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<t légèrement fétide, contient des bacilles de Koch. La température fait de grandes oscillations autour de 38°. Le poids est de 24 kgs.
L'examen de l'appareil respiratoire montre que le poumon gauche est mat, en arrière et en avant. L’auscultation fait entendre, au sommet, des signes cavitaires nets. À droite Ja sonorité est normale, la respiration un peu soufflante dans la fosse sus-épineuse.
A l'écran, on observe une opacité totale de l'hémithorax gauche, sauf en haut, au niveau de la partie externe des trois premiers espaces intercostaux, où une faible luminosité indique une spélungue. On a l'impression que le poumon est englobé dans une coque pleurale épaissie. A droite, les tractus bronchiques inférieurs sont un peu densifiés et le sommet s’éclaire médiocrement pendant la toux. 5
On décide de traiter la malade par le pneumothorax artificiel.
La première insufflation est faite le 24 novembre 1921. On introduit Mans la cavité pleurale 100 cent. cubes d'oxygène, puis 250 cent. cubes d'azote, le décollement se fait très bien en pression négative. Le 27 novembre, on insuffle 4oo cent. cubes d'azote, la pression terminale est de + 3. À l'écran, on observe un décollement complet du poumon qui semb'e bien comprimé. Le cœur est dévié à droite.
Le 28 novembre, la température atteint 38°,5 et 4o°,6 le 29. A ce moment, J'auscultation fait entendre, à la base droite. un:souffle pleurétique accompagné de pectoriloquie aphone. La dyspnée est très intense (6o respiralions par minute) et s'accompagne de battement des aies du nez. Le pouls est à 160°, l’état général est très atteint.
Le 2 décembre, on trouve une grosse matité à la base droite. On entend, à ce niveau, un souffle tubaire s'étendant très haut, mais à maximum inférieur, et accompagné de quelques râles crépitants. Dans la fosse sousclaviculaire de ce côté, on perçoit quelques râles ronflants et sibilants. Une ponction exploratrice, faite à la base droite, ne ramène aucun liquide.
Dans les jours suivants, la température s’abaisse et ne dépasse pas 37,5 après le 5 décembre, mais les signes d’auscultation persistent.
Le 10 décembre, l'examen radioscopique montre un foyer de condensation à la partie moyenne du poumon droit, localisé autour d’un gros noyau ganglionnaire. À gauche, on observe toujours un pneumothorax total sans liquide.
A cette date, les signes pulmonaires commencent à rétrocéder et, le 20 dé-
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cembre, ils sont très atlénués : la respiration est à peu près normale à Lx base droite, un peu soufflante en avant.
Le 10 janvier 1922, l'examen radiologique montre la presque totale disparition du foyer droit, mais à gauche, le poumon est venu réhabiter la cavité pleurale. À ce moment, la température oscille entre 37° et 39°, l’expectoration est abondante et contient toujours des bacilles de Koch. Le poids est de 23 kgs 450.
On décide de reprendre les insufflations et, après la première, le 15 janvier, l’examen radioscopique montre que le décollement est réalisé d'emblée, mais Ja base est rattachée au diaphragme par une adhérence en forme de faux et deux brides fixent le sommet à la paroi costale.
On poursuit les insufflations jusqu'au 15 février. A ce moment, l'état général commence à s'améliorer, l'expectoration diminue, la température tombe au-dessous de 38°. Le poids est de 23 kgs 600.
A Ja fin de février, la température s'élève fréquemment jusque vers 39°: In examen radioscopique montre que le poumon gauche est toujours dans le même état, maintenu en haut et en bas par deux adhérences en faux. A droite, la luminosité pulmonaire est diminuée dans toute la hauteur du poumon, mais surtout dans la moitié inférieure. I] s’agit vraisemblablement d'une densification parenchymateuse dans le lobe inférieur et dans le lobe moyen.
Les insufflations sont suspendues à nouveau.
Au milieu de mars, l’auscultation ne révèle que quelques räles humides à la base droite. A l’écran, on voit que l’hémitorax droit présente de nombreuses taches floues groupées autour du hile et disséminées plus rarement aux environs de la clavicule et dans le septième espace intercostal, La mobilité des deux diaphragmes est faible. Il y a une petite quantité de liquide à la base gauche.
À la date du 30 mars 1922, l’état général de la malade est médiocre, la toux est réapparue, l’expectoration est abondante. Le température présente: des clochers à 39° et 40°. Le poids a un peu augmenté, il est de 24 kgs 150.
On n’observe pas de déviation de la colonne vertébrale, mais l'hémithorax gauche présente un retrait de > cent. sur le droit.
Le 9 avril 1922 on reprend à nouveau les insufflations et le 13 avril.
après la seconde, on observe à l'écran un bon décollement du poumon:
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qui est retenu à la base par une mince bride adhérente au diaphragme. On note aussitôt une diminution notable de la toux et de l’expectoration.
OBSERVATION XIV (inédite) due à l’obligeance de M. AmMeuIL LE,
Marie-Louise B., 15 ans.
A. H. Père et mère bien portants, ainsi qu'une sœur. k
A. P. Rougeole à 6 ans. Osteite tuberculeuse du bras gauche à 8 ans.
En janvier 1921 survient brusquement une hémoptysie assez abondante qui se répète en juillet. -
Depuis, la malade tousse, crache et maigrit de 8 kgs.
Elle entre à Laënnec le 11 octobre 1927.
L'enfant se plaint d'un point de côté, à gauche, et de courbature. Elle est pâle, amaigrie et asthéniée. La pommette gauche est rouge. L’expectoration est peu abondante mais contient des bacilles de Koch. La température atteint 389,5 le soir et s'accompagne de sueurs nocturnes. Le poids est de 46 kgs 700.
L'examen de l'appareil respiratoire montre que le poumon gauche est
submat dans son tiers supérieur. A ce niveau, l’auscultation révèle, en avant et en arrière, une respiration soufflante accompagnée de râles humides, moyens ct gros. A droite, la percussion et l'auscultation sont normales, - La radioscopie montre une diminution de transparence, non homogène, des deux tiers supérieurs du champ pulmonaire gauche. Au-dessus . et au-dessous de la clavicule, on voit plusieurs images cavilaires de la dimension d'une pièce de un franc. A droite, le poumon s'éclaire normalement, on ne note que quelques condensations péri-hilaires.
On décide d'installer chez la malade un pneumothorax artificiel gauche,
Le 14 décembre 1921, on procède à la première insufflation au cours de laquelle on introduit dans Ja cavité pleurale 100 cent. cubes d'oxygène, puis 5oo cent. cubes d'azote, en pression négative.
Le 19 décembre, on insuffle 65 cent. cubes d'azote et la radioscopie montre un bon décollement du poumon gauche, sauf au niveau du sommet qui reste fixé à la paroi par plusieurs brides. Le cœur cest refoulé à droite,
Les 24 et 31 décembre on insuffle 300 cent. cubes d'azote la pression
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terminale est toujours négative.
A ce moment, la malade à perdu du poids, elle ne pèse plus que 44 kgs 350. Sa température oscille entre 37° et 38°.
Le 9 janvier 1922 on insuffle 5oo cent. cubes d’azole.
Dans les jours suivants, la température atteint 39° en même temps que l’état général est touché. ,
L'examen à l'écran montre l'apparition d'une certaine quantité de liquide à la base gauche, On poursuit les insufflalions, mais l’état général de la malade reste stationnaire jusqu'au début de février, moment où il com-
mence à s'améliorer en même temps que la température baisse, mais l’épanchement persiste.
A la date du 30 mars 1922, on constate que le niveau liquide a nettement baissé. Une ponction exploratrice ramène un liquide limpide où l'examen cytologique montre 98 % de lymphocytes contre 2 % de polynucléaires. On trouve aussi quelques globules rouges, mais pas de microbes.
L'état général est satisfaisant. L'expectoration est beaucoup moins abondante et ne contient plus de bacilles de Koch. Le poids, qui se maintenait aux environs de 44 kgs en janvier et février, atteint 46 kgs 600. La température est au-dessous de 380.
OBSERVATION XV (inédite) due à l’obligeance de M. AMEUILLE.
Madeleine L., 15 ans.
A. H .Père mort tuberculeux et alcoolique. Mère bien portante. Un frère mort tuberculeux,
A. P. Rougeole en 1910.
En octobre 1921, la malade se met à tousser et à cracher, Ses règles cessent el font place à une leucorrhée abondante,
Le 6 décembre 1921 elle est admise à l'hôpital Laënnec.
A son entrée, la petite malade est très pâle, asthéniée et amaigrie (elle a perdu 2 kgs depuis quinze jours). Elle présente une toux sèche et quinteuse, E’expectoration est peu abondante mais contient de nombreux bacilles de Koch. La température atteint 39°,5. Le poids est de 40 kgs 300. La cuti-réaction à la tuberculine est positive.
L'examen de l'appareil respiratoire montre une submatité du sommet
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gauche et l'auscultation fait percevoir, à ce niveau, des signes eavitaires très nets. À droite, le poumon apparaît normal. La radioscopie montre une opacité des deux tiers supérieurs du poumon gauche, on discerne deux ou trois petites cavilés en dessous de la clavicule. Le poumon droit s’éclaire normalement.
On décide de traiter la malade par le pneumothorax artificiel.
La première insufflation est faite le 17 décembre 1921. On introduit ‘dans la cavité pleurale 130 cent. cubes d'oxygène, puis 475 cent. cubes d’azote, en pression négative.
Le 22 décembre, après la deuxième insufflation, la radioscopie montre que le poumon gauche est décollé dans toute sa superficie, sauf au niveau de la partie supéro-interne où il reste adhérent à la paroi sur une petite surface, Il existe des traces de liquides dans le cul-de-sac costo-diaphragmatique. Le médiastin est dévié vers la droite.
On poursuit les insufflations tous les dix jours environ. Le 23 février 1922, on atteint, pour la première fois, une pression terminale positive (+ 1).
À ce moment, la malade est en voie nette d'amélioration. Le poids est passé de 4o kgs 300 à 44 kgs 700. La température est normale. La toux a disparu et l’expecloration, très diminuée, ne contient plus de bacilles de Koch.
Les jours (suivants, Ja température s'élève progressivement pour atteindre 39°,8 le 3 mars cet l’examen radiologique montre l'apparition. d’une assez grande quantité de liquide à la base gauche. En même temps, on voit que le poumon est bien décollé, sauf au sommet où il présente une adhérence. Le cœur est refoulé vers la droite et le balancement inspiratoire du médiastin très accusé. L'état général est un peu touché au cours de cette poussée fébrile. Le poids retombe à 43 kgs 4oo le 6 mars.
A partir de ce momnet, la température commence à baisser, mais l’épanchement reste stationnaire. Le 30 mars 1922, on fait une ponction exploratrice qui ramène un liquide séro-fibrineux translucide.
L'examen cytologoque révèle une polynucléose abondante (gr %), on trouve une faible proportion de mononucléaires (9 %) mais pas de microbes.
A cette date, l’état général de la malade est en voie d'amélioration. Le poids tend à augmenter : il est de 43 kgs 900. La température est normale. La malade ne tousse plus et l’expectoration est complètement tarie
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OBSERVATION XVI (inédite) aue à l'obligeance de MM. BABONNEIX ét ARMAND DELILLE.
Andrée L., 13 ans r/2.
A. H. Père bien portant. Mère morte de tuberculose pulmonaire,
ainsi qu'un frère. Un autre frère, mort de méningite à 3 mois. A. P. Scarlatine, croup, rougeole. À toujours été souffreteuse,
Le 11 novembre
Depuis le milieu d'octobre 1921 la malade maigrit. le surlendemain.
survient une hémoptysie assez abondante qui récidive La malade entre à Brelonneau où l’on trouve des lésions du sommet droit. La température est à 40° et l’état général très atteint.
Le 5 décembre 1921, la malade est envoyée à l’hospice Debrousse.
A ce moment, l'enfant est très amaigrie (elle a perdu 6 kgs depuis un mois). Elle tousse et crache. Son expectoration contient des bacilles de Koch. Sa température ne dépasse pas 38°. Son poids est de 30 kgs.
L'examen de l’appareil respiratoire montre que le poumon droit est ‘submat sur toute sa hauteur. L'auscultation révèle une diminution du murmure vésiculaire, accompagné de râles sous-crépitants, au niveau du ‘sommet droit, en avant et en arrière. À gauche, la sonorité est normale, on entend de rares sous-crépitants dans la fosse sous-claviculaire.
A l'écran, on observe une infiltration des deux tiers supérieurs du ‘poumon droit, avec un aspect en mie de pain au niveau des deuxième ét troisième espaces intercostaux. Le sommet gauche paraît sain, mais la partie moyenne du poumon s’éclaire mal par la toux et présente de nom- -breuses mouchelures.
On décide de traiter cette malade par la méthode de Forlanini, mais une bronchite, survenue à gauche, fait retarder l'intervention.
Le 13 janvier 1922, on insuffle roo cent. cubes d'oxygène, puis 150 cent. cubes d'azote, en pression négative. Le décollement se fait bien, mais à l'écran, on voit qu'il existe deux adhérences, l’une au sommet, l'autre à la base.
Les 15, 18, »1 et 24 janvier on insuffle à chaque fois 300 cent. cubes d'azote, les pressions terminales étant au voisinage de o. À ce moment, la radioscopie montre que le lobe inférieur est décollé sur toute sa périphérie externe, mais en un point. une bride le fixe encore au diaphragme, Le lobe supérieur est également décollé, sauf en un point, où une bride le rattache
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la paroi, au niveau du troisième espace intercostal. Le cœur est en entier gauche de la colonne vertébrale (v. fig. 4).
. Lors des insufflations suivantes, les 2, 8 et 15 février, on cherche à obtenir un meilleur collapsus pulmonaire et l’on réalise la pression
intra-
F1G. 4. — ANDRÉE L.. PNEUMOTHORAX DROIT
pleurale de + 6. La radioscopie montre que le décollement se compiète, mais une tracé de liquide apparaît à la base.
Depuis, les insufflations sont répétées tous les quinze jours.
À la date du 30 mai 1922, la radioscopie montre que l'on obtient une excellente compressoin du poumon droit dont le décollement est complet.
Le diaphragme est fortement déprimé. Le médiastin est dévié en totalité vers la gauche, L'image cardiaque, en entier, à gauche de la colonne vertébrale, est séparée d'elle par un large espace clair.
L'état général est satisfaisant, l'appétit est bon. Le poids est de 37 kgs 700. La température est normale. L’expectoration est presque tarie et deux examens bactériologiques pratiqués à la fin de mars et au début d’avril n’y ont pas décelé la présence du bacille de Koch.
Ni l'inspection, ni la mensuration ne révèlent l'existence de déformations thoraciques.
OBSERVATION XVII (1) {inédite)
due à l’obligeance de M. BABoNxeIx.
Andrée L'H., 12 ans.
A. H. Père mort de tuberculose pulmonaire. Mère bien portante, ainsi que deux sœurs.
A. P. Bronchite à 10 ans. Toujours malade depuis.
L'enfant entre en juillet 1920 au sanatorium de la Motte-Beuvron où on lui fait un pneumothorax artificiel pour combattre l'évolution de lésions tuberculeuses du poumon gauche. Elle quitte le sanatorium, très améliorée. Il y a quinze jours environ, elle recommence à tousser et à cracher.
Elle entre à l’hospice Debrousse le 15 juillet 1927.
La malade est pâle, elle tousse et crache. Son expectoration contient des bacilles de Koch. La température oscille entre 37° et 39°. On note une scoliose très marquée à convexité droite s'accompagnant de rétraction de l’hémithorax gauche. L’épaule gauche est plus basse que la droite.
L'examen de l'appareil respiratoire montre une matité à la base gauche. De ce côté, l’auscultation fait percevoir des râles humides disséminés dans toute l'étendue du poumon. A droite, on entend des craquements dans la fosse sus-épineuse et quelques râles humides à la base.
L'examen radioscopique montre un hydro-pneumothorax gauche s'accompagnant d'une atrophie de l’hémithorax correspondant et d'une incur-
(à) Cette observation est malheureusement très succincte, mais nous avons cependant cru devoir la rapporter car, si elle donne peu de renseignements sur l'évolution du pneumothorax artificiel chez cette malade, elle met, par contre, en relief d’une manièr frappante, les déformations thoraciques qu'il peut provoquer chez l'enfant. Ë
vation de la colonce vertébrale à convexité droite. On note quelques ombres diffuses au sommet droit, qui ne s'éclaire pas lors de la toux.
Les lésions du poumon droit contre-indiquant la reprise du pneumothorax artificiel, on a recours au traitement hygiéno diététique habituel, qui donne d'excellents résultats. La malade quitte l'hôpital à la fin de novembre 1927, ayant pris 7 kgs en quatre mois, sa température ne dépassant pas 37 ,5.
Depuis cette époque, la malade séjourne à la campagne. Son état général est toujours très satisfaisant et sous l'influence de quelques exercices de gymnastique respiratoire, longtemps continués, la scoliose s’est beaucoup atténuée,