chiffres de Itufisque. Il en est de même des quantités exportées par Dakar

Casamancc. — De 1852 à 1856 inclus, il a été exporté 8,840,000 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 1,768,000 kilogrammes.

Do 1863 à 1867 inclus, il a été exporté 30,616,871 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 6,123,374 kilogrammes.

De 1869 à 1881 inclus, il a été exporté 50,728,322 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 3,902,178 kilogrammes.

La plus forte exportation de la période a été de 6,493,956 kilogrammes en 1874 et la plus faible a été de 2,575,786 kilogrammes en

De 1892 à 1895 inclus, il a été exporté 8,082,896 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 2,020,724 kilogrammes.

La plus faible exportation de la période a été de 750,650 kilogrammes en 1895.

De 1897 à 1899, les exportations ont été les suivantes :

1898 2,178,552 4,T<>n,392 kilog,

Moyenne : 1,575,464 kilogrammes.

Sans tenir compta de l'exportation de quelques quantités d^huile et d'arachides décortiquées, dont il sera parlé plus loin, on voit que la production est considérablement réduite et, en outre, les prix sont devenus très faibles.

De 1869 à 1881, le prix du kilogramme a varié de fr. 14 à fr. 21 : la mqyenne est de fr. 171

Le prix est tombé à f r. 105 en 1894, à fr. 07 en 1895 et à f r. 10 pour 1897-1898-1899,

L'arachide do la Casamance est moins estimée que celle du Cayor, d'où une différence de valeur assez sensible.

D'après le E. P. Sébire (Plantes utiles du Sénégal), un mètre cube d'arachides en coques du Cayor pèse en moyenne 353 kilogrammes, tandis qu'un mètre cube de celles de la Casamance ne pèse que 274 kilogrammes.

Petite-Côte. — De 1807 à 1873 inclus, il a été exporlé 7,651,408 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 1,093,058 kilogrammes.

Portudal'Joal-Saloum. — De 1874 à 1880 inclus, il a été exporté 17,309,034 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 2,472,719 kilogrammes.

La plus forte expoHation de la période a été de 4,163,768 kilogrammes en 1880.

Do 1880 à 1889 inclus, il a été exporté 24,556,274 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 6,139,008 kilogrammes.

De 1892 à 1895 inclus ,il a été exporté 50,348,155 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 12,587,039 kilogrammes.

De 1897 à 1899, les exportations ont été les suivantes :

1898 24,716,875 60,009,489 kilog.

Moyenne : 20,203,166 kilogrammes.

De 1867 à 1873 le prix moyen du kilogramme a été de. . . fr. 238

De 1874 à 1880 — — ... 192

De 1892 à 1895 — — ... 104

De 1897 à 1899 le prix du kilogramme a été de 125

Des quatre centres examinés ci-dessus, il n'y a donc que la Casamance qui après la période heureuse de 1863-1807, n'ait pas progressé ; non seulement la production ne s'est pas maintenue mais elle a diminué pour revenir en 1897-1899 à la production de 1852-1850 ; ce fait constitue avec la baisse des prix un véritable désastre pour l'arachide dans la Casamance.

Rio-Nunez, — ^ Le Rio-Nunez a aussi apporté son appoint au commerce du Sénégal. D'après Lancssan, Plantes utiles des Colonies Françaises, 1885 : t Dans ce dernier endroit où Ton récoltait environ € 6,000 tonnes par an, les mauvaises années se succèdent depuis c quelques temps et les commerçants de Rio-Nunez n'achètent les € arachides que pour compléter le fret de leurs navires. •

On relève, en 1800, une exportation de 185,207 kilogrammes estimés à fr. 30 le kilogramme.

Kn 1867 une exportation de 4,250,485 kilogrammes. (Il sera parlé plus loin de Tarachide décortiquée.) En 1809, une exportation de 2,818,628 kilogrammes.

De 1870 à 1880 inclus, il u été exporté 58,340,556 kilogrammes^ soit une moyenne annuelle de 5,303,686 kilogrammes.

Les deux plus fortes exportations de la période ont été de 6,057,390 kilogrammes en 1880 et 7,100,355 kilogrammes en 1875.

Les deux plus faibles exjwrtations de la période ont été de 4,489,497 kilogrammes en 1870 et 4,539,594 kilogrammes en 1872.

En 1884 l'exportation était tombée à 1,802,139 kilogrammes ei en 1885 à 300,586 kilogrammes.

De 1870 à 1880, le prix du kilogramme a varié entre fr. 15 et f r. 20, la moyenne a été de fr. 172.

Rio-Pongo. — Le Rio-Pongo a suivi le Rio-Nunez.

On relève en 1867 une exportation de 1,958,204 kilogrammes. (Il sera parlé plus loin de Tarachide décortiquée.)

De 18()9 à 1878 inclus, il a été exporté 22,858,400 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 2,285,840 kilogrammes.

La plus forte exportation de la période a été de 3,456,617 kilogrammes en 1874 et la plus faible de 992,875 kilogrammes en 1877.

L'exportation a été de 1,116,509 kilogrammes en 1884 et à peu près nul en 1885 et 1886.

De 1869 à 1878 le prix moyen du kilogramme a é\é de fr. 172.

La culture de Tarachide s'est étendue aussi en Ifellacorée ; pour ce dernier endroit on relève une exportation de 2,500,000 kilogrammes en 1867 et 95,599 kilogrammes en 1885. En 1886, exportation insignifiante

Le Rio-Nunez, le Rio-Pongo et la Mellacorée ont été ajoutés à nos possessions du Sénégal en 1866.

La moyenne générale de l'exportation pour toute la colonie pour la période de 1890 à 1899 inclus est de 63,224,016 kilogrammes.

En résumé la production a triplé depuis un certain temps, mais la valeur de cette production en tenant compte de la baisse des prix n'a pas triplé. Si comme terme de comparaison on multiplie, par région, les moyennes des périodes indiquées dans les exposés ci-dessus par les prix moyens on a :

A Saint-Loiiisi RuOsque Casamance Pelite-C«)le Rio-Nune/. Rio-Ponpo

Périodes 1808-77 18G7-77 1800-81 1874-8() ls7(^S() 1860-78

Moyennes.... kil. .'>,703,4G4 7,30l),628 3,^2,178 2,472,719 5,303,086 2,285.840

Prix moyens., fr. 0.208 0,223 0,171 0,102 0.172 0,172

Valeurs.' fr. 1,205,010 1,048,110 067,272 474,702 012,234 30:M65

B Saint-Louis Rufisqiie Casamance Polile-Côte Ri«)-Nuncz Rio-IIungo

PcricKles 1807-'.)0 1807-00 1807-00 1807 00 1807-î»0 1807-00

Moyennes.... kil. 0,051,130 47,452,073 1,575,161 20,203,160 « »

Prix moyens., fr. 0,15 0,152 0,10 0,125 » »

Valeurs/. fr. 1,102,WO 7,212,852 157,5ir, 2,525,300 »

(Il est bon de faire remarquer que pour la période 1897-99, le Sénégal n'a plus l'appoint des Hivières du Sud.) En totalisant les deux tableaux ci-dessus on a :

A — Production moyenne, kil. 27,148,515 Valeur .' fr. 5,300,.>S3

Production nioyoniie, kil 70,182,733 Valeur '. fi 11,388,:M)3

Chiffres qui donnent les rapports suivants :

Productions : 'H!;^:^ = 2,015 kil. 1 Valeurs : 4^1 ~ = 2,118 fr.

En 1886-1887, par suite de la concurrence de Tlnde et du Levant, l'arachide du Sénégal eut à subir une crise dont elle s'est d'ailleurs relevée très vite, ainsi que le démontrent les chiffres suivants :

Exportation de :

Années

Kilo^s

KilojTg

.\nnr«»s

Kllops

is'.k;

issr,

Page 1