‹ Étude sur le terme dynamis dans les dialgogues de PlatonChapitre 66 sur 73 · RAPPORTS ENTRE LA OUVZAULS PLATONICIENNE, ETC · texte numérisé non relu

RAPPORTS ENTRE LA OUVZAULS PLATONICIENNE, ETC

τινὰ δύναμιν ἀρχῆς τὸ ἄνω πρὸς τὰς ἄλλας ἰδέας (1). Cependant, bien que secondaires, les autres parties n’en demeurent pas moins des ἀρχαί, et elles entrent dans la composition: du ciel, puisque de telles propriétés sont inséparables de tout ce qui renferme un principe de mouvement : Ἡμῖν δ᾽ ἐπειδὴ ὥρισται πρότερον ὅτι ἐν τοῖς ἔχουσιν ἀρχὴν χκ'νήσεως αἱ τοιαῦται δυνάμεις ἐνυπάρχουσιν, ὁ δ᾽ οὐρανὸς ἔμψυχος χαὶ ἔχε. κινήσεως. ἀρχήν, δῆλον ὅτι ἔχει καὶ τὸ ἄνω χαὶ τὸ χἄτω καὶ τὸ δεξιὸν καὶ τὲ ἀριστερόν (2).

Nous citerons aussi un exemple du Περὶ ψυχῆς où la synonymie des deux termes est peut-être plus accentuée : les formes de la vie, explique le chap. I du Livre IF, sont très diverses : l'intelligence, la sensation, le mouvement et [6 repos local, le mouvement qui résulte de la nutrition, ainsi que la décroissance et la croissance, sont des manifestations de la vie. Aussi toutes les plantes paraissent vivre. Elles possèdent, en effet, une propriété et un principe capable de produire en elles la croissance et la décroissance dans les sens les plus

opposés : ... φαίνεται γὰρ ἐν αὑτοῖς ἔχοντα δύναμιν καὶ ἀρχὴν τοιαύτην, δι᾽ ἧς αὐξησίν τε χαὶ φθίσιν λαμόάνουσι χατὰ τοὺς ἐναντίους τόπους... (3).

Et plus loin, pour montrer le rôle essentiel de l’âme, on remarque que dans les plantes il n'existe d'autre propriété motrice que l’âme. C’est donc par ce principe que la vie est communiquée aux vivants : ... οὐδεμία γὰρ αὐτοῖς ὑπάρχει

5 ! 1 AD 1)" Te To ! Ἐν ὯΝ TEA διὸ TA ne δύναμιξ ἄλλη ψυχῆς. To μὲν οὖν ζῆν διὰ τὴν ἀρχὴν ταῦτην

3. Elant donné que la propriété caractéristique de l'être, sa qualité fondamentale, le principe d’un mouvement quelconque donné ou reçu est signifié par cette action propre ou cet état distinctif qui est, pour ainsi dire, engagé dans la

(1) Id.: id. 285 À 22.

(2) Ιά. ad 3854 97.

(4) Id. id. 413 A 33. Voir encore de nombreux exemples de ce rapprochement de la δύναμις et de "ἀρχή dans le De generat. animal. Cf. Boxirz, 206 B 5 à 12.

nature même de l'être, il n’est pas étonnant de rencontrer souvent le terme δύναμις en relation avec les notions de eïdos, de μόρφη, de λόγος et surtout de φύσις(1). La propriété d’un objet manifeste sa constitution, sa nature, sa raison essentielle, et pour découvrir celle-ci, on devra passer par la connaissance de celle-là. Nous insisterons spécialement sur les rapports qui unissent la δύναμις et la φύσις, car nous retrouverons dans les idées aristotéliciennes et dans les expressions elles-mêmes, des façons de penser chères à Platon. La Politique, par exemple, place sur un même plan la δύναμις et la φύσις et semble donner à ces deux termes une valeur d’équivalence, quand, suivant un procédé platonicien, elle cherche à combiner, grace à ces concepts, la définition de l’esclave : Τίς μὲν οὖν ἣ φύσὶς τοῦ δούλου καὶ τίς ἣ δύναμις, ἐκ τούτων δῆλον * ὁ γὰρ

(4) Phys. ὃ 1, 208 B 8 : les transports des corps naturels et simples comme le feu, la terre... montrent non seulement l'existence réelle du lieu, mais ses propriétés constitutives. Si rien ne le gêne, chaque élément est transporté dans son lieu : l’un en haut, l’autre en bas. Le haut, le bas, ainsi que les six autres dimensions, représentent les parties, les différentes formes (ou propriétés) du lieu : "Ext de αἱ φοραὶ τῶν φυσιχῶν σωμάτων χαὶ ἁπλῶν, οἷον πυρὸς καὶ γῆς χαὶ τῶν τοιούτων, OÙ μόνον δηλοῦσιν ὅτι. ἔστι τι ὃ τόπος, ἀλλ᾽ ὅτι καὶ ἔχει τινὰ δύναμιν. φέρεται γὰρ ἕχαστον εἰς τὸν αὑτοῦ τόπον μὴ Ἄν οι τὸ μὲν ἄνω τὸ δὲ κάτω * ταῦτα δ᾽ ἐστὶ τόπου μέρη χαὶ εἴδη, τό τε ἄνω χαὶ τὸ κάτω χαὶ αἱ λοιπαὶ τῶν ἕξ διαστάσεων.

De Gen. animal. β 1, 731 B 18 : On ἃ dit plus haut que le mâle et la femelle sont les principes de la génération et on a expliqué quelle est la DLOPHÈIE et la raison fondamentale, constitutive de leur essence. To δὲ θῆλυ χαὶ τὸ ἄρρεν ὅτι μὲν εἰσιν ἀρχαὶ γενέσεως ΠΈΝΗΣ πρότερον, χαὶ τίς 1 δύναμις χαὶ ὃ λόγος τῆς οὐσίας αὐτῶν... Cf. 4, 738 Β 22.

Polit. ἡ 1, 1323 Β 34 : les vertus de courage, de justice, de prudence dans la cité ont la même propriété essentielle, la même forme constitutive que celles, grâce auxquelles, les hommes sont dits justes, prudents, tempérants : ᾿Ανδρία dE πόλεως καὶ δικαιοσύνη χαὶ φρόνησις τὴν AUTIIV ἔχε: δύναμιν χαὶ μορφήν, ὧν μετασχὼν ἕχαστος τῶν ᾿ἀνθρώπων λέγεται δίκαιος καὶ φρόνιμος καὶ σώφρων.

ΟἹ. Boxirz, 206 Β 19 à 29.

178 RAPPORTS ENTRE LA δύναμις PLATONICIENNE, ETC.

un αὑτοῦ φύσει ἀλλ᾽ ἄλλου, ἄνθρωπος δέ, οὗτος φύσει δοῦλός ἐστιν (1).

La synonymie pourtant n’est point complète entre ces deux notions, et la Métaphysique les distingue, tout en constatant les points de contact qui les relient. Φύσις et δύναμις, dit-on au Livre VIIT, appartiennent l’une et l’autre au même genre, car elles sont principes de mouvement : Καὶ γὰρ ἢ φύσις ἐν ταὐτῷ γίγνεται " ἐν ταὐτῷ γὰρ γένει τῇ δυνάμει: © ἀρχὴ γὰρ χινητιχή... (2). La différence provient de ce que la nature d’un être est le principe interne qui cause des modifications dans cet être lui-même, est la source de ses changements, de sa croissance ou de sa décroissance, tandis que la δύναμις exprimant une relation, est principe d'activité pour un être différent, ou de passivité à l’égard d’un agent distinct

. ἀρχὴ γὰρ χινητική, ἀλλ᾽ οὐκ ἐν ἄλλῳ ἀλλ᾽ ἐν αὐτῷ ἢ αὐτό(9). Toutefois les deux notions se trouvent situées l’une à l'égard de l’autre dans une sorte de hiérarchie. La δύναμις suppose la φύσις ; celle-ci est comme le support de celle-là, elle constitue l’essence sur laquelle seule peut se greffer la propriété première. Au début du chapitre de la Métaphysique que nous avons indiqué (H. 8), Aristote parait opposer la nature à l'acte et en faire au même titre que la δύναμις un genre logiquement et substantiellement inférieur à l’évépye:z; il semble considérer la nature comme une sorte de puissance. Il n’en est pourtant rien si l’on regarde les textes de plus près. Sans doute, la nature, en tant que simple principe de mouvement, et suivant sa définition abstraite, ne traduit aucune actualité et par conséquent peut ne pas exprimer autre chose qu’une

(1) Polit. à 4, 1254 A 13.

(2) Metaph. H. 8, 1049 B 8.

(3) Id. id. Cf. une définition plus complète dans Phys. B.1,192B 13: Τὰ μὲν γὰρ φύσει ὄντα πάντα φαίνεται ἔχοντα. ἐν Éaurots ἀρχὴν χινήσεως χαὶ στάσεως. τὰ μὲν χατὰ τόπον, τὰ dE χατ᾽ αὔξησιν χαὶ φθίτιν, τὰ δὲ κατ᾽ à) λοίωσιν... La notion de φύσις est particulièrement approfondie dans tout ce chapitre de la Physique. --- Cf. également Métaph. À 4 1014 B et de Cælo, | 2, 301 B 17: ᾿Επεὶ ὃς φύσις μέν ἐστιν ἣ ἐν αὐτῷ ὑπάρχουσα χινήτεως ἀρχή, δύναμις δ᾽ ἢ

ἐν ἄλλῳ ñ ἄλλο... etc.

κν » EL ὄἄμετος CR LT

+ de

possibilité. En ce sens, il est exact de la comparer à la

δύναμις. Au contraire, la φύσις non plus notionnelle, mais réelle, telle qu’elle existe, et telle du reste qu’Aristote l’entend dans la suite du chapitre, est essentiellement une actualite. Il n’y a vraiment pas de nature sans la forme, dit la Physique, et la forme se confond avec l’acte(1) : ... τὸ γὰρ δυνάμει σὰρξ ἢ ὀστοῦν οὔτ᾽ ἔχει πω τὴν ἑαυτοῦ φύσιν, πρὶν ἂν λάδῃ τὸ εἶδος τὸ χατὰ τὸν λόγον... “ὥστε ἄλλον τρόπον ἣ φύσις ἂν εἴη τῶν ἐχόντων ἐν αὑτοῖς κινήσεως ἀρχὴν ἣ μορφὴ καὶ τὸ εἶδος, οὐ χωριστὸν ὃν ἀλλ᾽ ἢ κατὰ τὸν λόγον (23) Et la Métaphysique attribue d’une façon spéciale l’actualité à la terre et au feu, à cause précisément du mouvement qui les anime et qu’ils possèdent en soi et par eux-mêmes, à cause donc de leur nature : Μιμεῖται δὲ τὰ ἄφθαρτα xat τὰ ἐν μεταδολῇ ὄντα, οἷον γῆ καὶ πῦρ. Καὶ γὰρ ταῦτα ἀεὶ ἐνεργεῖ * καθ᾽ αὑτὰ γὰρ καὶ ἐν αὑτοῖς ἔχε. τὴν κίνησιν. (3) La φύσις se distingue donc de la δύναμις en ce que, contrairement à celle-ci, elle est un acte (4). Or logiquement et substantiellement, l’acte est antérieur à la δύναμις, et l’idée première de δύναμις suppose un être en élat d'agir, une nature à laquelle la propriété soit active, soit passive, puisse s’adapter. La δύναμις de construction exige un état proportionné à ce

/ pouvoir, de même la δύναμις de vision, et ainsi pour tout le

(1) Metaph. Θ᾽ 8, 1050 B 2. ‘Qste φανερὸν ὅτι ἣ οὐσία καὶ TO εἶδος ἐνέργειά ἐστιν.

(2) Phys. B 1, 193 A 36.

(3) Métaph. ©. 8, 1050 B 28.

(4) On pourrait tirer aussi un argument de ce fait que la φύσις est assimilée fréquemment par Aristote à "ουσία. Cf. v.g. Phys. Β. 1, 192 B 32: Φύσιν de ἔχει ὅσα τοιαύτην ἔχει ἀρχήν. Kai ἔστι πάντα ταῦτα οὐσία * ὑποχείμενον γάρ τι χαὶ ἐν ὑποχειμένῳ ἐστὶν ἢ φύσις del.

. Δοκεῖ δ᾽ ἡ φύσις καὶ ἣ οὐσία τῶν φύσει ὄντων ἐνίοις εἶναι τὸ πρῶτον ἐνυπάργον ἑκάστῳ ἀρρύθμιστον χαθ᾽ ξαυτό, οἷον χλίνης φύσις τὸ ξύλον, ἀνδριάντος δ᾽ ὁ χαλκός... 193 A 9. Διόπερ οἱ μὲν γῆν, οἱ δὲ πῦρ, οἱ ὃ ἀέρα φασίν, οἱ δὲ ὕδωρ, οἱ δ᾽ ἕνια τούτων, οἱ dE πάντα ταῦτα τὴν φύσιν εἶναι τὴν τῶν ὄντων. Ὃ γάρ τις αὐτῶν Unéhabe τοιοῦτον, εἰτε ἕν εἴτε πλείω, τοῦτο καὶ τοσαῦτά

’ ας LOS ! τῆ νη), ΤῸΝ 2 De même, la φύσις est assimilée à la pxopon ou à l'et006, cf. id.:

Page 1