CONCLUSION
Si Aristote a fixé définitivement le sens philosophique du terme δύναμις. Platon en avait déjà préparé l'adaptation en précisant le vocabulaire scientifique de son époque. Toute l'étude préparatoire à l’examen des Dialogues ἃ pu nous permettre de vérifier une fois de plus l’influence considérable des physiciens et des sophistes sur la pensée platonicienne. Le théoricien des Idées n’est point aussi distant de ses contemporains qu'on le supposerait parfois, tant sa personnalité a fini par absorber toute une période d'histoire de la pensée ancienne. Mais, en fait, ainsi qu’on l’a remarqué, dans toute son œuvre, « c’est la science des apparences qui tient le plus de place (1). » Sa méthode philosophique est une application de la méthode mathématique ou des diverses techniques vulgarisées de son temps (2). Or cette science des apparences à laquelle, depuis Thalès, toutes les écoles de physiciens apportaient leur appoint, ces techniques, en vogue chez les rhéteurs, comme dans des milieux plus scientifiques, avaient leur terminologie très spéciale. Platon l’emprunte et l’acclimate dans les domaines où elle n'avait pas encore pénétré domaine moral ou dialectique.
C’est pourquoi dans les Dialogues, l’acception .du terme δύναμις n’est pas très différente de celle que l’on retrouve dans les traités médicaux de la collection hippocratique. Là comme ici, le mot traduit la propriété qui permet aux êtres de se manifester, qu'il s'agisse, du reste, des êtres de la nature ou des Idées supérieures à la nature sensible. Chez tous, il v
(1) Rivaup. Problème du devenir, p. 279.
(2) Diès. L’Idée de la Science dans Platon, p. 195.
Γ΄ ν LA” - Ὁ AU 4 ἀξ δὰ;