‹ Étude Sur Le Traitement De La Coqueluche Par L'AntipyrineChapitre 8 sur 22 · MO · texte numérisé non relu

MO

M. Soula (1) qui a expérimenté l’antipyrine associée à la résorcine, aobservé un fait analogue.

Nous-mêmes, nous avons administré 1 gr. 50 d’antipyrine à une malade (Obs. IX) dès la première période de la coqueluche et non seulement les quintes ne se sont pas montrées, mais même le catarrhe a disparu en sept jours.

Nous avouons que la critique de cette observation est chose facile, puisque l'élément spasmodique qui permet d’asseoir le diagnostic de coqueluche fait défaut. Mais nous avons pensé à cette affection parce que la toux était sèche, très fréquente, surtout nocturne, opiniâtre etque nous nous trouvions dans un milieu épidémique, l'enfant ayantses deux sœurs atteintes de coque-

Ed

luche.

Aussi, sommes-nous convaincus d'avoir eu

affaire en la circonstance, à une coquelucheà son début.

Chez nos autres malades, à part un échec complet, nous avons avons remarqué que le catarrhe disparaissait sous l'influence du traitement plus rapidement que d'ordinaire après la cessation des quintes et sur ce point nous nous trouvons

ainsi d'accord avecles précédents observateurs.

. (1) Soula. Contribution à l'étude de la coqueluche et son traitement par la résorcine et l’antipyrine. Th. de Doctorat, 1893, Toulouse (Obs. VIT).

Pour nous qui envisageons le catarrhe coqueluchial comme la conséquence de la pénétration dans l'organisme du virus microbien spécial à l’affection, quelle interprétation pouvons-nous donner de ces faits. tout en abandonnant l'hypothèse de la spécificité de l’antipyrine?

L'interprétation est assez délicate.

Toutefois, dans le 1% cas (Obs. IX), l’antipyrine nous paraît avoir agi dans une certaine mesure comme antiseptique en mettant l'élément infectieux dans un état d'infériorité tel que l’organisme a pu lutter efficacement contre lui.

Pour rios autres malades où la disparition du catarrhe est survenue plus rapidement grâce à la médication, nous croyons qu'en dehors de l’action antiseptique signalée plus haut, l’antipyrine a hâté la résolution du catarrhe en favorisant la disparition des quintes dont la violence ne peut qu'accroître l'état inflammatoire de la muqueuse aérienne.

Laissant maintenant de côté les hypothèses pour nous en tenir à la constatation brutale des faits, nous conclurons que l’antipyrine modère l'élément spasmodique de la coqueluche et que sous son influence, l’élément catarrhal s’atténue rapidement. La durée de la maladie est diminuée (25 jours en moyenne) etdans les cas les plus re-

PRET RES belles, lamédication maintient la coqueluche à un degré d'intensité movenne. Lesenfants s’alimentent, sont gais. Ils ressemblent à de petits convalescents qui ont récupéré une grande partie de leurs forces perdues. |

Chez les dix-huit malades que nous avons observés, il n’est survenu aucune complication. Le traitement en enrayant les quintes y asans doute contribué pour une très large part. S'il était apparu une broncho-pneumonie chez un de nos malades, nous aurions abandonné immédiatement l’antipyrine en ‘présence de cette comphcation pulmonaire assez fréquente chez les coquelucheux, car lantipyrine perd ses bons effets en présence d’une coqueluche compliquée d’une affection broncho-pulmonaire. C’est du moins le fait qui résulte des observations signalées par les auteurs qui ont employé la médication antipyrinée. Nous le trouvons relaté dans les travaux de M. Dubousquet-Laborderie, Genser, Soula.

Nous citons une observation très complète de ce dernier sur ce sujet.

Voilà les bénéfices que nos malades ont retiré de la médication : tous ont été au moins soulagés sauf une petite fille de 6 ans (obs. XVI), chez laquelle les quintes n’ont pas diminué même après l'ingestion de 3 grammes d’antipyrine. C'est le

re seul insuccès que nous ayons eu : Sommes-nous tombés sur une bonne série? À lire certains auteurs nous serions tentés de le croire, si d’autres médecins n'avaient, avant nous, usé de ce médicament avec des résultats aussi probants que les nôtres. Pourtant, pour accomplir un travail complet, nous allons mentionner les insuccès de divers auteurs qui ont expérimenté la méthode et indiquer les principaux reproches qu’on a fait à l'antipyrine, reproches basés sur les accidents qu'elle a causés.

PSS

Page 1