CHARLES IX
§ I, F-ft choix des sujets en rapport avec le but moral et politique.— S II- L'^ simplicité de faction ; l'amour dans le théâtre de Chénier. — glII.Suppressiondes confidents. — t;lV. Comment les unités de temps et de lieu sont observées par M.-J. Chénier. — § V. Rapport général de ce système de tragédie avec l'époque où il se produisit.
Le grand succès de Charles IX fixa la poétique de Marie-Joseph Chénier. Les principes qu'il se vanla d'avoir observés dans cette pièce présidèrent à la conception de ses autres tragédies. Il pensa inaugurer avec eux un théâtre conforme à l'œuvre de la Révolution, à l'esprit par lequel devaient se fonder et se maintenir les institutions nouvelles (1).
Donner à la tragédie « un but moral et politique » (2), la faire contribuer à l'éducation civique de la nation, telle apparut à Chénier l'ambition la plus digne du poète tragique. Et la gravité du genre devait s'accorder avec le sérieux de cette fonction.
Chénier rejette donc de la tragédie ainsi destinée à
(1) V. VEpître dédicatoirc de Charles IX « à la iVation » — et le Discours pour la rentrée du the'dlre de la Nation (avril 1790,— t. IV des Œuvres, — cf. ci-dessus p. Cl), reprenant à ce point de vue les idées du Discours sur Charles IX.
(2) Expression du Discours sur Fenelun (cf. ci-dessus p. 250), ainsi que du Discours sur Charles IX {De a liberté du Théâtr en France, §19).