CHAPITRE II
Le christianisme, qui a taol fait pour la société en conlcnaul rhomme, en l'obligeant à immoler ses penchanls. 4 respecter la faiblesse de la femme, comme celle de l'esclavo, a constitué la famille telle qu'elle est.
Thikra, De la Propriété.
La famille, si on la consitlërc au point de vue le plus général, est l'élément constitutif des sociétés humaines; elle est la première école de la vie en commun, et de l'association. De cette communauté simple, forte, naturelle, sort la tribu ou la commune, puis la cité, puis la patrie. La patrie est l'agrégation, sur un territoire défini, de familles parlant la même langue, ayant les mêmes aspirations religieuses et morales, les mômes lois, les mêmes mœurs, une histoire commune, enfin soumises en commun à ces influences mystérieuses et insondables qui régissent les grands faits humains, et font et défont les nations, selon les plans de la Providence. Telle est la grandeur sociale et générale de la famille.
La famille, si on la considère en elle-même, donne à rhomme sa plus douce et sa plus pénétrante éducation morale ; elle a surtout cet admirable privilège
de transformer et de purifier le plus désordonné et le plus redoutable de nos penchants. Elle l'élève en le liant par le devoir, jusqu'à Tamour conjugal, d'où émane Tamour paternel et maternel *, Famour filial, l'amour fraternel, pures et saintes affections que Dieu seul a pu mettre au cœur de l'homme. II n'est pas besoin, d'une autre preuve de l'immortalité de Tâme que ces dons, les plus précieux qui aient été faits à l'homme, qui l'initient sûrement à la connaissance de Dieu. Telle est la beauté morale de l'institution de la famille. Elle est d'ordre divin.
La famille, l'union de Thomme et de la femme, pour constituer, selon les mœurs et selon la loi, un groupe familial, dont les enfants viennent resserrer les liens, et dans lequel se développent les plus nobles et les plus actives facultés de sentiment, de prévoyance, de gouvernement, la famille, dis-je, remonte aux premiers jours du monde. Dieu crée l'homme, puis il tire la femme de Tune de ses côtes, et leur donne sa loi : « L'homme s'attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair ^ » La Judée a gardé le précepte
1. L'école matérialiste a essayé de ravaler la famille, en montrant chez les animaux le mt^rae et aussi vif sentiment maternel que chez la femme. Il n'est que juste de dire des auteurs de pareilles théories qu'ils n'ont jamais compris ni aimé leur mère.
Oui, il est bien vrai que, dans l'intérêt de la conservation des êtres, Dieu a voulu que le petit animal fût entouré par sa mère des soins les plus vigilants, protégé, défendu par elle avec une sollicitude qui selôvc quelquefois jusqu'au sacrifice d'elle-même. Mais celte étincelle divine, signe visible de la Providence, s'éteint à, l'instant précis où le petit animal n'a plus besoin de sa mère. Qu'il est loin d'en être ainsi pour notre race. L'amour maternel et paternel est de toute la vie. Il résiste aux fautes, à l'abandon de l'enfant ; il résiste môme à sa mort.