‹ Etude sur le Speculum humanae salvationisChapitre 26 sur 35 · DU SYMBOLISME TYPOLOGIQUE AVANT LE S. H. S · texte numérisé non relu

DU SYMBOLISME TYPOLOGIQUE AVANT LE S. H. S

1. Définition de la méthode tvpologique. — 2. Cette méthode était en germe dans le Nouveau Testament. — 3. Origène en Orient, Augustin en Occident en sont les créateurs. — 4- Elle n'a commencé à influer sensiblement l'art religieux que depuis le douzième siècle. — 5. Les émaux typologiques du douzième siècle : ateliers mosans et rhénans. — 0. Le cruciûx de Saint-Denis et l'ambon de Klosterneubourg. — 7. Les verrières tvpologiques du treizième siècle.

1. — (( Dans l'Ecriture Sainte, le sens littéral est faux », enseignait au début du quinzième siècle le fameux théologien Jean Petit ('). « D'autres docteurs du même temps, sans le dire, pensèrent de même et ne virent jamais dans TAncien ni dans le Nouveau Testament un simple récit, une morale applicable à la vie humaine, des pensées ouvertes et naturelles ; rien ne leur semblait plus indigne d'un texte sacré (^). »

Le S. H. S. et d'autres livres à images de la même époque, sur lesquels nous reviendrons plus loin, Biblia pauperiim, Concordantiœ caritatis^ sont les productions les plus curieuses de la singulière méthode d'exégèse allégorique (^) que les

(1) f i4ii. Voir sa notice dans la Noiw. biogr. géii., XXXIX, 700.

(2) J.-V. Le Clerc, Disc, sur l'état des lettres au quatorzième siècle, 1. 1, p. 869.

(3) Allegoria, quœ per factwn aliud Jactum figurât. Sumitur allegoria quandoque a persona, ut Isaac significat Christum ; etiam David quandoque hoc modo significat Christum. Quandoque a re quse non est persona, ut vervex occisus humanitatem passam significat, et lapis duritièm cordis ; quandoque a numéro... (vel) a loco... {vel) a tempore... (vel) a facto. (Pierre Comestor, prologue de VHist. scol.). Cf. Thomas d'Aquin, Somme, pars I, qu. I, $ 10 « utrum Sacra Scriptura sub uaa littera habeat plures sensus ? » : Secundum quod ea quœ sunf veteris legis significanL ea quœ sunt nouœ legis, est sensus allegoricus. Secundum vero quod ea quœ in Christo sunt Jacta sunt signa eorum quœ nos agere debemus, est sensus moralis. Prout vero sijnijicant ea quœ sunt in œterna gloria, est sensus anagogicus.

théologiens ont appelée « typologique » ou « figurative », parce qu'elle considère les faits de l'histoire antérieure à la vie terrestre du Christ comme des « figures » ou des .« préfigures des faits de l'histoire évangélique : ceux-ci sont les « antitypes », ceux-là les « types » ('). Méthode essentiellement symbolique et mystique, puisqu'elle est fondée sur ce principe qu'il y aurait entre les deux Testaments une concordance mystérieuse, l'Ancien étant, selon l'expression des docteurs du Moyen Age, la figure perpétuelle du Nouveau.

2. — On se tromperait en croyant que l'idée d'expliquer l'Ancien Testament comme la préfigure du Nouveau soit une invention du Moyen Age. Le Moyen Age, en cela, n'a fait que coordonner, systématiser, développer l'enseignement qu'il avait reçu de la tradition. L'Evangile de Matthieu Q) répétait que le Christ était venu pour accomplir les prophéties (5) ; les Épîtres apprenaient qu'il était le nouvel Adam venu pour sauver le monde que l'ancien avait perdu ; TEvangile de Jean reconnaissait dans le serpent d'airain érigé par Moïse pour sauver les Juifs la préfigure du Christ crucifié pour le salut des hommes Q) ou, dans la manne, la préfigure de l'Eucharistie (^); le Christ lui-même n'avait-il pas dit : « Comme Jonas fut pendant trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, ainsi le Fils de l'Homme sera pendant trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ("). »

Il n'entre pas dans mon sujet de montrer que les auteurs des livres du Nouveau Testament, en voulant prouver que les prophéties ont été accomplies dans le Christ, ont altéré l'histoire vraie du Christ; et que maint détail légendaire de cette

(i) Pour cette terminologie, cf. Tholuck, ap. Real-Encijclop. de Herzog, XVII, 892.

(-) Sur les origines scripturaires du symbolisme typologique, cf. Heider, Beitrdge zar christUchen Typologie aas Bilderhandschriften des Mittelalters, dans le Jahrbuch der k. k, Centralcommission, t. V (1861), p. [\ sq, qui a résumé les articles fondamentaux de Hoffmann, Mystischer Sinn der Bibel et Typen, dans les t. VII et XI du Kirchenlexicon de Wetzer et ^VELTE.

(3) Matth. I, 22; II, i5; iv, i4 ; viii, 17; xiii, 35; xxi, 4; xxvii, 35. « Un des traits caractéristiques de Matthieu est l'emploi fréquent des passages de l'A. T. qui sont allégués comme contenant la prédiction des faits évangéliques... Il y a lieu de se demander quelquefois si c'est l'Évangile qui a prévenu et provoqué l'application, ou bien si c'est le texte de l'A. T. qui a influencé et enrichi la tradition évangélique » (Lois Y, Les Éoangiles synoptiques, I, 336).

(^) I Cor. XV, 22. (') Jean m, 14.

(«) Jean vi, 3i. {J) Matth. xii, 4o.

histoire, aussi bien clans les Évangiles canoniques que dans les Apocryphes, provient de croyances et de textes antérieurs au Christ, a sa source dans les idées messianiques et dans des prophéties plus ou moins détournées de leur sens primitif. Mais il faut se rappeler les résultats auxquels sont arrivés sur la légende de Jésus les critiques modernes, si l'on veut tout à fait comprendre combien il est vrai que l'exégèse figurative se trouvait en germe dans le Nouveau Testament.

3. — Parmi les anciens théologiens (^), Origène chez les Grecs, Augustin chez les Latins, furent particulièrement séduits par cette méthode hardie. « L'Ancien Testament, dit saint Augustin dans la Cité de Dieu (^), c'est le Nouveau couvert d'un voile; et le Nouveau, c'est l'Ancien dévoilé. » Par exemple, Abraham, sacrifiant Lsaac, préfigure, d'après saint Augustin, Dieu le Père sacrifiant pour le salut des hommes son fils unique ; Noé, ivre, montrant sa nudité, préfigure le Christ dépouillé de ses vêtements avant d'être crucifié ; l'arche de Noé préfigure le corps de Jésus en croix, « parce qu'un corps d'homme est six fois plus long que large, et que l'arche aussi était six fois plus longue que large ».

(1) Déjà, au deuxième siècle, Justin martyr, dans son Dialogue contre Tryphon le Juif, avait montré que le Messie qui avait accompli les prophéties était préfiguré par maint passage de l'Ancien Testament.

Sur l'emploi de la méthode allégorique par Origène, cf. Denis, La Philosophie d' Origène (Paris, i884), p. 27 et suivantes ; A. Franck, dans le Journal des savants, 1884, p. 181 ; MÂLE, l Art religieux du treizième siècle, 2^ éd., p. 164. H faut remarquer, à la louange d'Origène, que chez lui l'exégèse allégorique est en somme une tentative de l'esprit critique pour maintenir ses droits vis-à-vis des absurdités d'un texte révéré. « Quel est l'homme de sens, demande Origène, qui croira jamais que les trois premiers jours de la création, le soir et le matin purent avoir lieu sans soleil, et que le premier ait pu avoir lieu quand le ciel n'était pas encore ? Qui sera assez idiot pour croire que Dieu a planté, à la manière d'un horticulteur, le jardin d'Éden ? » Le déluge, l'arche de Noé, la destruction de Sodome et de Gomorrhe, l'histoire de Loth et de ses filles lui suggèrent des plaisanteries que Celse zi'aurait pas désavouées et que Bayle ou Voltaire auraient applaudies. L'exégèse allégorique est pour Origène l'unique moyen de résoudre les objections auxquelles la littéralité de la Bible lui paraît prêter.

(2) L. XVI, ch. 26 (MiGNE, Patrologie latine, XLI, 5o5) : Quid enini est quod dicitur Testamentum Vêtus, nisi occultatio Novi ? Et quid est aliud quod dicitur Novum, nisi Veteris reuelatio ? (Cité par Màle, op. laud., p. 167.) Un adage souvent répété au Moyen Age (cf. Schreiber, Biblia pauperum, p. 2) exj)rimait la même idée de la façon suivante : Novum Testamentum in vetere latet, Vêtus in novo patet. Un vitrail de Saint-Denis porte cette inscription, dtie à Suger : Quod Moijses velat, Christi doctrina révélât (Sgfilosser, Quellenhuch, p. 280.)

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Les premiers Pères ne se dissimulaient nullement ce que cette façon d'interpréter l'Ancien Testament avait de subjectif et d'arbitraire : aussi n'en présentaient-ils les résultats que comme des essais, à titre, pour ainsi dire, d'indications : (( Nous sondons comme nous pouvons, écrit saint Augustin (^), les secrets de l'Ecriture; d'autres le feront avec plus de succès; mais une chose est sûre, c'est que l'Ecriture a un sens mystique, il y a une correspondance secrète entre les deux Testaments. »

Mais saint Augustin a beau recommander de n'admettre que sous réserves et qu'avec prudence ses interprétations allégoriques des Livres saints : pour le Moyen Age, elles seront consacrées par cela même que saint Augustin les aura proposées. Saint Isidore de Séville, au sixième siècle, les met en forme de mémento (^); Bède le Vénérable au huitième, Raban Maur et Walafried Strabo au neuvième, et bien d'autres docteurs et commentateurs les répètent tour à tour, sans se lasser; la tradition orthodoxe, le long des siècles, infatigablement, redit la même doctrine Q) :

C'est un cri répété par mille sentinelles. Un ordre renvoyé par mille porte-voix...

4. — Cette façon d'expliquer la Bible devait avoir sa répercussion dans l'art. L'art au Moyen Age a été le serviteur docile de la théologie; il a exécuté exactement les programmes qu'elle lui imposait ; elle s'en servait pour instruire la multitude des fidèles qui ne savaient pas lire: les peintures et les sculptures, les tapisseries et les vitraux étaient alors, suivant un mot que les docteurs du Moyen Age ont aimé à répéter, les « livres des illettrés », picturse qiiœ siint librî laicoriim (f).

A quelle époque, donc, l'art a-t-il commencé à raconter les Ecritures suivant la méthode figurative ? On ne le sait pas au

(') Hsec Scriptarœ sécréta divinœ indagamus, ut possamus, alius alio magis minusve congruenter, verumtamen fideliter, certain tenentes non ea sine cliqua prœfiguratione futurorum gesta atque conscripta, neque nisi ad Christum et ejus Ecclesiam esse referenda {Cité de Dieu, I. XVI, ch. 2).

(2) Allegoriœ quœdam Scinpluree Sacrœ (Migne, P. L., LXXXIII, 99 sq.).

(3) Voir dans les Indices de la Patrologie de Migne, II, 241 sq, V Index figurarum Veteris et Novi Testamentorum.

(^) Voir plus haul, ch. I.

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juste. Quelques savants ont voulu remonter jusqu'à l'art des premiers siècles, jusqu'aux peintures des catacombes romaines et aux sarcophages chrétiens. Il est vrai que les fresques des catacombes, les sculptures des sarcophages chrétiens représentent à satiété plusieurs des sujets de l'Ancien Testament sur lesquels s'est le plus exercée l'ingéniosité de la méthode figurative : Jonas avalé ou vomi par la baleine, Isaac offert en sacrifice. Moïse faisant jaillir la source du rocher d'Horeb. Mais prenons garde de confondre les différents genres de symbolisme chrétien. Dans l'art des catacombes, Jonas vomi par la baleine ne signifie pas le Christ sortant du tombeau, mais l'homme échappant à la mort et naissant à la vie éternelle ; le sacrifice d'Isaac ne signifie pas la mort du Christ, mais le salut de l'homme, miraculeusement délivré par Jésus, et ainsi de suite ('). Autrement dit, le symbolisme de l'art des premiers siècles chrétiens est purement moral ; il a rapport à l'âme chrétienne, il ne concerne point la vie terrestre de Jésus et ses préfigures dans l'Ancien Testament.

Les mosaïques de la nef de Sainte-Marie Majeure à Rome (côté de l'évangile) représentent une longue série de scènes prises à l'Ancien Testament : dans le nombre, il en est certainement beaucoup, comme la rencontre d'Abraham et de Melchissédech, la réception faite aux trois anges par Abraham, la bénédiction de Jacob par Isaac, le passage de la mer Rouge, qui ont pu être choisies pour leur sens figuratif. Mais les scènes de l'Ancien Testament ne sont pas mises en parallèle avec des scènes de l'histoire évangélique dont elles seraient la préfigure. L'intention symbolique se dissimule, comme elle se dissimulera encore, mille ans plus tard, dans les fresques quattrocentistes de la Chapelle Sixtine.

Molanus (^) a cité des textes de saint Nil et de Paulin de Noie qui recommandent d'orner les églises de peintures représentant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les citations suggèrent cette remarque à Paquot : /s mos etiam nuncobtinet in variis monasteriis, iibi in ambitu claustri videre est picta in fenestris pleraqiie Cliristi Domini gesta, adjectis utrinique fignris e Veteri Testamento, quœ gestis illis respon-

(1) PÉRATÉ, L'Archéologie chrétienne, p. 69, 74, 102, 112 ; IMarucchi, Eléments d'archéologie chrétienne, t. I, p. 3oo-3o6. (-) De historia SS. Imaginiim, II, 17.

dent. Paquot se trompe : dans les textes cités par Molanus, il n'est pas question encore d'une correspondance entre l'Ancien et le Nouveau Testament.

5. — Les plus anciennes œuvres de la symbolique figurative qui nous soient parvenues ne remontent pas plus haut que le douzième siècle.

La mosaïque de Saint-Géréon, à Cologne, qui date du douzième siècle et qui a été restaurée — pas très heureusement ni très correctement — de 1867 à 1871, comprend, entre autres sujets, douze scènes bibliques ('): cinq de la vie de Samson et sept de la vie de David. Cette mosaïque était placée devant un autel : ces épisodes de l'histoire de Samson et de David étaient sans doute autant d'allusions à la vie terrestre de J.-C. Mais les scènes de l'histoire évangélique qui leur correspondaient dans la pensée des docteurs n'avaient pas été représentées.

Sur la rotula de Kremsmûnster (^), l'artiste a représenté la Résurrection et l'Ascension et, au-dessous, des sujets empruntés au Phijsiologiis, dans lesquels la symbolique médiévale reconnaissait des allégories de ces deux épisodes de l'histoire évangélique : la lionne ressuscitant ses petits, les aigles qui, pour retrouver leur vigueur, plongent dans une fontaine, puis volent vers le soleil. Le pied sur lequel est montée Xd^ rotula est orné de trois préfigures, dont deux (Moïse marquant du tau les maisons des Israélites, le serpent d'airain), ont rapport à la Crucifixion, et dont la troisième (Samson enlevant les portes de Gaza) concerne la Résurrection.

Le nord de la France, la Wallonie, le pays de Meuse surtout, sont riches en monuments typologiques du douzième siècle. La plupart de ces monuments sont des croix, des autels portatifs. C'est par la décoration de ces objets sacrés entre tous, la croix et l'autel, que l'iconographie typologique devait débuter.

La Crucifixion est le fait capital de l'histoire évangélique, le sacrement de l'autel est l'acte capital de la liturgie. Nul sujet

(1) Aus'm Weerth, Der Mosaikboden in Sankt Gereon zii Coin, Bonn, 1873. Cf. les rectifications de Springer dans la Zeitschrift Jur bildende Kunst, IX, p. 38 1, d'ENGELMANN, dans Grenzboten, 1874, t. II, p. 164, et d' Aus'm Weerth lui-même, dans les Jahrbiicher des Vereins von Altertamsfreunden im Bheinland, 1876, p. 259.

(2) Rev. de l'Art chrét., i883, p. 38o.

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n'a autant préoccupé les contemplatifs que ces deux-là ; nulle partie de l'œuvre rédemptrice ne leur a semblé annoncée par des préfigures aussi nombreuses, aussi surprenantes, aussi mystérieuses. Le pied de croix de Saint-Bertin ne montre pas moins de huit préfigures de la Crucifixion ('). Une plaque émaillée, publiée par Didron (^), en montre douze.

Les spécialistes Q) attribuent aujourd'hui la croix de Saint- Bertin à l'atelier du fameux émailleur mosan Godefroy de Glaire, bourgeois de Huy, né dans le premier quart du douzième siècle (4). Au même artiste, ou aux artisans formés à son école, ils attribuent une série d'ouvrages émaillés, croix, retables, autels portatifs, tous objets que leur destination liturgique a fait orner de sujets symboliques.

Sur plusieurs de ces objets, le symbolisme figuratif semble

(1) Bronze doré du douzième siècle, conservé au musée de Saint-Omer (Annales arehéoL, XVIII, p. i ; Du Sommerard, Les Arts au M. A., IV, 60; V, 188 et album, 90 série, pl. xi). 11 est formé de deux parties, une base sphérique et un montant parallélipipédique, couverts l'une et l'autre de représentations typologiques : sur la base, Moise faisant jaillir la source du rocher ; le serpent d'airain ; Jacob bénissant de ses bras croisés Manassé et Ephraim, les maisons des Israélites marquées du tau; — sur le montant, Isaac portant le bois du sacrifice, les espions portant la grappe, la veuve de Sarepta tenant deux bois croisés, les Israélites marqués du tau. Toutes ces représentations étaient des types de la Crucifixion.

(2) Deuxième moitié du douzième siècle ; cf. Annales archéoL, VIII, pl. i.

Abel offrant l'agneau

Melchissédech Abraham avec le pain et le vin portant le bélier

Isaac portant le fagot

Noé avec l'arche

Ascension

Jacob bénit Ephraïm et Manassé

Les maisons des Israéhles marquées du tau

Crucifixion

Moïse fait jaillir la source du rocher

Moïse et le serpent d'airain

Les espions portant la grappe

Les enfants des Israélites marqués du tau

Résurrection

La veuve de Sarepta

Isaïe

David Salomon

Jérémie

(3) 0. VON Falke et Frauberger, Deutsche Schmeharbeiten des Mittelalters, pl. 116.

(^) J. Helbig, L'Art mosan (Bruxelles, 1906), p. 89.

encore un peu incertain et hésitant : tel par exemple le triptyque du South-Kensington Muséum ou Tautel portatif de Stavelot, au musée de Bruxelles Q). D'autres présentent, au contraire, des types bien choisis et bien ordonnés : telle la croix du South-Kensington Museum(5), avec un type à chaque bout, en haut Jacob bénissant Ephraïm et Manassé ; à droite les maisons des Israélites marquées du tau; à gauche la veuve de Sarepta, en bas le serpent d'airain.

Ces ouvrages symboliques des émailleurs mosans répondaient trop bien aux recherches allégoriques où se complaisait de plus en plus la théologie pour ne pas susciter des imitations. Elles semblent avoir été nombreuses, surtout en pays rhénan, comme le prouvent par exemple l'autel portatif de Mûnchen- Gladbach et celui qui de la collection Spitzer a passé dans la

(') Von Falke, op. laud., pl. 79.

Jonas Les Marie

vomi par la au tombeau baleine

Sacrifice La Crucifixion d'Isaac

Le Christ La descente

péchant (?) aux limbes

(■-) Von Falke, o/j. laud., pl. 78.

llésurreclion de Lazare (?)

Le serpent d'airain

Samson enlevant les portes de Gaza

Le

fortement de croix

La

Crucifixion

Les Marie

au tombeau

Isaac portant le fagot

Samson enlevant la porte de Gaza

Oblation de

Melchissédech

L'Église i

Le serpent d'airain

Jonas vomi par la baleine

La

Synagogue

Oblation d'Abel

Les Juifs

La

demandent à

La

Cène

Pilate la mort

flagellation

de J.-G.

(^) Von Falke, op. laud., pl. 75.

collection Martin Le Roy Q). Le centre de l'autel Le Roy est occupé par lin rectangle de marbre; adroite et à gauche, quatre prophètes prononcent des paroles qui se rapportent au sacrement de Tautel; en haut et en bas, des préfigures de la Cène et de la Crucifixion.

Abraham Oblation sacrifie Isaac d'Abel

Salomon

Isaïe

Oblation de Melchissédech

David

Maiachie

Moïse érige le serpent d'airain

Le Christ en croix

entre l'Eglise et la Synagogue

La récolte de la manne

L'autel de Mûnchen-Gladbach est composé à peu près de même.

6. — L'atelier de Godeft^oy dé Claire n'est pas le seul atelier mosan du douzième siècle qui ait fait appel, pour décorer les objets sacrés, à l'allégorie typologique. Verdun a vu fleurir, à l'ombre de sa cathédrale, une école d'émailleurs, dont la célébrité n'a pas été moindre que celle de la Wallonie.

Entre autres merveilles dont Suger avait orné l'église abbatiale de Saint-Denis, était un grand crucifix d'or chargé d'émaux; le pied était orné des images des quatre Evangélistes et portait une colonne émaillée, où l'on voyait les diverses scènes de la a ie de Jésus avec leurs préfigures : « Ledit pilier, dit un vieil auteur qui en a parlé de visa, fut revestu de toutes parts depuis le haut jusques au bas de très excellens émaux de cuivre, contenant l'histoire de nostre Sauveur, avec des témoignages des allégories de la foy ancienne (^). »

Ce crucifix avait été exécuté par une demi-douzaine d'orfèvres lorrains qui y avaient travaillé deux ans (5).

(') Von Falke, op. laud., p. 23-25 ; Collection Spitzer (Paris, 1900, f") : Orfèvrerie religieuse, p. 100, pl. iv ; Marquet de Vasselot, Cat. raisonné de la coll. Martin Le Roy, fasc. I, pl. IV, p. 9-10.

(2) Doublet, Hist. de l'abbaye de Saint-Denis en France, Paris, 1625, p. 261, cilé par Labarthe, Hist. des arts industriels, 1^ éd., t. I, p.

(3) Pedem vero quatuor Euanyelistis comptum, et coluninani, cui sancta insidet imago, subtilissinio opère snialtitam, et Salvatoris historiam cum antiquœ legis

Nous ne possédons plus cette œuvre insigne de l'orfèvrerie du douzième siècle ; mais nous pouvons nous en faire une idée, à Taide d'un monument analogue comme technique, provenance ^et composition, qui a subsisté jusqu'à nous — l'ambon de l'abbaye de Klosterneubourg ('), près Vienne, qui fut commandé, une cinquantaine d'années après le crucifix de Saint- Denis, à un orfèvre lorrain, et qui était décoré de 5i émaux sur cuivre. Ces émaux, qui sont aujourd'hui disposés en retable — cet arrangement date du quatorzième siècle — et qui mesurent chacun environ 20 centimètres de haut sur 26 de large, étaient rangés verticalement trois par trois, celui du milieu représentant un fait de l'histoire évangélique, ceux du haut et du bas représentant deux préfigures de ce fait, prises dans l'Ancien Testament.

Une inscription nous apprend le nom et la patrie de l'artiste, ainsi que la date à laquelle il termina son travail : l'ambon de Klosterneubourg fut fini en 1 182, l'auteur était de Verdun, il portait le nom bien lorrain de Nicolas. Nul artiste n'est plus grand que celui-là dans l'histoire de l'émaillerie médiévale ; il est le représentant par excellence de l'école des émailleurs de la vallée de la Meuse, qui a fleuri au douzième siècle et dans la première moitié du treizième, et qui, en son temps, a été sans rivale (^). C'est le même maître qui fit pour la cathédrale de Tournay la châsse Notre-Dame, achevée en i2o5(^); c'est à lui que les savants allemands les plus compétents en la matière (^) viennent de restituer la fameuse cliâsse des

allegoriaram testimoniis desif/natis.., per plures aurifahros Lotharingos, qiutndoque qui/iqiie, quandoque septein, vi.r diiobus annis perfectam liabere potuimus {Sugeri abbatis S. Dionysii liber de rebas in administratione sua (jestis, cap. 3^, p. 196 de l'rdilion des œuvres de Suger, par Lecoy de La Marche, publications de Ja Sociélé de l'histoire de France). On s'étonne que Schlosser se soit résif|né à écrire de cette édition {^Qaellenbuck, p. 2G8) : « Lecoy de La Marche ist mir nicht, zufjànglich gewesen. h Ce texte a été souvent cité : cf. A. du Sommerard, Les Arts au Moyen A(je, t. IV, p. 60.

(') Der Altaraiifsatz ini Chorherrenstifte eu Klosterneuburg, ein Emailwerk des XII. Jahrhunderts, angefertigt von Nikolaus aas Verdun, aufgenommen und dargestellt von A. Camesina, besc/irieben und erldutert von G. Heider, Vienne, 1860. — Mieux encore, Der Verduner Altar, par K. Drexler, Vienne, 1908, i vol. f'>.

(-) Sur Nicolas de Verdun et les émailleurs mosans, voir en dernier lieu les pages dont M. Laurent, professeur à l'Université de Liège, a enrichi l'ouvrage posthume de J. Helbig, L'art mosan (Bruxelles, Van Oest, 1906. in-4), t. I, p. 92 et suivantes.

(3) Cf. Cloquet, La Châsse de N.-D. de Tournay, dans la Revue de l'Art chrétien, 1892.

(^) VoiN Falke, dans la Zeitschrift J'iir christliche Kunst, 1906, fascicule 6.

Trois-Rois du trésor de la cathédrale de Cologne, qui, jusqu'ici, avait été attribuée à l'art colonais.

De ces chefs-d'œuvre, celui dont s'enorgueillit Klosterneubourg est le plus merveilleux, non seulement par la beauté du dessin et par l'habileté du travail, mais par l'ingéniosité du symbolisme.

Nous avons vu que sur les émaux rhénans de Mûnchen- Gladbach et de la collection Le Roy ('), comme sur la plaque émaillée publiée par Didron (^), l'antitype, qui forme le sujet principal et central — Cène ou Crucifixion — est accompagné non seulement de ses types, mais des prophètes qui l'ont annoncé. Sur l'ambon de Klosterneubourg, à chaque scène de l'histoire évangélique assistent deux prophètes, tenant des phylactères oii sont écrites des prophéties congruentes.

11 y a plus. Les théologiens du Moyen Age, à la suite des Pères, divisaient en deux parties l'histoire du peuple de Dieu (5) : la première allait d'Abraham à Moïse, la seconde prenait l'histoire des Juifs

Quand sur le mont Siiia la Loi leur fut donnée,

et allait jusqu'à la prédication de Jean-Baptiste, ou jusqu'à l'Annonciation de Marie. Autrement dit, le peuple de Dieu avait vécu d'abord dans l'attente de la Loi, ante legem, puis sous le règne de la Loi, sub lege. Sur Tambon de Klosterneubourg, les deux préfigures qui accompagnent chaque fait de l'histoire évangélique sont choisies, l'une dans l'histoire antérieure, l'autre dans l'histoire postérieure à la promulgation de la Loi. Celles de la rangée supérieure portent cette inscription ANTE LEGEM ; celles de la rangée inférieure, l'inscription SVB LEGE; les représentations des faits évangéliques, qui forment la rangée du milieu, portent l'inscription SVB GRATJA. Si l'idée d'associer prophètes et prophéties aux préfigures a fait fortune, comme le prouvent la Biblia paaperiim, la Rota

(') Supra, p. 118. (-) Supra, p. 116.

(•') Isidore de Séville, la Gènes, xviii {P. L., LXXXIII, sGi) : Très rnundi fêtâtes, unam ante legem, aliam sub lege, tertiam sub gratia. Ante legem ab Abraham usque ad Moysem. Sub lege a Moyse usque ad Joannem. Inde jam ad Dominum et qmdquid restât, tertius dies gratiée est. Cf. Hugues de Saint-\'ictor, De sacramentis Jldei, 1. I, pars VII, c. XL J'emprunte ces citations à Heider, Beitrdge zur christ l. Typologie, p. 10.

Ezecliielis et les Concordant iœ caritatis, au contraire, l'idée de diviser les préfigures en deux catégories distinctes, selon qu'elles étaient antérieures ou postérieures à la promulgalion de la Loi, n'apparaît pas ailleurs que sur l'ambon de Klosterneubourg. Cette distinction, évidemment, compliquait trop la tâche des allégoristes, quand ils voulaient élever un ensemble aussi vaste que la Biblia pauperiini, le S. IL S. ou les Concordantiie caritatis : le nombre des préfigures ante legeni eût été trop restreint. Du reste, observer cette distinction eût été se priver des préfigures fournies par la Genèse antérieurement à Abraham : l'auteur du S. IL S. a tiré des préfigures de l'histoire de Caïn et Abel, de Jubal et Tubalcaïn, de Lamech, de Noé; celui de la Biblia pauperuni en a tiré de l'histoire d'Hénoch et de Noé.

Une composition comme l'ambon de Klosterneubourg, qui suppose une connaissance si profonde des prophéties et des allégories cachées dans l'Ecriture, n'a vraisemblablement pas été conçue par Nicolas de Verdun. Rien ne nous permet de prêter à cet artisan la science théologique d'un Isidore ou d'un Raban. La chaire de Klosterneubourg, le crucifix de Saint- Denis, ont été seulement exécutés, réalisés par des émailleurs lorrains : le plan général, le choix des scènes, leurs places respectives, les prophéties correspondantes, tout cela a dû leur être indiqué par des théologiens ('). Sans doute c'est Suger lui-même qui avait choisi les sujets et les inscriptions du crucifix de Saint-Denis, de même que c'est lui qui choisit les sujets et fournit les inscriptions des vitraux (^) et du retable dont il orna son église abbatiale : vitraux et

(') Rapprocher des émaux de Klosterneubourg ceux du trésor de Sainl-Étienne, à Vienne, j)ubliés par Heider, dans les Mitth. der Ccntralcommission, III (i858), p. 3o8, pl. XII. Ce sont quatre panneaux qui représentent : i" Abraham offrant Isaac en sacrifice ; 3" les espions rapportant la qrappe ; 3" Jacob bénissant Ephraïm et Manassé ; 4" Moïse marquant du tau les maisons des Israélites. On ne sait de quel ensemble proviennent ces panneaux. Comme les types ([u'on y voit figurés se rapportent à la Crucifixion, il est croyable que ces émaux décoraient jadis un reliquaire contenant une parcelle de la vraie Croix. Trois de ces compositions (n"'* i, 2, 4) se retrouvent à peu près pareilles dans la série de Klosterneubourg. La technique aussi, et le style, sont identiques de part et d'autre. On doit donc attribuer aux émailleurs lorrains la série de Saint-Etienne.

(2) Suger, p. 206, éd. Lecoy de La Marche (Schlosser, Quellenbach, p. 280). Cf. MÂLE, L'Art religieux du treizième siècle, 2^ éd., p. 2o3 et suiv. Plusieurs de ces vitraux subsistent encore.

(2) Suger, p. 198, éd. Lecoy de La Marche (Sciilosser, Qaellettbuch, p. 276).

retable étaient, comme le crucifix, des œuvres de symbolique figurative.

Ces productions capitales , exécutées par les meilleurs artistes du temps pour la première abbaye de la chrétienté, datent du deuxième quart du douzième siècle. Remarquez le rôle d'initiatrice qu'ici, comme en tant d'autres choses, paraît avoir joué la France du Moyen Age. La chaire de Klosterneubourg est postérieure d'un demi-siècle au temps de Suger ; l'étranger ne semble s'être engoué qu'après nous du symbolisme figuratif. Les savants autrichiens le reconnaissent expressément : Die Umwàlzung sollte von Frankreich kommen, écrit M. Tietze ('). Au douzième siècle, l'influence française est sensible dans les parties les plus civilisées de l'Allemagne, en Souabe et en Autriche (^). Trois poèmes allemands du douzième siècle, la Genèse de Vienne (5), le Marienleich ou Marienlied de Melk le Moïse de Vorau (^') témoignent de cette influence. En ii42, quand Hugues de Saint -Victor s'éteint à Paris, la nouvelle de sa mort se propage jusqu'en Basse- Autriche, elle est inscrite dans les annales du couvent de Melk(^). Honoré d'Autun dédie un livre à l'abbé autrichien Gottschalk (").

On n'insistera jamais trop sur le rôle que la France a joué à cette époque dans la chrétienté, non seulement par ses chevaliers et ses croisés — g est a Dei per Francos — mais par ses théologiens et par ses professeurs, par ses trouvères et par ses artisans.

Le douzième siècle est le temps où elle donne à l'Eglise saint Bernard et Abailard, Honoré d'Autun et Pierre le Vénérable, Hugues de Saint-Victor et Pierre de Troyes; c'est le temps aussi où, lasse du style roman, elle crée le style nouveau auquel la Renaissance italienne a imposé le nom inexact et

(1) Typol. Bilderkreise, col. .'î8, d'après Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, t. III, p. 964.

(-) W. ScHERER, Geschichte der deutschen Dichtung im XL u. XII. Jh. (dans les Qiiellen und Forschnngen car Spvache iind Kulturgeschichte der gennan. Vôlker, XII, Strasbourg, 1870), p. viii : « Vom Rhcine her wirken franzôsische Eintlusse auf Geislliche, Spielleutc und Ritter. Sic drinyen langsam die Donau hinunter : zuerst franzôsische Théologie, dann franzôsische Epik, zuletzt franzôsische Lyrik. »

(^) Publiée par Massmann, Gedichte des XII. Jahrh., I, 235. Publie par Strobl (Vienne, 1870).

Publié par Dievier, Deutsche Gedichte. Cf. Scherer, op. laud., p. 46, 56. (6J Moniim. Gevmaniœ, Scriptores, i. IX, p. 5o3. (') Tietze, loc. laud.

injurieux de gothique, mais que le Moyen Age, mieux instruit, appelait, de son vrai nom, opus f ranci geniim, le style français, né dans l'Ile-de-France ('). A la même époque où le style gothique se répand dans l'Europe, le symbolisme figuratif s'y répand aussi, et, comme pour l'architecture gothique, le mouvement symbolique part de France. Dans la plupart de nos grandes cathédrales du treizième siècle, la fenêtre principale du sanctuaire, celle qui se trouve au fond du chœur, est décorée d'une grande verrière symbolique, conçue selon la méthode figurative. De ces verrières, la plus belle et la plus célèbre est celle de Bourges. Elle a été magistralement expliquée il y a quelque soixante ans, par Cahier (^), dans un travail qui a été, jusqu'aux recherches de Heider, la meilleure introduction à l'étude du symbolisme figuratif.

A l'imitation des cathédrales françaises, la cathédrale de Canterbury fut ornée de vitraux dont plusieurs étaient des productions du symbolisme typologique. Voici, par exemple, le plan de la première fenêtre du côté nord (') :

David Habacuc prononçant la prophétie prononçant la prophétie

Gaudebunt campi ÇPs. xcv, 12) Opérait cœlos (Hab. ni, 3)

La Miséricorde La Visitation et la Vérité

La verge d'Aaron

La statue vue en songe par Nabuchodonosor

Le buisson ardent

L'Annonciation à Marie

L'Annonciation aux bergers

L'Enfant Jésus au berceau

La Paix embrassant la Justice

La toison de Gédéon

(1) Cf. Dehio, L'Influence de l'art français sur l'art allemand au treizième siècle, dans la Revue archéologique, 1900, t. II, p. 204 ; Weese, Die Bamberger Domsculpturen, 1897 ; K. Franck-Oberaspach, Der Meister der Ecclesia und Synagoge am Strassburger Munster, Dusseldorf, 1908.

(2) Vitraux peints de Saint-Étienne de Bourges, Paris, i842-i844- Cf. Mâle, L Art religieux du treizième siècle, 2^ éd., p. 178.

(3) D'après W. Sommer, The antiquities of Canterbury (Londres, i64o, in-4), p. 385. Cf. Clément Heaton, Early stained glass in Canterbury cathedral {The Burlington Magazine, juin 1907).

De la même époque date le vitrail du chœur de Téglise abbatiale de Saint-Vit, à Miincheiî-Gladbach('). Il est divisé dans le sens de la hauteur en deux parties, consacrées l'une au Nouveau, l'autre à TAncien Testament:

Le Christ en majesté.

La Pentecôte.

La Résurrection.

La Mise au tombeau.

La Crucifixion.

La Flagellation.

La Cène.

Le Baptême du Christ.

L'adoration des Mages.

L'Enfant Jésus présenté

au Temple.

La Nativité.

L'Annonciation à Marie.

(Manque. Sans doute,

l'Annonciation k Joa-

chim.)

La Vierge en majesté.

Moïse recevant les tables de la Loi.

Jonas vomi par la baleine.

Jonas jeté à la mer.

Le serpent d'airain.

Achior lié à un arbre.

L'agneau pascal.

Le bain de Naaman.

La reine de Saba devant Salomon.

L'enfant Samuel présenté au Temple.

Le buisson ardent.

L'Annonciation à Abraham.

Balaam et l'ange.

A Brandebourg, dans l'église des Dominicains, le vitrail de la fenêtre centrale du chœur représente les sujets suivants(^) :

Jonas vomi par la

baleine.

Moïse avec les tables

de la Loi, ?

Cham se moque de Noé.

L'arche de Noé, Le buisson ardent.

L'Ascension (dans la lunette)

La Résurrection.

La Crucifixion.

Le Portement de

croix.

La Flagellation.

La Cène.

Le Baptême de J.-C, La Nativité.

Sanison enlevant la porte de Gaza.

Le serpent d'airain.

La veuve de Sa-

repta.

Élie bafoué.

La manne.

Moïse sauvé des

eaux.

La verge d'Aaron.

(') Glemen, Kunstdenkmaler, t. III, 4, P- 32, pl. v; Oidtmann, G lasmalerei, II, p. 2 22. Les vitraux de l'ancienne église des Dominicains de Cologne présentaient une typologie analogue (Oidtmann, op. laud., II, p. 225).

(-) Oidtmann, op. laud., II, p. 3o6.

Ce vitrail est du quatorzième siècle. Du quatorzième siècle aussi datait la clôture du chœur de N.-D. de Paris, où étaient sculptées les « ystoires » de la vie de J.-C, accompagnées, croit-on, de leurs préfiqures (^).

Mais la clôture du chœur de N.-D. de Paris, le vitrail des Dominicains de Brandebourg, sont postérieurs au S. H. S. Nous voilà loin du douzième siècle. Il y faut revenir pour finir de retrouver les origines de l'ouvrage dont nous parlons.

(') Hist. lut. de la Fr. au guatorcième siècle, par J.-V. Le Clerc et Renan, t. II, p. 273.

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