‹ Étude sur le SénégalChapitre 6 sur 43 · BÉ&EF · texte numérisé non relu

BÉ&EF

Le Béref est le citrullus vulgaris (pastèque). Le citrullus vulgaris est une des cucurbitacée^ que Ton range dans la catégorie de celles que Ton considère comme originaires de TAsie ou de l'Afrique et propagées en Europe dès la plus haute antiquité.

La graine du béref (béref blanc) est oléagineuse et c'est à ce titre que le béref a joué un rôle dans le commerce de la colonie.

En 1858 on relève une exportation de 1,533,192 kilogrammes de graines de béref estimées fr.l4 le kilogramme.

De 1860 à 1864 inclus, il a été exporté 1,792,486 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 358,497 kilogrammes d'une valeur moyenne de fr. 196 le kilogramme. La plus forte exportation de la période a été de 922,391 kilogrammes en 1862 et la plus faible de 63,266 kilogrammes en 1860.

De 1865 à 1869 inclus, il a été exporté 2,943,571 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 588,714 kilogrammes d'une valeur moyenne de fr. 19 le kilogramme. La plus forte exportation de la période a été de 1,053,802 kilogrammes en 1868 et la plus faible de 235,398 kilogrammes en 1869.

De 1870 à 1874 inclus, il a été exporté 279,799 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 55,960 kilogrammes d'une valeur moyenne de fr. 158 le kilogramme. La plus forte exportation de la période a été de 221,196 kilogrammes (y compris 464 kilogrammes provenant du Rio-Nunez) en 1874, ef Fa plus faible de 426 kilogrammes en 1872.

On relève encore en 1877 une exportation de 5,719 kilogrammes valant fr. 12 le kilogramme. La dernière exportation est en 1885 de 419 kilogrammes à fr. 15 provenant du Rio-îfunez.

On a exporté aussi une certaine quantité de béref noir,beaucoup moins estimé et par conséquent d'une valeur moindre. Les quantités exportées sont : 29,646 kilogrammes en 1867, valeur du kilogramme f r. 12 ; 181 kilogrammes en 1868, valeur du kilogramme fr. 10 et 2,836 kilogrammes en 1869, valeur du kilogramme fr. 10.

Comme on le voit par la date de la dernière exx>ortation, ce produit est depuis longtemps abandonné.

Le béref était particulièrement cultivé dans le Oualo et un peu

plus haut par les populations riveraines du fleuve. L'extension de la culture de Tarachide lui fut fatale, car c'est à ce dernier produit qu'il faut attribuer l'abandon de la culture du béref .

BABLAH.

Le mot Bablah vient du Bengale où Ton désigne ainsi Vacacia arabica. Le bablah a été exploité au Sénégal pendant un certain nombre d'années. Les gousses tinctoriales ainsi dénommées sont fournies par deux sortes d'acacias, qui sont, Vacacia arabica vulgairement Neb-neb ; et Vacacia adansonû ou acacia astringens vulgairement gonakié. Ce produit aujourd'hui abandonné était employé pour teindre en noir et fabriquer de Tencre ; les indigènes se servent encore des gousses de gonakié pour teindre et tanner les cuirs.

Quoique possédant des propriétés tinctoriles et tannantes bien connues, le bablah est un produit de peu de valeur qui n'a été coté que fr. 10 pour descendre à fr. 05 le kilogramme. La récolte des gousses doit se faire sur l'arbre et avant la maturité complète.

De 1857 à 1861 inclus, il a été exporté 117,205 kilogrammes de bablah, soit une moyenne annuelle de 23,441 kilogrammes. La valeur du kilogramme a été de fr. 10.

De 1863 à 1871 inclus, il a été exporté 147,602 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 16,400 kilogrammes. La valeur du kilogramme a été de fr. 05.

Depuis 1871 ce produit ne s'exporte plus.

POUKGUÈBE (Pourghère).

Le pourguère ou pignon d'Inde (Jatropha curcas) est une des plantes dont l'Administration a tenté le développement dans la colonie et pour laquelle des primes furent accordées. Les premiers essais

de culture et de propagation de cette plante ont été faits concurremment avec le coton en 1863-64 et ont eu peu de succès, vu qu'en 1867 cette culture était abandonnée. •

Tenter un essai de culture d'une graine oléagineuse étrangère au moment où une autre graine oléagineuse du pays, l'arachide, était en bonne voie de prospérité et valait fr. 25 et fr. 26 le kilogramme était un peu aventureux, et il était à prévoir que l'indigène n'abandonnerait pas la culture de Tarachide, sa culture de prédilection, pour celle du pourguère, d'autant plus que les graines de pourguère n'ont été cotées que fr. 20 le kilogramme, c'est-à-dire moins que Taracliide dont le rendement était d'ailleurs certain. Les cultures ont donné le résultat cx)mmercial suivant : Exportation de Saint-Louis. — 1864. . . 26,440 kil. à fr. 20

En 1877, la culture du iwurguère fut tentée en Casamance et a donné le^ résultats suivants :

Exportation de 1877 '. . . . 480 kil. à fr. 12

On relève en outre une exx)ortation de 392 kilogrammes à fr.l3 en 1872 provenant du Eio-Nunez. En 1875, du Eio-Pongo 32 kilogrammes à fr. 13, 500 kilogrammes en 1884 et 65 kilogrammes à fr. 15 en 1885.

En 1884, des graines de i)ourguère furent de nouveau distribuées par les soins de l'Administration et des primes d'encouragement furent accordées à cette culture. Le résultat de cette nouvelle tentative a été nul et on ne relève que quelques petites exportations : 450 kilogrammes à fr. 10 en 1888, 2,250 kilogrammes à fr. 15 en 1890 et 80 kilogrammes à fr. 15 en 1891 ; après cette date il n'a plus été exporté de pourguère.

Les graines de pourguère donnent de 30 à 35 pour cent d'huile employée par l'industrie et 60 à 70 pour cent de tourteaux.

BICIN.

Le ricin peut être considéré au Sénégal comme étant dans son pays d'origine, puisqu'on présume qu'il est originaire de l'Inde ou de l'Afrique.

Il fut cultivé dans la colonie avec peu de succès malgré TefEort sérieux qui a été fait pour développer sa culture. Les premiers essais connus, tentés vers 1863-64, ont donné les résultats commerciaux suivants :

De 1865 à 1868 inclus, il a été exporté de Saint-Louis 3,041 kilogrammes de graines de ricin, soit une moyenne annuelle de 760 kilogrammes, coté fr. 20 le kilogramme.

En 1871, il a été exporté de Saint-Louis 104 kilogrammes à fr. 15. En 1874, de la Petite-Côte, 43 kilogrammes à fr. 15 ; et, en 1884^ de Saint-Louis 20 kilogrammes et de la Mellacorée 40 kilogrammes.

En 1888, pendant une crise commerciale que l'arachide du Sénégal subissait, crise que l'on considérait comme sérieuse, un vigoureux efEort fut tenté pour propager la culture du ricin que l'on croyait susceptible de remplacer commercialement l'arachide. A la suite des renseignements qui lui furent donnés sur la culture du ricin au Sénégal, le Ministère inquiété par la crise de l'arachide, par la circulaire du 18 mai 1889, préconisa cette culture et décida que de nouvelles expériences seraient immédiatement entreprises sous la direction du D' Castaing, pharmacien principal de la marine, qui avait fait des essais de culture de ricin en 1888 ; par la même circulaire, un crédit de 6,000 francs destiné à couvrir les frai^ do culture était ouvert.

D'après les notes du D' Castaing, il fut distribué, en 1888, une première fois 6,500 graines et il en restait 10,000 destinées à un champ de culture situé derrière le jardin d*acclimatation.

Une tentative d'association fut en voie de formation pour ensemencer 70 hectares de terres.

Ensuite, toujours en 1888, eut lieu une répartition de 20,000 grainea environ de ricin à fruits lisses entre 14 propriétaires, dont un a bien voulu se procurer 60,000 graines provenant en grande partie de Tivaouane.

Des plantations furent faites à Sor, à Dialakar, à Louga, à Thiès, dans le Cayor, et furent trouvées de belle venue.

Dans son rapport de 1889, le D' Castaîng après examen des plantations annonce que la récolte sera satisfaisante et que pour concourir à un succès définitif il conviendrait que l'Administration continuât ses encouragements et donnât de nouveaux crédits Dour les anw^s suivantes.

Les ffeultats commerciaux ne répondirent malheureusement pas aux esi)éranota que l'on fondait sur le ricin.

En 1888 on relN^ une exportation de 149 kil. à fr. 16

La culture du ricin peut donc être considérée comme abandoBiiiée.

Le ricin donne 30 à 35 pour cent d'huile médicale et surtout industrielle.

Un paragraphe consacré au ricin dans le chapitre c Agriculture i de l'annuaire du Sénégal x>our 1900, dit que le peu de succès obtenu dans la culture du ricin, tient surtout au mauvais choix de la variété essayée. Le D' Castaing en préconisant la culture du ricin et en obtenant l'appui de la Métropole pour cette culture, n'a pas agi sans étude préalable, les documents laissés par lui le prouvent. Dans la 3* note datée du 16 février 1889, il recommande de nouveau c la culture du ricin à tige rouge qui comprend deux variétés, l'une rouge écarlate et l'autre pâle cendrée •. Cette espèce, dit-il, est très avantageuse, elle se développe surtout en hauteur et produit des panicules d'un poids considérable. Malgré la sécheresse de l'année, il existe des pieds qui en ont jusqu'à treize. La décortication se fait si naturellement que, depuis décembre, on peut cueillir des graines très belles sur le sable.

Jusqu'à ce que les essais de culture qui vont être entrepris par le service de l'agriculture aient donné un résultat commercial qui confirme le dire du paragraphe de lannuaire de 1900, il faut considérer la culture de l'arachide comme étant la cause de la non réussite des essais du D^ Castaing.

SESAME.

Le sésame est une plante oléagineuse dont la culture s'est répandue à une date très reculée dans les contrées tropicales et sub-tropicales de TAsîe et de TAfrique.

D'après le B. P. Sébire (Plantes utiles du Sénégal), on a fait en 1870 un essai assez important de culture de cette plante, mais le rendement n'a pas été bien considérable.

Le sésame était cultivé au Sénégal avant cette date, mais c'est surtout dans les Rivières du Sud que cette plante eut un peu de succès. Le^ graines qui ont été exportées par Saint-Louis proviennent du fleuve, et Faidherbe (Notice sur la colonie du Sénégal, 1859) cite le sésame comme un produit commercial du Gadiaga (Guoy oi Eaméra) et du Boundou.

De 1860 à 1866, il a été exporté de Saint-Louis 126,531 kilogrammes de sésame soit une moyenne annuelle de 18,076 kilogrammes. Le prix moyen de la période a été de fr. 342 le kilogramme.

De 1868 à 1872, la moyenne des exportations a été de 26,946 kilogrammes d'une valeur moyenne de fr. 365.

Ensuite une exportation de 50 kilogrammes en 1873 et 54 kilogrammes en 1874.

Rio'Nunez. — De 1869 à 1873 inclus, il a été exporté 268,697 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 57,739 kilogrammes d'une valeur approximative de fr. 35 le kilogramme.

De 1884 à 1886 inclus, il a été exporté 215,061 kilogrammes soit une moyenne annuelle de 71,687 kilogrammes d'une valeur moyenne de f r. 23 le kilogramme.

RiO'Pongo. — De 1870 à 1873 inclus, il a été exporté 374,241 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 158,080 kilogrammes d une valeur moyenne de fr. 35 le kilogramme.

De 1875 à 1878 inclus, il a été exporté 755,528 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 188,182 kilogrammes, d'une valeur moyenne de fr. 262 le kilogramme.

De 1884 à 188& inclus, il a été exporté 395,835 kilogrammes, soit une moyenne annuelle de 131,945 kilogrammes, d'une valeur moyenne de fr. 23 le kilogramme.

Mellacorée. — 15,090 kilogrammes en 1884, 64,300 kilogrammes en 1885, 111,472 kilogrammes en 1886.

La culture de sésame fut sans doute essayée aussi en Casamance, car on relève une exjwrtation de 361 kilogrammes en 1885.

On ne relève plus ensuite qu'une exportation totale de 13,450 kilogrammes à fr. 28 en 1892.

Comme pour beaucoup d'autres produits, la culture du sésame est donc abandonnée au Sénégal.

Le sésame donne de 50 à 60 pour cent d'huile industrielle qui peut aussi servir à l'alimentation.

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