SENS MORAL A GRANDI CHEZ NOUS; LA CONSCIENCE PUBLIQUE
s'est Élevée » (page 17). Sous la plume d'un évoque,
i. Ilisloire de la civilisation en Europe, !'• leçon.
qu'est-ce que le sens moral, la coascience publique, si ce n'est l'esprit chrétien î
Un autre évêque fortifiera ce témoignage si autorisé. Dans un discours prononcé par lui à la Chambre des députés, le 22 mai 1883, M*' Freppel, s'expliquaiii sur la prétendue infériorité morale de notre temps, a dit:
« Sans vouloir nous borner à une comparaisoQ toujours odieuse et souvent impossible, entre des âges dont le silence couvrait plus ou moins les fautes et une époque où rien n'échappe aux regards du public, nous avons le droit de ne pas accepter, pour notre temps, cette marque d'infériorité.
« Non, quels que soient nos défauts ou nos vices, je ne saurais me résoudre à imprimer le stigmate de la décadence morale au front d'un siècle où le travail est honoré et l'oisiveté flétrie; où il n'y a pas de misère qui ne trouve un soulagement ni d'infortuoe qui ne provoque un sacrifice ; où tous rivaliseiit d'énergie et d'intelligence pour élever au-dessus d'elles-mêmes les classes nécessiteuses ; où le dévouement réciproque enveloppe la société d'un immenae réseau de services et de bienfaits.
« Il m'est impossible de ne pas voir une application des principes évangéliques, dans un état social où la loi couvre d'une égale protection tous les droits et tous les intérêts légitimes ; où le premier privilège de la naissance est celui d'honorer un beau nom par de plus grands mérites ; où toutes les fonctions sont devenues accessibles à chacun, comme les charges publiques se répartissent entre tous.
« Je regarderais comme une injustice de mécon-
naître le progrès moral dans l'esprit d'un siècle où des pénalités barbares ont fait place à une répression plus douce et non moins efficace ; où les controverses pacifiques, qui produisent des convertis, ont succédé aux guerres de religion qui ne font le plus souvent que des vaincus ; où la conscience publique devenue plus sévère a des exigences qui croissent avec le rang et le pouvoir; où enfin le sentiment de la dignité personnelle et le respect de la vie humaine se refusent de plus en plus à décerner la gloire à qui verse injustement le sang des peuples. »
Quand Rossi écrit : « L'influence du christianisme sur réducation morale des peuples est le grand fait des temps modernes * ; »
Quand lord Macaulay écrit : « Plus nous étudiohs rhistoire du temps passé, plus nous trouvons de raisons pour diflérer d'opinion avec ceux qui prétendent que notre époque enfante de nouvelles misères sociales. La vérité est que, presque sans exception, ces misères ont existé dans le passé ; ce qui appartient •en propre à notre époque, c'est l'intelligence, qui les discerne et rimmanité qui les soulage^; »
Quand M. Courcelle-Seneuil écrit : « On croit généralement que la société actuelle est très âprement égoïste, beaucoup plus égoïste que celles qui l'ont précédée... Nous pensons qu il n'en est rien et qu'aucune des sociétés qui nous a précédés sur la terre n'a été aussi disposée que la nôtre aux dépenses désintéressées et d'intérêt collectif^ ; »