‹ Étude sur le terme dynamis dans les dialgogues de PlatonChapitre 20 sur 73 · PRE - DER · texte numérisé non relu

PRE - DER

(4) Bunxer. Early Greek. loc. cit. :

(2) Taycor. Varia Socratica. The words εἴῦος, ἰδέα... p. 238 566. (3) Burner. Early Greek .. P. 111.

(4) Tayzor. The words εἶδος, ἰδέα... pp. 259-260. (5) Πυθαγόρειου à ὡς μεγίστ υ ὅρχου ὄντος τῆς τετράδος : οὐ μὰ τὸν ἁμετέρᾳ ψυχᾷ παραδόντα τετραχτύν, παγὰν ἀενάου φύσεως δίζωμα τ τ᾽ ἔχουσαν.

AT. Plac. 1, 3. 8. Πιει.5. Dre 281.

ταύτην ὁ Πυθαγόρας ἔφη ἱερὰν τετραχτὺν « πηγὴν devaou φυ ἡσεὼς δι ζώματα ἔχουσαν.. " ᾿ HrppoL. ως Philosoph 2 2. 9. Deus. Doxogr. 556. (6) … χαὶ ἐχ τούτου τοῦ ἀριθμοῦ πάντας ἔχειν τοὺς ἀριθμοὺς

ΔΤ τὺ ΤΡ réa l ΝΜ

affirmer la puissance de développement que renferment les quatre premiers entiers groupés et additionnés, la propriété constilutive du nombre 10 qu’exprimera de façon évidente la surface triangulaire :

On pourrait, en effet, représenter ce nombre de façons très. diverses, au moyen d’une ligne droite, par exemple, ou d’un rectangle. Mais sa forme spéciale, caractéristique, est le

triangle. Seule une semblable figure et une telle disposition

des points-unités rend compte de la perfection essentielle qui réside, suivant Pythagore, dans les quatre premiers. nombres et qui permet de former le nombre fondamental. La tétrade est δύναμις de la décade, parce qu’elle la constitue, parce qu’elle la réalise et l’exprime, ainsi qu’on peut le constater dans le triangle équilatéral, parce qu’elle est en définitive sa propriété distinctive, son élément primitif. La décade n’est, en réalité, qu'une somme des quatre premiers entiers : Πρὸ γὰρ τῆς κατὰ διέξοδον τελειότητος τῆς ἐν τῇ δεχάδι, ἡνωμένη τις τελειότης ἐν τῇ τετράδι θεωρεῖτα!ι. Κατὰ γὰρ σύνθεσιν τὴν ἀπὸ μονάδος ἕως τετράδος, δεχὰς τὸ πᾶν ἀθροισμα γίνεται. Α΄ γὰρ, χαὶ β΄, καὶ γ΄, καὶ δ΄, τὴν δεκάδα πληροῖ (1).

C’est pourquoi les idées de propriete fondamentale ou distinctive me paraissent assez exactes pour traduire cette δύναμις dont les mathématiciens Grecs faisaient le principe, la source de développement des nombres, si l’on peut toutefois généraliser l’exemple très clair de la décade.

Πιρροι,. Philosoph. 2. 9. θεκι8. Doxogr. 556.

Sur les nombres de la décade et leurs propriétés, cf. le fragment des Théologoumènes de Speusippe. Dics : Die Fragmente der Vorsok. I. p. 303. 33 sqq. Tannery en donne une traduction et un commentaire dans l'ouvrage : Pour l’histoire de la science hellène, p. 386 sqq.

(4) HiéROCLES. Comment. in aur. Carm., MuiLacn. Fragm. 1, 465 A.

ARE τ οὐ ΩΝ ἡ START «Ha ΠΝ blé AVE Le ER ND me CR ΗῚ

26 LE TERME δύναμις AVANT PLATON.

Or en se souvenant de la théorie pythagoricienne qui assimile les choses aux nombres, ou du moins fait du nombre la condition indispensable de leur connaissance, on verra comment peu à peu s’est introduit dans le vocabulaire scientifique ce sens spécial de propriété distinctive ou de qualité essentielle. Si la δύναμις désigne l'élément qui préside à l'établissement des nombres et représente en chacun d’eux le groupement des termes qui les constituent, il est facile de comprendre que le mot se retrouve avec une acception analogue chez des écrivains très au courant des conceptions et du langage mathématiques, et pour lesquels l’univers n’est qu’un système de figures géométriques et de nombres.

De fait, Parménide, dont le système cosmologique est étroitement apparenté aux spéculations mythiques du pythagorisme (1), construit le monde au moyen des δυνάμεις qui composent la lumière ou la nuit, les deux grands facteurs du cosmos. Et ces δυνάμεις ne sont autres que les qualités opposées : le chaud et le froid, le dur et le mou, le léger et le dense. En vertu de leurs arrangements et de leur aboutissement définitif aux deux forces organisatrices : le φάος et la γύξ, les corps se trouvent constitués :

1500 καὶ τὰ χατὰ σφετέρας δυνάμεις ἐπὶ τοῖσί TE χαὶ τοῖς, : πᾶν πλέον ἐστὶν ὁμοῦ φάεος χαὶ γυχτὸς ἀφάντου ἴσων ἀμφοτέρων, ἐπεὶ οὐδετέρωι μέτα μηδέν.

(Diezs. Vorsok. I, 189, fr. 9, 10 sqq.).

— Ce serait bien aussi le sens attribué déjà au terme avant Parménide par le médecin de Crotone Alcméon, que l’on s'accorde à regarder « comme un disciple de Pythagore et 4 comme le premier physiologue italique (2) ». Pour lui, la ἔπ, santé est un équilibre de qualités, et la combinaison des δυνάμεις, humide, sec, froid, chaud, amer, doux, assure seule au corps son bon fonctionnement : ᾿Αλχμαίων τὴς μὲν ὑγεΐας

ἊΝ 2 \ \ » , - o ’ t p - - Ale es ELYAL συνεχτιίχην τὴν LGOYOUL TV τὼν OUYIUEUWY υγϑου ST200 ψυχροῦ

) Voir là-dessus ΤΆΝννεαυ, Pour l'histoire de la science hellène, p.234sqq.

(ἰ (2) 1βῖν. Id. p. 203.

τ ἼΩΝ M" ee μεν { Ἢ - ᾿

LE SENS MATHÉMATIQUE τὸ

ϑερμοῦ πικροῦ γλυκέος καὶ τῶν λοιπῶν, τὴν δ᾽ ἐν αὐτοῖς μοναοχίαν νόσου ποιητικήν... (AET. Plac. V, 30, 1. DieLs. Doxogr. 442.)

— Enfin les quelques renseignements qui nous’restent sur Ecphante de Syracuse, qui fut peut-être un contemporain de Platon({), nous rapportent que ce pythagoricien pour qui les indivisibles étaient les principes des corps, affirmait de ces particules élémentaires trois propriétés : la grandeur, la forme et la δύναμις. Et de ces particules sont composés tous les êtres sensibles : τὰ μὲν πρῶτα ἀδιαίρετα εἶναι σώματα καὶ παραλλαγὰς αὐτῶν τρεῖς ὑπάρχειν, μέγεθος σχῆμα δύναμιν, ἐξ ὧν τὰ αἰσθητὰ γίνεσθαι (2). Or le rôle de cette δύναμις est de mouvoir les indivisibles, et cette puissance, Ecphante l’appelle intelligence, âme : κινεῖσθαι de τὰ σώματα μήτε ὑπὸ βάρους UNTE πληγῆς, ἀλλ᾽ ὑπὸ θείας δυνάμεως, ἣν νοῦν καὶ Lo προσαγορεύει. Par cette δύναμις, le monde recoit sa forme ; grâce à elle, il est sphérique : τούτου μὲν οὖν τὸν χόσμον εἶναι: ἰδέαν, δι᾿ ὃ καὶ σφαιδοειδὴ ὑπὸ θείας δυνάμεως γεγονέναι.

Sans doute, on sera tente de traduire le terme par force ou par puissance, et je ne conteste pas que le ton mythique de cette cosmologie ne donne quelque droit de le faire. Pourtant n’y a-t-il pas lieu de préciser davantage? Si l’on rattache cette doctrine à la théorie essentielle du pythagorisme, — théorie que doitavoir connue etadoptée Ecphante, puisqu'il appartient à l’école, — et à la formule bien connue : « les choses sont nombre(3) », ne pourrait-on soutenir que la δύναμις motrice des indivisibles qui opère le rapprochement et l’organisation des corps, s’identifie à la propriété fondamentale des nombres, la δύναμις τοῦ ἀριθμοῦ dont parle Philolaos(4), qui explique

(4) Sur Ecphante, cf. Tannery. Archiv. XI, 1898, p, 263. (2) Hippoz. Refut. 1. 15. DieLs. Vorsok. p. 340. 24 5{{.

(3) Voir, par exemple, AmistotE. Met. N 3. 1090 A20 — M 6. 1080 BIS : τὸν γὰρ ὅλον οὐρανὸν κατασχευάζουσιν ἐξ ἐπ ιθμῶν.... --Α 8, 990 ΑΞἜι’ιἅο (4) ἴδοις δέ χα οὐ μόνον ἐν τοῖς ὃαι υονίοις χαὶ θείοις 7 πράγμασ: τὸ" τῷ ἀριθὼ φύσιν χαὶ τὰν δύναμιν Fosse ἀλλὰ χαὶ ἐν τοῖς ἀνθρωπικοῖς ἔργοις καὶ λόγοις πᾶσι παντᾶ χαὶ κατὰ τὰς δημιουργίας Ως τεχνιχὰς πάσας χαὶ χατὰ τὰν ὑμουσικᾶν. (Dies.

Vorsok, 3138 fr. 11. 17 544.) s'appuyer sur ces prétendus fragments qu'avec assez de deliance. Les

Toutefois, il faut se souvenir qu'on ne peut

LE TERME δύναμις AVANT PLATON.

leur représentation graphique. Si le monde pour Ecphante est une sphère, c’est-à-dire un nombre sphérique, c’est que précisément la figure ; géométrique n’est que l'expression de la propriété spéciale, de la δύναμις qui réside dans ce nombre particulier, comme le triangle est l’expression géométrique de la propriété spéciale ou de la δύναμις qui réside dans la décade,

Les médecins et les sophistes, s'emparant de la signification nouvelle et l’unissant au concept primitif de force, ont préparé la fixation philosophique du terme, et nous devrons chercher à retrouver cette élaboration progressive que les textes laissent deviner.

Mais il faut dire auparavant un mot du sens plus technique que déjà les anciens mathématiciens grecs avaient attribué à la δύναμις, et qui par le latin potentia a passé dans notre vocabulaire scientifique moderne.

C'est par métaphore, dit Aristote dans la Métaphysique, qu’on parle de puissance en géométrie (1) ». Et il aflirme que dans la langue grecque, le mot, avec ce sens particulier, est une pure homonymie : « Certaines δυνάμεις, en géométrie, par exemple, ne sont ainsi appelées que par suite de quelque ressemblance. Nous disons les choses possibles ou impossibles, parce qu’elles sont ou ne sont pas d’une certaine façon (2) ». Paraphrasant ce passage de la Métaphysique,

textes qui nous sont parvenus sous le nom de Philolaos ont été fort probablement remaniés par des écrivains postérieurs. — Voir là-dessus Buxer. Early Creek Philosophy ?, p. 326 sqq.

Aristote attribue aussi aux Pythagoriciens cette théorie des vertus naturelles des nombres qui paraissent groupées en séries suivant les deux principes du Bien et du Mal. A la série du Bien, appartiendraient l'unité, la lumière, l'impair.….: à celle du Mal, la pluralité, le pair... etc. ἐχεῖνο μέντοι ποιοῦσι φανερὸν ὅτι. τὸ εὖ ὑπάρχε: χαὶ τῆς συστουχί ας ἐστὶ τῆς τοῦ χαλοῦ τὸ περιττόν, τὸ εὐθύ, τὸ ἴσον, αἱ δυνάμεις ἐνίων ἀριθμῶν... Met. N. 5. 1093. Β1

(1) κατὰ μετὰφ ορὰν ὃξ ἢ ἐν τῇ γεωμετρίᾳ λέγεται ὃ δύναμις. (Met. À 12. 1019. B: 38.)

(2) τούτων δ᾽ ὅσαι μὲν ὁμωνύμως λέγονται δυνάμεις ἀφείσθωσαν. ἔνιαι γὰρ ὁμοιότητι τινι λέγονται χαθάπερ ἐν γεωμετρίᾳ, καὶ = \ ς δυνατὰ HAL ἀδύνατα λέγομε ν τῷ εἶνα! πως Ἢ UT 1046. À. 6.)

Alexandre Aphrodisias (1) explique cette ressemblance : si une ligne droite est double d’une autre, son carré peut réaliser quatre fois le carré de cette autre. En langage technique, cette ligne double élevée à la seconde puissance (expression qui traduit toute l’idée : ce que vaut, ce que peut produire la ligne dont le carré ἃ été formé), est quadruple de l’autre ligne, moitié moindre, également élevée à la seconde puissance, — ou quadruple de son carré : ... εἰ ἔστιν ἥδε ἢ εὐθεῖα διπλασία τῆσδε, καὶ ὃ δύναται τετράγωνον τετραπλάσιόν ἐστι τοῦ τετραγώνου ὃ δύναται ἣ λοιπή. Les nombres fourniront un exemple encore plus clair, et l’on voit comment 16, carré de 4, double de 2, est le quadruple du carré de 2 ou #4: ὃ γὰρ τέσσαρα διπλάσιος ὧν τοῦ δύο καὶ ἀπὸ τοῦ τέσσαρα. τετράγῶνον, ὅ ἐστι καὶ δεχαέξ, τετραπλάσιόν ἐστι τοῦ ἀπὸ τοῦ δύο, ὅπερ ἐστὶ χαὶ τέσσαρα. Ainsi s’unit par analogie à la conception du carré celle de la puissance, car le premier développement que subiront soit une ligne, soit un nombre multiplié par luimême, sera précisément la constitution du carré dont ils trouveront la genèse en eux seuls, sans l’aide d’aucun facteur étranger. Et la capacité de ce carré, ce qu’il peut exprimer ou produire, sa puissance, en un mot, sera un résultat de sa formation. Dès lors on comprend que le terme δύναμις en arrive facilementàsignifieréquivalemmentlaseconde puissance ou lecarre.

Le même commentateur justifie encore par Ce raisonnement le nom de ἀνικία que les Pythagoriciens donnaient à la πέντας. Dans les triangles rectangles, un des côtés de l'angle droit vaut 3, l’autre 4, l’hypothénuse ὃ. Or cette hypothénuse a son carré égal à la somme des deux autres côtés, (elle est en puissance égale aux deux autres côtés) : … ἣ ὑποτείνουσα ἴσον δύναται ἀμφοτέραις ἅμα... Aussi l’appelle-t-on productrice, triompbhatrice, tandis que les côtés sont des produits, des dominés. C’est pourquoi à est dit invaincu, puisque loin d’être surpassé, il surpasse : διὰ τοῦτο ἣ μὲν δυναμένη χαλεῖτα. αἱ δὲ δυναστευόμεναι, χαὶ ἔστι πέντε. τήν τε πεντάδα ἀνιχίαν ἔλεγον ὡς μὴ νικωμένην ἀλλ᾽ ἀήττητον καὶ κρατοῦσαν(3).

(1) Scholia in Aristotelem, éd. Brandis ἢ. 777, B41, (2) Id. P. 561. Α 44.

30 LE TERME δύναμις AYANT PLATON.

Que les mots δύναμις, δυναμένη, pour désigner soit le carré, soit l’hypothénuse, remontent aux premiers mathématiciens grecs, la chose paraît très probable. On constate l'existence de δύναμις avec ce sens dans l’œuvre d'Hippocrate que sans doute Eudème reproduit directement (1). Pour établir le fameux problème de la quadrature des lunules, le mathématicien de Chios s’appuyait sur cette proposition que deux segments de cercle semblables ont entreeux le même rapport que leurs bases en puissance, ou les carrés de leurs bases, ce qu'il prouvait à l’aide du théorème correspondant sur deux cercles : les cereles sont entre eux comme les carrés de leurs diamètres (2) : ἀρχὴν μὲν οὖν ἐποιήσατο χαὶ πρῶτον ἔθετο τῶν πρὸς αὐτοὺς χρησιμῶν, ὅτι τὸν αὐτὸν λόγον ἔχει τά τε ὅμοια τῶν χύχλων τμήματα πρὸς ἄλληλα καὶ αἱ βάσεις αὐτῶν δυνάμει. τοῦτο & ἐδείκνυεν dx τοῦ τὰς διαμέτρους δεῖξαι τὸν αὐτὸν λόγον ἔχούσας ᾿ τοῖς χύχλοις..:

Le vocabulaire scientifique pourtant a-t-il été bien fixé dès l’origine, et ne peut-on constater dans les débuts quelque flottement? Certains passages de Théétète, sur lesquels nous

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reviendrons plus loin, tendraient à montrer qu'il y ἃ eu

parfois confusion de sens entre δύναμις et δυναμένη, et si le texte n’est pas corrompu, au lieu de carré, δύναμις signifierait racine carrée. Ainsi deux acceptions différentes auraient été à peu près simultanément adoptées pour un même terme. Toutefois, il faut l’avouer, le cas de Théetète est assez exceptionnel, et nous ne possédons guère, je crois, d’autres exemples pour contrôler le fait. D’une façon générale, la langue technique des mathématiciens qui ont précédé Platon,

(1) Le texte d'Eudème est cité par Simplicius. Cf. édit. Rudio : Der Bericht des Simplicius über die Quadraturen des Antiphon und des Hippokrates, pp. 47, 48. .

(2) Cette proposition que l’on trouve dans Euclide (prop. 3, livre XII) a été probablement découverte par Hippocrate à qui, du reste, on attribue un certain nombre de propositions euclidiennes, celles notamment qui concernent la géométrie du cercle dont Hippoerate fut le créateur. Sur Hippocrate, cf. W. Rouse Bal. Histoire des Mathématiques 3 1, traduct. Freund, p. 41 et ZEUTREN. Histoire des Mathématiques dans l'antiquité. waduct. Mascart, p. 58. Te

ιν τεῦ D ΕΝ ΦΙ ΠΥ PT 2) M Ld Au PROS Cp it 21)" AT ΩΣ μ ἐς F ' ἮΝ ΝΣ, ὙΠ ἀκ GT Ta à

LA δύναμις CHEZ LES MÉDECINS ET LES SOPHISTES. 37.

a réservé au carré, et plus exactement peut-être à la seconde / puissance du nombre, le nom de δύναμις (1). |

$ 3. LA δύναμις CHEZ LES MÉDECINS ET LES SOPHISTES

« L'école médicale de Cos, dit Burnet, était très vivante au temps de Platon. Elle eut sur ce dernier et beaucoup plus encore sur Aristote, une influence considérable (2) ». Taylor a vérifié cette affirmation dans son étude sur εἶδος, ἰδέα (3). Il a montré que ces termes, employés déjà d’une façon qui rappelle étonnament l’usage platonicien, abondaient, sinon dans les simples manuels de « médecine empirique », du moins dans ceux plus spéculatifs, où la médecine est traitée comme une partie de la biologie et de la cosmologie sophistiques. 11 ἃ constaté particulièrement la présence de ces expressions là où se devinent les théories d’Aleméon, d’Héraclite, d’Anaxagore, de Diogène, etsurtout d'Empédocle, c’est-à-dire là où prédominent des doctrines pythagorisantes, et il conclut que la notion d’etèn est dans la médecine, comme dans la rhétorique, une importation de la géométrie pythagoricienne. Un examen détaillé de certains autres mots techniques aboutirait, je crois, au même résultat, et Taylor amorce parfois cet examen (4). On voit donc quelle est l'importance de ces petits traités médicaux pour qui veut remonter à l’origine du vocabulaire philosophique et par conséquent de la pensée de Platon (5). C’est pourquoi je n'ai

(4) Peut-être existe-t-il entre les mots δύναμις οἵ τετράγωνος une relation semblable à celle qui existe entre nos expressions : seconde puissance et carré. L'une se réfère au nombre, l’autre à la surface géométrique. Cf. Canror. Vorlesungen. 1. Ὁ. 207.

(2) Burxer. Early Greek..…, p. 235.

(3) Varia Socratica, voir spécialement pp. 212, 213.

(4) Par exemple pour συναίτια, μεταίτια, Varia Socratica, p. 236.

(3) M. Diès ἃ donné une excellente étude sur l'état actuel de la critique au sujet des œuvres d'Hippocrate, dans la Revue de Philosophie. XXI, 1912, p. 56 sqq., 663 sqq. On trouvera dans ces articles la bibliographie essentielle de la littérature hippocratique.

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πος τῇ ἝΞ ἥτε τ συν ῇ«φρονν es

59 LE TERME δύναμις AVANT PLATON.

pas voulu me contenter d'indications sommaires, mais j'ai préféré donner la série, à ma connaissance complète, des textes hippocratiques concernant la ôvvauts. Je cite, quand €<’est possible, d’après l'édition Küblewein; pour les traités qui ne sont pas dans ces deux volumes, je me réfère à l’édition Littré.

Περὶ ᾿Αρχαίης ζητριχτς (Ed. KULHEWEIN, ]).

— 4, 5. Dans les premiers temps, les hommes se nourrissaient uniquement de fruits, d'herbe, de foin... Mais ils

éprouvaient de nombreuses et violentes souffrances à cause

de cette alimentation rude et agreste, car ils devaient se sustenter avec ces mets crus, sans mélange, aux effets trop >

violents : ὡς γὰρ Fo πολλά τε χαὶ δεινὰ ὑπὸ ἰσχυρῆς τε

χαὶ θηριώδεος ὃ διαίτης ὠμά τε χαὶ ἄχρ ONTX χαὶ μεγάλας ὀυνάυμιας

A l’idée de force exprimée ici par δύναμις se joint encore

celle de manifestation extérieure ou d’action de ces diverses

substances sur le corps. Elles sont nuisibles parce que leur nature ne s'adapte pas suffisamment au tempérament humain, et cette nature se fait connaître par les δυνάμεις qui la

composent.

— 4, 99, Les hommes alors ont fait bouillir et rôtir les

aliments; ils ont fabriqué des mélanges, tempéré par des

matières plus faibles ce qui était fort et intempéré, se réglant en toute chose sur la nature et les forces de l’homme : …

» ν r° “ L ἥψησαν τε καὶ ὥπτησαν καὶ ἔμιξαν, χαὶ ἐκέρασαν τὰ ἐσχυρά TE

Je traduis ici δύναμις par Dre On remarquera toutefois le rapprochement de φύσις et de δύναμις que nous constaterons en maints autres textes de la collection hippocratique. Ce rapprochement ailleurs sera plus significatif. Et peut-être déjà faudrait-il élargir l’idée de force. La δύναμις ne seraitelle pas dans l’homme, comme dans les choses, l'expression constatable de la φύσις)

— 14. 17. Le pain est soumis au feu et à l’eau, et subit plusieurs préparations dont chacune a une action (une pro-

priété active) et une nature particulière : ... ὃ γὰρ χαὶ πυρὶ χαὶ ὕδατι δέδοται χαὶ ἄλλοις πολλοῖσι ἤργασται, ὧν ἕκαστον ἰδίην δύναμιν χαὶ φύσιν ἔχει..

— 15. 4. Il faut en dire autant des préparations de la pâte d'orge. Les actions (propriétés actives) de chacune sont considérables et l’une ne ressemble en rien à l’autre : ... ὡς

LA \ \ ι Ὁ , rs ’ δ᾽ αὐτῶς χαὶ περὶ μάζης. χαὶ αἱ δυνάμιες μεγάλαι TE ἑχάστου

Dans ces deux textes, où l’on s'occupe des différentes préparations des aliments, on attribue à chacune de ces préparations une δύναμις particulière, une δύναμις caractéristique et distinctive, in δύναμις, qui sépareet individue les opérations, de sorte que l’une ne ressemble en aucune manière à l’autre. Je note tout spécialement cette idée que l’on rencontre ici pour la première fois, car elle sera reprise et développée par Platon. La δύναμις, principe de distinction des êtres, sera précisée, nous le verrons, dans la philosophie des Dialogues.

— 16. 2. Dans l’homme se trouvent le salé, l’amer, le doux, l’acide, l’acerbe, l’insipide, et mille autres substances dont les propriétés sont extrèmement variables en quantité et en force : ἔνι γὰρ ἐν ἀνθρώπῳ χαὶ ἁλμυρὸν καὶ πικρὸν καὶ γλυχὺ χαὶ ὀξὺ καὶ στρυφνὸν καὶ πλαδαρὸν χαὶ ἀλλα μυρία παντοίας δυνάμιας ἔχοντα πληθός τε καὶ ἰσχύν.

— 16. 30. Les aliments ordinaires, comme le pain, la pâte d'orge... ne renferment pas de substances intempérées et excessives. De ces aliments qui pénètrent dans l’homme, ne proviennent nul trouble, nulle séparation des qualités qui constituent le corps, mais ils produisent vigueur et accroisse-

“ment : ... χαὶ ἀπὸ τούτων πλείστων ἐσιόντων ἐς τὸν ἀνθρωπον τάραχος χαὶ ἀπόχρισις τῶν ἀμφὶ τὸ σῶμα δυναμίων ἥκιστα γίνεται, ἰσχὺς δὲ καὶ αὔξησις...

-- 17. 13. S'il arrive qu'une substance chaude soit acerbe, une autre substance chaude, insipide, une autre encore, violemment active, — car il y ἃ une foule de substances chaudes qui ont bien d’autres qualités (propriétés) opposées, — il faudra cependant donner la substance chaude qui est acerbe, ou celle qui est insipide..., ete... : ei δὲ δὴ τυγχάνει τι θερμὸν ἐὸν στρυφνόν, ἄλλο dE θερμὸν ἐὸν πλαδαρόν, ἄλλο δὲ

ÉTUDE, ὃ

94 LE TERME οὐναμμες AVANT PLATON.

— 18. 8. Pour moi, je pense que de toutes les qualités, le froid et le chaud sont celles qui influent le moins sur le corps humain :. Φὐφιχρότητα δ᾽ ἐγὼ καὶ θερμότητα πασέων ἥχιστα τῶν δυναμίων γομίζω" OUVATTEUEL.V ἐν TO σ σώματ τι...

— 18. 3. Ce n’est pas le chaud qui ἃ l’action δ plus considérable, mais c’est l’acerbe et l’insipide.…. et toutes ces qualités que J'ai énumérées dans l’homme et hors de l’homme, dans ce qu’il mange et ce qu’il boit, dans les substances avec lesquelles il se fait des onctions, et dans celles qu’il lui arrive d'appliquer sur son Corps : οὐ γὰρ τὸ θερμόν ἐστιν τὸ τὴν μεγάλην δύναμιν ἔχον, ἀλλὰ τὸ στρυφνὸν καὶ τὸ πλαδαρόν...

— 30. 2. Puisque les deux contraires (chaud et froid) se succèdent avec tant de rapidité et se neutralisent mutuellement (s’enlèvent leur force, leur action), qu’en attendre de grand et de terrible? ᾧ οὖν διὰ τάχεος οὕτω παραγίνεται τὸ ἐναντιώτατόν τε χαὶ ἀφαιρεόμενον τὴν δύναμιν ἀπὸ τωὐτομάτου, τι ἂν ἀπὸ τούτου μέγα ἢ δεινὸν γένοιτο:.

— 30. 14. Il y a une substance à la fois chaude et amère, une autre à la fois chaude et acide, une autre à la fois chaude et salée, et ainsi pour une quantité de substances ; il y a de même une substance froide avec autant de GONE différentes : ἀλλ᾽ ἔστι καὶ πιχρὸν καὶ θερμὸν τὸ αὐτό, χαὶ ὀξὺ καὶ θερμόν,

— 20. 17. Le chaud sans doute est aussi présent (avec l'acide, le salé, etc...). Il possède la force suflisante pour diriger, activer, augmenter la qualité à lui jointe, mais n’a aucune vertu (proprieté active) plus considérable que celle qui lui est propre : συμπάρεστι δὲ καὶ τὸ θερμόν, ῥώμης μὲν ἔχον ὅσον τὸ ἡγεύμενον καὶ παροξυνόμενον χαὶ αὐξόμενον ἅμα ἐχείνῳ, δύναμιν δὲ οὐδεμίαν πλείω τῆς προσηχούσης

— 22. 15. I1 faut considérer comme cause des maladies tout ce qui coexiste avec elles, tout ce qui, se transformant, amène leur disparition. Done toute maladie qui procède uniquement du chaud ou du froid, sans participation d'aucune autre qualite, cesserait par le changement du froid

en chaud ou du chaud en froid : ... ὁπόσα οὖν ἀπ᾽ αὐτῆς τῆς LA » La “ 1> ’ \ Δ. LA A = s θέρμης εὐλιχρινέος ἡ ψύξιος γίνεται καὶ μὴ μετέχει ἄλλης δυνά-

- 22. 20. Sache donc que les autres maladies de l’homme proviennent toutes des qualités : ἴσθι τοίνυν τἄλλα ὅσα χαχοπαθεῖ ὁ ἄνθρωπος ὡς πάντα ἀπὸ δυναμίων γίνεται.

— 28. 18. La coction, le changement, l’atténuation, l’épaississement jusqu’à former des humeurs, s’opèrent de différentes manières. Rien là ne se peut attribuer au chaud et au froid... Que devons-nous donc y voir, sinon des mélanges d’humeurs qui ont des propriétés diverses les unes par rapport aux autres : ... τί γὰρ αὐτὸ φήσομεν εἶναι χρήσιας αὐτῶν ἄλλην πρὸς ἀλληλα ἐχούσας δύναμιν ;

— 24, 1. L'état le meilleur pour l’homme est celui où tout reste dans la coction et le repos, quand aucune qualité particulière ne se manifeste : ... ὅταν “ πᾶν» πέσσηται χαὶ ἐν ἡσυχίῃ ἡ μηδεμίαν δύναμιν ἰδίην ἀποδεικνύμενον...

— 95. 8. En médecine, il faut connaître les relations des aliments avec le corps humain, pourquoi certains sont nuisibles... Par exemple, le vin pur bu en grande quantité affecte l'homme d’une certaine manière. Il suffira d’ouvrir les yeux pour voir que précisément tels sont les effets propres du vin (son action caractéristique) de causer cet état : οἶνος ἄχρητος πολλὸς ποθεὶς διατίθησί πως τὸν ἄνθρωπον * χαὶ πάντες ἂν οἱ εἰδότες τοῦτο γνοίησαν, ὅτι αὕτη δύναμις οἴνου χαὶ αὐτὸς αἴτιος.

- 96. 18. Le médecin, me semble-t-il, doit savoir quelles maladies proviennent des propriétés et quelles, des figures. J'appelle en effet δύναμις les propriétés extrèmes et la force active des humeurs ; σχήματα, toutes les figures (ou formes) qui se trouvent dans l’homme : ... Δεῖν δέ μοι δοχεῖ χαὶ ταῦτα εἰδέναι, ὅσα τῷ ἀνθρώπῳ παθήματα ἀπὸ δυναμίων γίνεται. καὶ ὅσα ἀπὸ σχημάτων. λέγω δέ τι τοιοῦτον, δύναμιν μὲν εἶνα. τῶν χυμῶν τὰς ἀχρότητας τε καὶ ἰσχύν, σχήματα dE λέγω ὅσα ἔγεστιν ἐν τῷ ἀνθρώπῳ...

— 30. 9. On ἃ déjà parlé des différentes propriétés des humeurs et de ce que chacune peut produire, ainsi que de

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La

36 LE TERME δύναμις AVANT PLATON.

laffinité qu’elles ont les unes pour les autres : ... περὶ δὲ δυναμίων χυμῶν αὐτῶν τε ἔχαστος ὅ τι δύναται. ποιεῖν τὸν ἄνθρωπον ἐσχέφθαι, ὥσπερ καὶ πρότερον εἰρηται, XAL τὴν συγγέγειαν ὡς ἔχουσι πρὸς ἀλλήλους.

De ce premier traité, un des plus importants de la collection hippocratique pour l'intelligence de la philosophie grecque (1), se dégagent déjà quelques conclusions. Sous le terme δύναμις se trouvent comprises deux idées qui se complètent mutuellement, Les substances se manifestent par leurs qualités. Les choses sont rendues sensibles par ces propriétés telles que le froid, le chaud, l’amer, le 8816..., qui leur permettent d’entrer en relation avec les autres corps. Or ce sont là autant de δυνάμεις, d’entités distinctes qui constituent, pour ainsi dire, l’extériorisation de la substance. Mais ces entités elles-mêmes ne peuvent être connues qu’en agissant : l’action est comme leur raison d’être, et l’action les caractérise, les individue. Le froid diffère du chaud ou de l’amer, ou du salé, parce qu’il produit tel effet déterminé. Il pourra se combiner avec les autres qualités, mais il ne se confondra pas avec elles, parce que son action ne leur est pas identique. Et cette action des qualités, c’est encore leur δύναμις. — Le terme désigne donc à la fois leur essence et leur manière

propre de se manifester.

Περὶ ἀέρων ὑδάτων τόπων (KULHEWEIN, ἢ).

33. 9. Qui veut approfondir la médecine doit aussi connaître les qualités des eaux. Si elles diffèrent par la saveur et le poids, elles ne diffèrent pas moins par leurs propriétés : . δεῖ δὲ καὶ τῶν ὑδάτων ἐνθυμεῖσθαι τὰς δυνάμιας * ὥσπεο γὰρ ἐν τῷ στόματι διαφέρουσι καὶ ἐν τῷ σταθμῷ, οὕτω χαὶ ἣ δύναμις ου.

— 68. 5. L'âme des Asiatiques est asservie et ils n’accep-

(4) Cf. Taylor, Varia Socratica, pp. 215. 216. L'auteur du Περὶ ἀρχαΐης ἑητρικῆς paraît être un de ces promoteurs de la médecine empirique qui lutte contre l'abus des théories philosophiques dans le domaine médical. Il connaît et combat la doctrine des quatre éléments d'Empédocle qui ne

peut servir de base à la médecine.

LA δύναμις CHEZ LES MÉDECINS ET LES SOPHISTES. 21

tent pas volontiers de s’exposer au péril pour accroître la HIMSSQUE d'autrui : αἱ γὰρ ψυχαὶ δεδούλωντα!ι καὶ οὐ βούλοντα:

Προγνωστιχκόν (KULHEWEIN, [).

— ἴδ. 18. Il faut donc connaître quelle est la nature de semblables maladies, combien elles dépassent les forces du corps, voir s’il y ἃ en elles quelque chose de divin : ... yvwvat οὖν χρὴ τῶν τοιούτων nie τὰς φύσιας, ὁχόσον ὑπὲρ τὴν δύναμίν τῳ τῶν σωμάτων..

— 83. 4. Il faut penser que la bonne respiration ἃ une grande TR sur la conservation du malade : ... εὐπνοιαν dE χρὴ νομίζειν χάρτα μεγάλην δύναμιν ἔχειν ἐς σωτηρίην.

— 107. 19. Celui qui veut donner un pronostie Juste sur les malades qui guériront ou ceux qui suecomberont, sur les maladies plus ou moins longues, doit juger d’après l’étude des signes et en comparant entre elles les diverses significations, comme l'indique l’ensemble des descriptions qui en sont faites, en particulier celles des urines et des crachats, lorsque, par exemple, l’expectoration est à la fois purulente et bilieuse... : Χρὴ ὃὲ τὸν μέλλοντα ὀρθῶς τ το ΟὟ τὰ σημεῖα ἐχμανθάνοντα πάντα δύνασθαι χρίνειν ἐχλογιζόμενον

Περὶ διαίτης ὀξέων (KULHEWEIN, 1).

— 120. 4. S'il s'agissait des effets qui se manifestent quand on mange contre son habitude et en grande quantité de la viande, de l’ail, la tige ou le sue du silphium, ou d’autres substances semblables douées de propriétes speciales et violentes, on s’étonnerait moins qu'il en résultàt pour les

entrailles plus d’inconvénients que de toute autre chose... :

7 5" , ς τ ». \ " Kai ὅσα μὲν xper dt πολλὴ παρὰ τὸ ἔθος βρωθεῖσα͵ ποιεῖ ἢ σχύροδα ñ σίλῃ LOY ñ ὀπὸς ñ χαυλὸς ἢ ἄλλα ὅσα τοιουτ ὄτροπ τα

βεγάλας δυνάμιας ἰδίας ἔχοντα, ἥσσον ἂν τις MAR EE El

38 LE TERME δύναμις AVANT PLATON.

ΠΕερ' τῶν ἐν χεφαλῇ τρωμάτων (KULHEWEIN, IT).

— 97. 8. Quant au remède, il faut tenir comple des forces

du malade : τὸ δὲ gt χρὴ διδόναι πρὸς τὴν δύναμιν τοῦ ἀνθρώπου ὁρέων, ὡς ἂν ἔχῃ ἰσχύος.

Πεοὶ ἀγμῶν (KULHEWEIN, I).

— 09. 21. Le corps sera atténué proportionnellement à la force de la luxation, car parmi ces luxations, les unes sont petites, les autres grandes : τὸν ὃὲ ἰσχνασμὸν τοῦ σώματος οὕτως ποιεῖσθαι, ὁποίην τινὰ δύγαμιν ἔχει καὶ τὸ ὀλίσθημα...

— 99. 17. Pour les blessures récentes, à défaut de bandes, on peut employer de la laine, mais elle doit être abondante, bien travaillée et douce. Ce qui est en petite quantité et de qualité médiocre n’a aussi qu’une action médiocre : ... τῶν γὰρ ὀλίγων καὶ φλαύρων ὀλίγη καὶ ἢ ὀύναμ!ς.

Περὶ ἄοθρων (KuLHEWEIN, Il).

— 183. 5. Quand il s’agit de remettre en place la déviation AR ἢ ni la toux, ni l’éternuement n'ont quelque action pour venir en aide à la tension : ... ἀλλὰ μὴν οὔτε βῆχες οὔτε πταρμοὶ οὐδεμίαν δύναμιν ἔχουσι, ὥστε τῇ κατατάσει συντιμωρεῖν.

— “Opxos (LITTRÉ, IV).

630. Je dirigerai le régime des malades à leur avantage. suivant mes forces et mon jugement : Διαιτήμασί τε χρήσομαι ὌΡ ἮΝ | « , ᾿ =: δ ‘ A ᾽ " επ ὠφελειῃ χαμνοντων XATA ουνᾶμιν χα! χρισιν ἐμὴν. .

-— Mème formule p. 6928.

— Ἐπιδημιῶν τὸ δεύτερον (LITTRÉ, V).

— 136. Sur la nature : la force la ee grande réside dans la mamelle droite, dans l’œil droit : ... Περὶ φύσιος - δύναμιν πλείστην ἔχει τιτθὸς, ὀφθαλμὸς δεξίος..

— Ἐπιδημιῶν τὸ ἕχτον (LITTRÉ, V).

— 524. Pour les douleurs, purifier la cavité la plus voisine, ouvrir la cavité du sang, cautérisation, incision, application

LA δύναμις CHEZ LES MÉDECINS ET LES SOPHISTES. 09

du chaud, du froid, éternuements, sucs végétaux là où leur vertu peut se faire sentir : ... φυτῶν χυμοὶ, ἐφ᾽ ὧν τὴν δύναμιν ἔχουσι...

Περὶ Xuuwy ([ττπέ, V).

— 490. Au sujet des différentes passions, crainte, honte, douleur, plaisir, colère..…., l’organe du corps qui correspond à chacun de ces sentiments lui obéit, et alors se produisent la sueur, les battements de cœur et les autres phénomènes dus à ces passions : … ἐν τούτοισιν ἱδρῶτες, xap0ins παλμὸς, καὶ τὰ

Περὶ τέχνης (LirrRé, VI).

__ -- 26. La puissance de l’art est plus admirable quand il guérit quelque malade atteint d’une affection cachée, que lorsqu'il entreprend des choses impossibles : ’Ene! τῆς γε τέχνης τὴν δύναμιν ὁκόταν τινὰ τῶν τὰ ἄδηλα νοσεύντων ἀνασ- Thon, θαυμάζειν ἀξιώτερον, A ὁχόταν ἐγχειρήσῃ τοῖς ἀδυνάτο'ς.

Περὶ φύσιος ἀνθρώπου (LiTTRÉ, VI).

— 34. Pour les médecins, suivant les uns l’homme n’est que sang, suivant les autresil n’est que bile, suivant d’autres encore il n’est que pituite, et tous tiennent le même raisonnement : ils prétendent qu’il y ἃ une substance unique choisie et dénommée arbitrairement par chacun d’eux, et que cette substance change de forme (nature) et de propriété (de facon de se manifester), sous l'influence du chaud et du froid, devenant de la sorte douce, amère, blanche, noire, et tout le reste : ἕν γάρ τι εἶναί φασιν, ὅ τι ἕκαστος αὐτέων βούλετα! ὀνομάσας, καὶ τοῦτο ἕν ἐὸν μεταλλάσσειν τὴν ἰδέην καὶ τὴν δύναμιν, ἀναγχαζόμενον ὑπό τε τοῦ θερμοῦ καὶ τοῦ ψυχροῦ, καὶ γίνεσθαι καὶ γλυχὺ καὶ πικρὸν καὶ λευκὸν καὶ μέλαν χαὶ παντοῖόν τι ἄλλο (1).

(4) Pour le sens de !0£n dans ce passage, cf. Taylor, Varia Socratica, p. 228. L'iden représente ici la nature même de cette substance, l'élément primitif qui la constitue, tandis que la δύναμις est la propriété manifestant cette nature, L'auteur du Περὶ φύσιος ἀνθρώπου est, sans doute, un de ces physiciens influencé par la doctrine d'Empédocle, Il admet la

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