Genèse, chap. m, v
2. Plutarque, Vie de Publicola. a J'ai suffi, dit Brulus, pour juger mes fils; quant aux autres, le peuple est libre de donner son suffrage. »
devenu. Le mariage avait des degrés; du concubinage à l'union définitive, il y avait des états intermédiaires admis et reconnus par la loi *. Le divorce enfin était facile; une Romaine passait souvent d'une maison dans une autre. La famille consistait dans le père et bien moins dans la mère. Un noble orgueil de race était beaucoup plus que la tendresse, le principe, Tâme de la famille. Ce saint orgueil était poussé si loin, que les Scipion, ayant un fils indigne d'eux, allaient demander à Paul-Émile de leur céder un enfant qu'on don* nait à élever à Polybe, et qui devenait Scipion TÉmilien. La grandeur de Rome appuyée sur la grandeur des familles dominait le monde. IVlais la mère manquait souvent, et la tendresse était absente. La mère des Gracques est une exception.* »
Un grand juriconsulte complétera ce tableau^.
« Qu'est-ce que la famille romaine ? A-telle pour fondement lesangetla nature? Non. C'estle lien civil de la puissance qui unit ses membres etmaintientleur agrégation. C'est ce lien d'emprunt qui est leur signe de reconnaissance et leur point de ralliement. On n'est pas dans la famille parce que l'on est fils, ou épouse, ou parent, mais parce que l'on est fils en puissance, épouse en puissance, parent par la soumission à une
puissance actuellement commune En un mol, la
famille romaine, création singulière d'un peuple né pour le pouvoir, n'est pas autre chose que Tensembléc
1. C'est co que les Romains appelaient les justes noces; l'autre état de mariage reconnu par la lui, mais sans effets civils pour les enfants, était le coneubinat (Pothier, Du contrai de mariage, n» 6).