‹ Étude sur le travailChapitre 29 sur 106 · Actes des apôtres, chap. xxviii, v · texte numérisé non relu

Actes des apôtres, chap. xxviii, v

« H. Or, nous avons appris qu'il y en a quelques-uns parmi vous dont la conduite n'est pas réglée, qui ne travaillent point, et qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas.

« 12. Nous ordonnons à ces personnes, et nous les conjurons par Notre-Seigneur Jésus-Christ, démanger leur'pain en travaillant en paix. » (2* ÉpUre aux Théssaloniciensy ch. m, v. 8 à 12.)

Quelle belle et forte leçon d'un ouvrier à des ouvriers ! Quelle juste et honorable fierté de ce travailleur qui ne veut devoir son pain qu'à ses mains ! Leçon sévère sans doute, mais d'un apôtre !

Quant aux versets 11 et 12, quelles plus vraies et plus salutaires paroles pourrait-on inscrire aux portes des clubs démagogiques ! Il semble qu'elles sont d'hier et qu'on pourrait s'en servir demain.

L'Église a toujours gardé ces grandes leçons; elle y a toujours conformé sa conduite et ses enseignements. Le travail et le travailleur ont toujours été pour elle l'objet d'une affection particulière, d'un respect qui ne s'est jamais démenti. Les Pères, les orateurs sacrés * nous donneraient des textes nombreux à cet égard; mais ils viennent tous se résumer dans

i. Toutes les communions chrétiennes sont restées fidèles aux traditions de saint Paul sur le travail. 11 n'est pas besoin d'autre preuve que cette belle page du docteur Channing : a Le travail n'est pas seulement le grand instrument qui couvre la terre de fertilité et de beauté, qui soumet rOcéan et plie la matière en mille formes agréables et utiles. Il a une mission bien plus élevée : c'est de donner de la volonté, do l'énergie, du courage, de la patience et de la persévérance. Malheur à qui n'a pas appris à travailler 1 c'est une pauvre créature ; il ne se connaît pas lui-même. Il dépend d'autrui sans pouvoir lui rendre l'appui qu'il en reçoit. Et qu'il n'aille pas s'imaginer qu'il a le privilège du plaisir ! Le bien-être, le loisir, doivent au travail tout ce qu'ils ont de charmes; nulle fatigue ne pèse autant que l'oisiveté à celui qui n'a rien pour occuper son esprit... »

ETUDE SI:R le Tn.WAIL. — I. 5

des écrits émanés du pontife qui occupe aujourd'hui le Saint-Siège, el auxquels j'ai déjà emprunté de si beaux passages sur la science. Écoutons donc celte grande voix, nous disant les sentiments de TÉglise pour le travail * :

(c Est-il vrai que, dans TÉglise et en suivant ses enseignements, Thomme ne puisse arriver, au point de vue du bien-être physique, à ce degré de civilisation qu'il pourrait atteindre, s'il était débarrassé de tout lien et de toute dépendance vis-à-vis d'elle î Gomme il nous est facile de répondre par les paroles d'un écrivain peu suspect de partialité pour l'Église! « Chose admirable ! la religion chrétienne, qui ne « semble avoir d'autre objet que la félicité de l'autre <( vie, fait encore notre bonheur dans celle-ci *. »

« En effet, remarquez-le, mes très chers diocésains, la première cause de la prospérité, c'est le travail, d'où découlent les richesses publiques et privées, les perfectionnements de la matière, et les découvertes ingénieuses. Or, le travail, qu'on le considère sous sa forme la plus humble qui est le travail manuel, ou sous sa forme la plus noble qui est l'étude de la nature pour en connaître les forces et les appliquer aux usages de la vie, qui Ta jamais mieux encouragé que la religion de Jésus-Christ conservée pure et inaltérable dans l'Église ?

« Le travail fut toujours dédaigné, et il l'est toujours là où le christianisme n'étend pas encore son bienfaisant empire. Aristotc le proclamait indigne d'un

1. Mandements de M" Pecci, cardinal archevôquo de Pérduse, déjà cités au chapitre i.

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