‹ Étude sur le travailChapitre 18 sur 106 · Dk Broolib, VÉglise et VEmpire romain^ t. H, p · texte numérisé non relu

Dk Broolib, VÉglise et VEmpire romain^ t. H, p

Écoutez encore ceci :

« Préoccupée de faire régner la justice, Téconomie politique n'a pas assez reconnu que le sentiment strict du droit, si fortement implanté dans le cœur humain, ne suffit pas à faire régner le bon ordre, même dans les transactions économiques. S'il ne s'y joint un sentiment de bienveillance mutuelle, môme de tendre charité, la justice sèche révélera bientôt ce qu'elle a d'insuffisant et risquera même de dégénérer en injustice par la malveillance réciproque des parties intéressées, doîinant ainsi raison à l'axiome : summum jus, summa injuriai »

Dans la négation des sources du bien et du bon, la science a des reproches particuliers à se faire, la science qui se laisse traiter en idole et qui permet de dire d'elle qu'elle a, dans ses mains, la régénération sociale.

Les services rendus par la science sont grands ; mais ils ne, justifient ni l'orgueil des savants, ni leurs tendances à l'incrédulité. Il ne suffit pas, pour être athée, d'avoir découvert quelque loi physique ou naturelle. Newton, Kepler, Lavoisier, Cuvier, à qui Ton doit les plus importantes, étaient chrétiens, et s'honoraient de l'être.

Comment la science ne sent-elle pas son impuissance, quand elle se place, pour le comprendre et l'expliquer, en face du mystère de la vie, devant ce phénomène insondable à nos organes, inaccessible à notre intelligence? Elle a calculé la marche et les volumes des astres ; mais elle -n'a jamais pu produire,

1. Baudrillart, Des rapports de la morale avec V économie politique.

ni même seulement définir philosophiquement la vie.

Bichat,'ce grand maître, ayant à traiter ce sujet pour un de ses plus beaux ouvrages \ n'a su et pu donner de la vie qu'une définition négative : « La vie est l'ensemble des phénomènes qui résistent à la mort », définition d'une physiologie correcte peutêtre, mais d'une bien pauvre et inerte psycliologie. Il avait cherché la vie avec passion dans les creusets du chimiste, avec les appareils du physicien, sous le scalpel du chirurgien, d'où, ni lui ni d'autres n'pnt jamais pu faire sortir une seule parcelle vivante ; de là, cette définition négative qui, dans sa conscience, a dû se traduire ainsi : « La vie est un secret pour l'homme ; c'est le secret de l'infini. »

Triste phénomène à observer que la tendance matérialiste des hommes adonnés aux sciences naturelles, et que leurs études semblent mettre, plus que d'autres, face à face avec Dieu. Mais cette étonnante contradiction ne p'eut aller loin ni durer longtemps. Non, il n'est pas conforme à la raison que la contemplation assidue, intime des œuvres de Dieu, conduise à la négation de Dieu.

Le grand philosophe Fichte s'exprime ainsi dans sa belle invocation à Dieu :

« Tu te plais avec l'homme de bien, simple d'esprit, mais pur de cœur.... Mais tu ne parles jamais aux esprits superbes, orgueilleux de leur science; tu dédaignes de te manifester à eux ; ils ne te connaissent pas... »

Page 1