I. Il faut un Homère aux Achilles
Et l'Alexandre de nos jours
N'a trouvé que trop de Chériles...
(3) V. ci-desGus, p. 218. n. 2.
dente protestation du républicain pleurant la liberté perdue :
... Il n"est plus de pairie, et la France fat libre:
Des droits et du pouvoir l'imposant équilibre
Par le poids d'un seul hommeest désormais rompu.
Le fer a tout conquis, l'or a tout corrompu ;
Aux esclaves de cour la tribune est livrée ;
La flatterie impure, arborant la livrée,
Siège dans le conseil, élit les sénateurs.
Fait les tribuns du peuple et les législateurs ;
Et quand des citoyens l'élite gémissante
Célèbre dans le deuil la République absente,
De scandaleuses voix, que hait la liberté,
Aux jeux républicains chantent la royauté... (1).
Cliénier indiquait ain.si, deux ans avant de composer Cynts, les sujets qui se seraient ofierts sous le Consulat aux « pinceaux d'un Juvénal » ; et il ajoutait :
Mais, ferme dans ma route et vrai dans mes discours, Tel je fus, tel je suis, tel je serai toujours .. Lorsque la trahison marche sans retenue. Lorsque la République est partout méconnue, Dédaignant de flatter ses ennemis puissants, A son autel désert j'apporte mon encens. De son auguste nom sanctifiant mes rimes, Des idoles du jour bravant les heureux crimes, Je n'abdiquerai point dans des chants imposteurs L'honneur d'être compté parmi ses fondateurs ; J'ai vécu, je mourrai fidèle à sa bannière...
Cet idéal inflexibilité républicaine ne fut pour Cliénier qu'un rêve de poète. Peut-être, avec son excessive complaisance pour lui-même, n'at-il pas senti jusqu'à quel point, dans la réalité, il s'en écarta. Certains témoins ont raconté (2) qu'il était» terrible
(1) Essai sur la saline \\ers, la lin). Ces « jeux républicains » font peut-être allusion à la fête du 14 juillet, toujours célébrée sous le Consulat.
(2) V. l'article Je Saiute-Beuve sur Daunou.
et beau » lorsque, arrivant chez F)aunou, il parlait avec une verve indignée des palinodies qui le suffu(iuaient ; mais avait-il le droit d'être sévère ainsi pour les autres ? — D'autres, en tout cas, qui, n'ayant jamais été qu'hommes de lettres, n'étaient pas engagés comme lui par un passé politique de républicain, eurent, en lace de celui dont il écrivait 1):
« Un Corse a des Français dévoré i'iiérilage 1 »
une altitude beaucoup plus digne que la sienne. Lemercier avait refusé de faire dans sa tragédie de Charlemagne ce que Chénier consentit à faire avec son Cyrus (2) ; Ducis refusait la place de sénateur (3) que Chénier voulut gagner par cet ouvrage, et cependant il aurait eu, plus que Chénier (4i, pour la désirer, l'excuse de la pauvreté.
Du moins, dans les derniers mois de sa vie, Chénier trouva-t-il quelques raisons pour louer, selon ses principes de « philosophe », le gouvernement de l'Kmpereur. — Ce n'était pas seulement dans une pensée républicaine qu'il avait, comme tribun, résisté à Bonaparte. En dehors môme du Tribunal, il fut de cette opposition philosophique qui avait pour principaux représentants certains membres de l'Institut et qui portait avant tout contre le n rétablissement de la reli-
(1) Dans son Elégie de la Pvommade.
(2) V. i'arlicle de Labitte sur Lemercier [Rfvue des Déux-Mondes, févr. 18iO) et le Tableau ilr la litt. de ISOO à ISI5 par Merlet. — Lemercifr renvoya son brevet de la Légion d'iiouaeur au moment de la proclamation de l'Empire. — Mercier, l'auteur dramatique, collègue de Chénier à la Convention et au Conseil des Ciuii-Ceuts, conserva aussi en face de Bonaparte, après le 18 brumaire, une attitude plus conforme à ses opinions républicaines.
(3j II élait déjà nommé pardécret lorsqu'il refusa(V. Merlet, ouvr.cilé).
(4) Chénier ayant dt'jà, lors(iu'il ambitionna l'entrée au Sénat, sa place d'Inspecteur de l'instruction publique. Ducis n'avait que son modique traitement deriiistilut, et une pension de lâOO fr. que lui faisait la Comédie-Française (d'après la Xutice de Petitot).
— 2:îîi —
gion » (I). Il détesta dans le Premier Consul l'appui qu'il prêtait à l'I-lglise et celui qu'en retour il attendait d'elle (2). Il voyait se reformer, menaçante en même temps pour << la raison » et pour la liberté, l'ancienne et odieuse alliance — autrefois signalée par lui(3) — du fanatisme et de la tyrannie. Mais l'esprit vollairien survécut chez lui à la faillite de l'idéal républicain. Il s'accommoda plus aisément dela« tyrannie » militaire lorsqu'il vit liumilié par elle le représentant suprême delà « superstition », le successeur encore redoutable des « tyrans sacrés » (4). Le Concordat avait été un de ses principaux griefs contre le Premier Consul : la guerre déclarée au Saint-Siège acheva de l'apaiser envers l'Empereur de 1809 o). Frédéric II, ami des « philosophes » et « philosophe » lui-même, n'avait jamais eu à ses yeux la figure d'un despote (6) : Napoléon, persécuteur du pape, cessait peut-être de lui paraître un « tyran » (7). Daunou, son ami, venait
(1) V. M^e de Staël, Di.r années d'exil, P. I, chap. vu.
(2) Cf. ce que dit M"»'^ de Staël [Coiisiilenitions sur ta Rr'coL. P. VI, ch. XI) de la façon dont furent conçus les catéchismes sous rEmpire.
(3,1 V. sa brochure sur la Liberté du Tliéàlre en France (1789), son rapport à la Convention sur les fêles décadaires (nivôse an IIIi, etc. Cf. les vers de l'Essai sur la Satire :
... Du fanatisme ardent, les cent lotes se dressent : A régner par le glaive il n'a pas renoncé.
(4) Cf. Henri V7//, acte IV, se. ii, où Cranraer loue le monarque, au nom de son peuple, «d'avoir des fijrans sacrés combattu la puissance ». ^La même expression se retrouve dans une tirade de Carlos (Philippe II, acte 111, se. v).
(o) C'est en 1809 que les Etats romains furent réunis à l'Empire français(Décretdu 17 mai) et que le pape fut enlevé de Rome (6 juillet).
(6) // sourit sur le trône à la liljerté même,
disait de lui Chénier dans l'Epilre à Voltaire ; et il avait dit de lui la même chose en prose, en 1801, dans son Discours sur le proijrés des connaissances en Europe (prononcé à la distribution des prix des écoles centrales. Cf. ci-dessus, p. 201, n. 3).
(7) Comme il l'appelait dans l'Elégie de la Prontcnade :
Le tyran dans sa cour remaniua mon absence.
d'écrire, selon les vues deri-lmpereur, son Essai sur la puissance tomixfrcUc ck s papes : Cliénier s'inspina peiilè(re de celle actirililé en médilanl alors, s'il ne l'avait déjà conçue anlérieurement, une tragédie sur la mort de Conradin (I ) ; il put espérer de l'aire admettre sur la scène un ouvrage par lequel l'iuimilialion de la pa|)auté en IHIO eût apparu comme un juste retour de ses anciennes usurpations sur les couronnes; il put songer à renouveler ainsi, dans des conditions plus favorables, la tentative manquée avec Cyrus. En tout cas, dans une notice — publiée en 1810(2) — suvV Essaie encore anonyme, de Daunou, il sembla saisir avec empressement l'occasion de louer selon son cœur un ■( gouvernement aussi éclairé qu'heureux et ferme », et il écrivit, sur un ton dithyrambique qui contrastait avec la réserve circonspecte observée dans l'ouvrage de Daunou :
Les espérances des ennemis de la raison paraissent déçues : en vain des écrivains périodiques, el autres, nous prêchent depuis dix ans tous les préjup;és du treizième siècle..., hypocrites qui rient tout haut, dans leurs sociétés les moins intimes, des capucinades dont ils remplissent leurs écrits. Heureusement ils ne trompent personne, et n'ont d'autres partisans que ceux qui les emploient, dans linlention de tromper. En attendant, l'intolérance religieuse est détruite. Si la triple tiare se relève un jour, on ne verra plus du moins les couronnes s'absisser devant elle : Vidal de la pourpre romaine a semblé pâlir. L'inquisition ne souillera p'us les plus belles contrées du midi de l'Europe ; le monachisme est à peu près aboli ; des
[1) " 11 avait projeté, lit-on d;ul^ la A'u?)fc de Dounau, une tragédie qui aurait ou pour sujet la mort de Couradin. » Chénier, d.in.s sou Cltarles IX (acte II) faisait dire par l'Hospital retraçant les » crimes » du Saint'-Siège :
Un enfant, seul espoir de Naple et des Germains, Conradin, vers le Ciel levant ses faibles mains, Périt sur l'écliafaud en dem.indant son crime, Convaincu seulement d'Otre un roi k-nitime .
(2) Dans le Mercure da 31 mars, du 21 avril et du -2 juin. Los trois articles sont signés M. -J. C. (Ils forment, au t. IV des Œuvres, la Notirc sur la pitissam-e Icmporeik' des pupes.)
vœux forcésn'enlèverontpluslajeunesseauxvœux delà ualure- Toutes les inslitutioQS du moyen âge s'écroulent les unes sur les autres ; malgré quelques obstacles accidentels, l'esprit humain suit sa route ; on peut ajouter qu'il hâte sa course. Il est appuyé sur la force ; et les plans quau siècle philosophique avait osé concevoir le génie des lettres, c'est le génie de la victoire qui maintenant les adopte, les exécute et les agrandit (1).
Ainsi Voltaire, sous le nom duquel Cliénier abritait son opposition en 1803(2;, était, en 1810, réconcilié par lui avec Napoléon. Pour reconnaître dans l'Empire de 1 8 1 0 le triomphe, — ou tout au moins le progrès persistantde l'esprit philosophique dudix huitième siècle, — il fallait à Chénier h peu près autant de bonne volonté qu'il lui en avait fallu en 1804 pour se flatter de servir la cause delaliberté (3) en célébrant, par sa tragédie de Cyrus, laconsécration pontificale donnée au nouvel Empereur (4). Dans ces lignes du Mercure, les dernières qu'ait publiées M.-J. Chénier (5), M'"'' de Staël retrouva-t-elle l'ancien tribun, son ami de 1802, — elle qui gémissait alors même sur l'oppression de toute pensée libre à travers le continent asservi, et qui, pour son livre de l' Allemagne , détruit à Paris par la police (6), allait être obligée de chercher, en faisant le tour de l'Europe, un éditeur en Angleterre ?
(1) Ces lignes parurent dans le Mercure du 2 juin 1810. — Le 4 août 1810 (cf. ci-dessus, p. 219, n. 4), Chénier s'adressait au duc de Rovigo, ministre de la police, pour réclamer un arriéré de rétribution « comme collaborateur du A/c)c«re ».
(2) C'était le temps où il composait VEpitre à Voltaire (cf. ci-dessus, p. 218, n. 3).
(;î) « Il avait cru la servir par cette démarche (la tragédie de Ci/rus) », écrit (dans sa Notice) Arnault qui, un peu plus bas, parle de Cyrus comme d'une" œuvre de complaisance».
(4) " On crut apercevoir quelques rapports entre le couronnement de Cyrus et la bénédiction pontificale qui venait de consacrer une usurpation funeste •>, écrivit Daunou dans sa Notice (en 1818).
(oj Si nous exceptons le rapport sur le prix de littérature, publié au nom de l'Institut (cf. ci-dessus, p. 223 n. 2).
(6) En septembre 1810 (v. ses Dix années d'exil, p. [I, ch. i). -
«... Tu nais, dix-neuvième siècle, pour consommer « rouvrap;e des siècles qui l'ont précédé ! Quels hom- « mes ambitieux de tyrannie ou de servitude t'arrè- « feraient dans la carrière? Jeune encore, lu les verras « vieillir et mourir. Ta force est celle de la nature. « Non , la raison publique ne permettra pas qu'avili « dès la naissance tu sois mutilé par le fer, comme les « eunuques de l'Orienl... » Voilà ce qu'écrivait Cliénier en 1801, dans un discours « pour la distribution des prix des Ecoles centrales », après avoir retracé à travers le dix-buitième siècle le progrès de la Raison philosophique aboutissant à la Révolution; et ce passage était de ceux sans doute qu'il dut supprimer à la lecture, mais qu'il rétablit à l'impression (1). — Il se vantait encore, plus tard, dans des vers qu'il laissa inédits (2), de « ne vouloir honorer d'autre conquérant que les héros de la raison » : jugea-l-il qu'il pouvait être adroit de ranger parmi eux Napoléon ? Dans son Tableau de littérature (3), après avoir pris prétexte de certains livres — « dignes du quinzième siècle » (4) — pour démontrer l'avantage que
C'est en 1812 qu'elle quitta Coppet pour aller, par l'Autriche et la Russie, en Suède, et de là en Angleterre. — « Quel gouvernement continental eût alors pu laisser publierun livre interdit par l'Empereur '/ » dit-elle, dans ses Dix années d'oxU (p. Il, cliap. ii:. Cf. ibid., p. I, cli. XIII, où Napoléon est représenté comme devenu " maître de toutes les gazettes du continent européen ».
(1) Cf. ci-dessus, p. 201, n. 3.
(2) V. au t. II des Œuvres posth. son Discours sur la question : « Si l'erreur est utile aux hommes » (une allusion au " Castillan vaincu » semblerait le dater de 1808 ou 1809). Cliénier, après avoir opposé le « héros de la raison, victorieux sans armes », au •< héros qui sert les imposteurs », dit du premier :
C'est le seul conquériint que je veuille honorer.
(3) Ecrit de 1808 à 1810. Le passage le plus vif contre les théories de lionald ne fut pas imprimé en 1817 dans la première édition du Tableau de littérature : il fut rétabli en 1823 dans la réimpression de cet ouvrage au t. III des Œuvres poslli.
(4) « ... Puisqu'on a fait, à la fin du xviu'' siècle, des livres dignes
devaient trouver les gouvernements à garantir « l'indépendance des opinions », il aflectait d'opposer à « l'esprit de la nation » comme « au caractère généreux du héros qui la gouvernait (1) » les théories du « pouvoir civil et religieux » selon M. de Bonald. L'Empereur avait eu précédemment pour tactique de se faire accepter des anciens révolutionnaires comme une garantie contre le retour des Bourbons (2) : il ne pouvait lui déplaire de se laisser invoquer par les « philosophes » comme un recours contre les insolences de l'école Ihéocratique.
Chénier, déjà, semblait vouloir ignorer la protection à la fois accordée et demandée par Bonaparte aux « vieux préjugés » (3), lorsque, dans son rapport lu devant l'Empereur le 27 février 1808 (4), il accusait « les ennemis de toute lumière » de vouloir nuire à la splendeur du règne; et il pouvait ainsi encadrer dans le tissu de sa péroraison louangeuse cette période oîi se mêlaient habilement les diverses nuances d'une pensée très délicate à exprimer : «... Et si l'esprit de parti, (( décoré, dans les temps de troubles, du nom d'opinion (( publique, avait autrefois donné de fausses directions « aux idées les plus généreuses (5), si ce même esprit,
du xv°... ». — La Théorie du pouvoir civil et religieux avait paru eu 1796 ; la Législation primitive, en 1802.
(1) Cliéiiier ajoutait : " ... aux constitutions qui nous régissent, à la liberté religieuse que nous assure le Concordat... »
(2) Cf. ci-dessus, p. 212, n. 5.
(3) V. le Discours sur la question : « Si l'erreur est utile aux liommes » :
Malheur donc au héros qui sert les imposteurs, Et des vieux préjugée se fait des protecteurs..., etc.
(4) V. ce rapport au Moniteur (cf. ci-dessus, p. 235, n. 6).
(5) La même idée était exprimée plus nettement dans le Discours pour la distribution des prix des Ecoles centrales en 1801 (v. ci-dessus, p. 201, n. 3) : .. « L'histoire dira quelle puissance déchaîna ces tempêtes sanglantes (au temps de la Convention), elle ex.aminsra s'il faut imputer à la philosophie la proscription des philosophes, h la liberté le massacre de ses plus intrépides soutiens... •>
« non moins funeste en agissant d'une autre manière « et par d'autres hommes, avait, depuis, arrêté l'essor « (les talents et paralysé la pensée, il nous resterait une « espérance qui ne serait point déçue. Vous régnez, « Sire... » — En limitant cette « espérance » à u l'art « d'écrire », il semblait faire sondeuil de laliberté pour la pensée, mais il étoullait sous l'ampleur des flatteries tout ce que ses phrases pouvaient sous-entendrc de regrets pour l'idéologie proscrite (I) : « Vous régnez, « Sire, et vous protégez, vous protégerez encore, ce qui « fait les littérateurs, l'art d'écrire... U présente en « première ligne ce qui touche de plus près les hom- « mes mémorables, l'histoire qui raconte les grandes (( actions, l'éloquence qui les célèbre, et la poésie qui « les chante. Il refleurira sous vos auspices; il sera « guidé par vous en des routes certaines ; autour de « vous brilleront encore les talents ranimés à votre « voix ; le génie naîtra lui-même appelé par le génie ; « et tous les genres de gloire appartiendront au siècle « de Votre Majesté. »
Et Chénier relisait ou écrivait peut-être, vers le même temps, son Discours en vers sur « les entraves données à la littérature », aggravées pour lui de l'ironie des encouragements officiels :
Des lettres, qui jadis ont fait notre grandeur, Vous voulez, dites-vous, ranimer la splendeur...
(1) En 1801, dans une noie à son Discours po7tr la distribution des prix des Ecoles centrales, Chéaier plaid.iit ouvertemcnl la c.nuse de VidéoloQie : « Depuis quelque temps, écrivait-il, il paraît convenu de déclamer contre les niétapliysiciens, contre l'Idéologie, même quand il s'agit de tout autre chose... Cela n'est pas bien. D'abord il faut se persuader que tes libelles déshonorent à la fois ceux qui les fout et ceux qui les conunaudent. Quant à l'idéologie, c'est la science de Locke etdeCondillac ...etc. »
Ne dites point : « courez », en fermant la barrière ; Le talent ne sait pas rétrécir sa carrière : Vous n'en ferez jamais qu'un esclave indompté ; Sa force est la Rmson, son cri la Liberté !
La liberté, en effet, que Chénier se consola témoins d'avoir perdue, ce fut peut-être, pour lui-même, la liberté « d'avoir du talent » (1). Il l'avait conquise sur l'ancien régime grâce à la Révolution ; il négligea d'en profiter, à travers la continuité de ses fonctions législatives, alors que, pour lui du moins, elle eût été entière (2) ; et si elle lui fut ensuite refusée en même temps que la liberté de la tribune, c'est parce que, se trouvant engagé, comme auteur dramatique même, par une série de pièces toutes pénétrées d'intentions philosophiques et d'allusions politiques, il lui fut trop difficile de concilier pour la scène (3), avec quelque respect de son ancien rôle, des inspirations plus agréables au pouvoir nouveau.
(1) V. ci-dessus, p. 186, la citation de son rapport du 7 vendéni. an
(2) Depuis l'an III jusqu'au 18 brumaire.
(3) Coramo il l'essaya avec sou Cijrus.