‹ Étude sur le travailChapitre 10 sur 106 · Cours d'économie politique, t. IV, v« leçon · texte numérisé non relu

Cours d'économie politique, t. IV, v« leçon

les talents de son maître a bien fait; celui qui, au lieu de les faire valoir, les a enterrés ne mérite pas de récompense. — Celle qui a entretenu sa lampe d'huile entrera et prendra part au festin ; celle qui ne Ta pas fait sera repoussée. — Voilà les maximes; voilà' les principes. — Or si l'économie politique se chargeait de faire un catéchisme, pourrait-elle, même à son point de vue particulier, dire autre chose? Il y aurait cette différence pourtant que l'économiste, en émettant ces principes, pourrait en appeler à Tintelligence, au calcul, à l'intérêt ; la religion en appelle au cœur, au sentiment du devoir, et couronne l'édifice par une sanction que l'homme ne peut ni établir ni écarter. »

N'ai-je pas le droit de dire que cette belle page me justifie amplement de n'avoir pas méconnu la part qui appartient à la religion et à la morale dans l'économie politique?

Et comment aurais-je pu méconnaître une vérité qui, sur l'initiative de l'Académie des Sciences morales et politiques, le plus compétent de nos corps savants en ces matières, a été enseignée ex pro/esso^ au Collège de France, par un de nos plus éminents économistes, M. Baudrillart ?

Ce cours a été publié et forme un livre plein des plus utiles enseignements, sous le titre des Rapports de r économie politique et de la morale. Je me borne à citer les quatre dernières lignes du livre :

« Du jour où la morale se séparerait de la richesse, la source de la richesse tarirait, et le monde économique manquant de ce qui y entretient le mouvement et la vie, serait à créer à nouveau. »

ii ÉTUDE SUR LE ÏRAVAtL

Un homme de bien, simple industriel, entrepreneur de travaux, et qui ne fait pas profession d'écrire, M. ï'ougerousse, voulant faire connaître les associations coopératives existantes à Paris, publie un livre sur ces associations ; je copie les premières lignes de ses conclusions* :

« Scepticisme et égoîsme, voilà le mal dont souffre la société... Il n'y a pas à hésiter sur la nature du remède ; c'est la croyance en Dieu et l'amour du prochain... »

Mais Ton n'a pas seulement contesté cette conception générale de mon Élude de l'alliance nécessaire de la liberté et de l'esprit chrétien pour assurer la paix dans les champs du travail; on a contesté l'esprit chrétien lui-même, me mettant pour ainsi dire au défi d'établir son existence et sa force. L'objection est audacieuse au point de sembler puérile. J'y répondrai cependant. Il suffit d'ouvrir Thistoire.

L'histoire religieuse de l'Europe, depuis l'ère chrétienne, présente ce trait caractéristique et substantiel que, malgré les divergences dogmatiques, les diverses communions chrétiennes ont conservé entre elles des liens moraux que rien n'a affaiblis; qu'il existe un terrain commun sur lequel tous les chrétiens peuvent se rencontrer et se donner la main, et, en réalité, se rencontrent et se donnent la main ; des croyances communes qui laissent intacts et réservent le dogme et le culte de chacune d'elles, sous la suprême garantie de la liberté de conscience.

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